Dieu existe

La caution, enfin! Fin d’une situation ubuesque qui m’a occupé à plein temps ces 3 derniers jours: j’ai récupéré ma caution!

CRouveyrolles

Chez mon propriétaire.

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Hier après-midi j’ai été filmer l’Israélien du Floyding. Un tournage que je trouve particulièrement magique puisqu’il était en retard et que, littéralement, on a eu les 5 dernières minutes de lumières du jour. Ça confirme mon excellent karma pour 2013.

Juste après, on bavardait et finalement on est venu à parler de l’Etat hébreu. Comme je n’aime pas trop les élans militants et les malentendus, j’élude toujours un peu mon passage dans la région quand je parle à un Israélien. C’est toujours un peu awkward.

Et finalement cette fois ci ça s’est très bien passé. Son visage ne s’est pas complètement fermé quand je lui ai dit que j’avais habité à Ramallah. Et il ne s’est pas mis à proférer des absurdités des opinions dont je conteste le fondement rationnel.

Vraiment… 2013 commence bien.

Un Israélien à New York

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Détricotage

Aujourd’hui je commence le détricotage de ma vie new-yorkaise. Je transfère les comptes, je commence à trier mon énorme bordel, et je me mets même à apprécier le métro. Ça va être une semaine pas marrante.

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Ce soir j’ai diné chez Roberta -j’adorerais que ce soit une copine punk tatouée, mais c’est juste une pizzeria super branchée (eh oui! Même une pizzeria, surtout une pizzeria en fait, peut être hip, bienvenue à New York).

J’adore cet endroit parce que c’est le paradis du hipster bingo. Tout le monde ressemble à un hamish et toute la carte est « locale ». Ils ont ajouté un tiki bar sous une tente chauffée dans leur backyard. Les deux lieux ont une identité très forte mais qui ne partagent rien si ce n’est d’être profondément dans l’air du temps.

Roberta

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Ce soir j’ai participé à beaucoup trop d’événements culturels pour une seule personne. C’est-à-dire deux.

La folie mensuelle du Brooklyn Museum, je vous en ai déjà parlée. Cette fois ci il y avait un arbre /projet de Yoko Ono qui demandait que les gens écrivent un souhait pour 2013 et l’y accroche. Comme je déteste un peu Yoko Ono je voulais écrire une connerie, mais j’ai eu peur d’avoir la guigne donc j’ai écrit un truc bien.

CRouveyrolles

Mais avant ça… Chef d’œuvre de l’événement culturel, j’étais à un vernissage à l’Invisible Dog. Tout Francais germanopratin qui se respecte se doit d’aller à un vernissage dans cette grande galerie (il faut dire « espace culturel »??) de Brooklyn. Il y a plus ou moins de monde. Là c’est la première fois que je vois si peu de monde. Les œuvres sont toujours un peu aigre-douce, tu ne sais jamais si c’est pertinent ou si c’est juste à la mode. Les gens de la galerie sont très gentils. Ils portent des Stan Smith blanches et ont l’air propret et avenant (et plus vieux que leur accoutrement ne le suggère). Le public (rare, donc) est tout droit sorti d’un dessin de Jean-Philippe Delhomme.

http://www.colette.fr/#/fr/eshop/article/31180690/jean-philippe-delhomme-psychedelic-horseshit/

Des costumes mêlant écailles de tortue, cuir commerce équitable et coton biologique du désert pour deux mecs à l’allure gauche. Une nana visiblement déguisée (« inspirée » peut-être?) en Orlan déambule l’air bouleversé. Le photographe lui même a une dégaine improbable, le genre qui dit: « heyyyyy-je-suis-différent!« . D’ailleurs le discours accompagnant ses photos est un peu dans la même veine. Ce Français installé dans le coin et super primé a décidé d’aller dans une des villes les plus dangereuses des US, Camden, New Jersey et y palper l’atmosphère bizarre de cette zone de non droit où même la police municipale a été renvoyée. Sur les photos on voit des pauvres, drogués, et a priori plus ou moins délinquant puisque le photographe explique que son sentiment de se mettre en danger était constant. Je trouve ça bien qu’il ait écrit qu’il aime cette adrénaline et que ce soit bien une des raisons pour lesquelles il a été faire ces photos. Très peu de gens ont un discours ouvert sur la question de l’ego plutôt que de la bravoure. Se poser, honnêtement, en adolescent fébrile et ivre de risque, plutôt qu’en héros sauvant la veuve, l’orphelin et les drogues douces, c’est courageux.

CRouveyrolles

En même temps d’autres commentaires m’ont vraiment surprise. Celui ci par exemple:

CRouveyrolles

Déjà, de quoi parle t on quand on parle de photos non exposées dans des festivals? Les séries de mode, la pub, la photo d’art et évidemment les images de presse sont présentes dans la plupart des festivals de photos, petits ou grands. Donc de quelles autres photos on parle?

D’ Instagram? De photos de famille ?

Par ailleurs ce constat est un peu effrayant je trouve: dans les festivals de photos « les pauvres » (un terme qui par ailleurs gagnerait à être défini) sont exposés, ils sont sujets d’un travail documentaire gigantesque, donc vraiment pas de quoi en faire des gorges chaudes. Mais une fois encore, les photos et la démarche de ce mec sont intéressantes, et c’est sur cet hymne à l’ouverture d’esprit que nous conclurons.

CRouveyrolles

Culture

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Considérations diverses

Hier j’ai été voir Annie, c’était génial (comme le film):

Quelque chose m’échappe je parle du film à tout le monde et personne ne voit de quoi je parle. Comme c’est un chef d’oeuvre ça me fait beaucoup de peine.

Sinon, parce qu’en 2013 j’arrête les posts bidons avec deux phrases et 4 vidéos et j’arrête encore plus de me mentir en me disant que c’est super multimédia comme approche, autre anecdote de ma vie intérieure tellement riche: aujourd’hui on les gens qui ont un cerveau qui fonctionne ont fait un inventaire des cameras du bureau. C’était très joli, on aurait dit des petits bolides bien garés, une vraie écurie.

Autre réflexion du même genre que je voulais partager: en ce moment je tourne plus que d’habitude (euphémisme scandaleux), et j’ai remarqué que les muscles sollicités sont les mêmes que ceux utilisés lorsqu’on promène/berce un bébé d’environ 6 mois (autre activité que je pratique beaucoup). Au bout d’un certain temps (généralement 15 minutes) on a mal au bras – au même endroit donc. De là à dire qu’une camera c’est comme un bébé…

Couscous

De retour au bureau, mon cerveau mouline une sorte de semoule un peu inconsistante, ou de coton tortillé – au choix. Je n’arrive pas trop à processer que je pars dans une semaine alors je suis au ralenti. Je ne comprends rien de ce qu’on me raconte. Je n’arrive pas à lister des priorités tant j’ai de chantiers en cours et moins de 48 heures pour m’en débarrasser. Je suis complètement dans le gaz, et j’ai même perdu la notion du temps. C’est très désagréable.

You rock it

Trop occupée à vous parler de punks au pied marin, j’en ai oublié de vous raconter mon super mega chouettos 1er janvier!

Deux choses:

- Je déteste le 1er janvier normalement. Il fait moche, tu te réveilles super tard et tu ne fais jamais rien d’intéressant,

- Je prends les mêmes résolutions depuis 5 ans, surtout: faire plus de choses, me lever plus tôt et faire plus de bon esprit.

Mon 1er janvier, et c’est inouï, a réuni toutes mes résolutions. Je me suis réveillée A NEUF HEURES TRENTE. J’ai sauté dans un maillot de bain pour aller à Coney Island avec mon copain aux yeux noirs. Là -comme au moins mille autres débilos- on s’est baigné dans l’océan glacé. Et c’était « vivifiant » (ceci est un hommage à Jean-Pierre Pernaut).

Ensuite d’autres débilos, déguisés eux, dansaient sur les planches. C’était un peu trop bon esprit pour moi, alors j’ai essayé de pousser les gens dehors.

Le reste n’est pas exceptionnel mais était assez délicieux. J’ai du sable plein les cheveux donc je vous laisse sur cette « note-pleine-de-gaieté » (deuxième hommage à JPP).

Debrief

BANANÉ! J’espère que vous avez eu un réveillon aussi génial que moi. Ça a commencé par plein de bon vin dans des verres ikea, plein de Comté -un peu écœurant au bout d’un certain temps, et de la musique pointue de notre ami Breton qui n’aimait pas le Chouchen, et qui ne voulait pas céder à nos envies de bandes sonores de type Nostalgie.

Ensuite Genépi nous avait rencardés sur le meilleur plan du monde, à savoir la fête des punks de Gowanus, la bande de Swimming Cities qu’elle a eu le flaire de trouver avant que tout le monde s’y intéresse. C’était évidemment dans un garage/entrepôt désaffecté aux confins de Brooklyndia. Il avait plein de drogués et de gens très très saouls. Donc c’était rigolo. Au plafond une énorme sphère en bois recouverte de papier en plastique argenté pendait un peu dangereusement. D’ailleurs je l’ai prise en photo trois secondes avant qu’elle tombe et -miracle de la nouvelle année- n’écrase personne. A mon avis on peut parler d’instinct journalistique phénoménal de coup de chance phénoménal.

CRouveyrolles

Selon les drogués et les mecs bourrés, à minuit un type bodypainté et à prothèse priapique est en descendu… J’ai effectivement rencontré le loulou. Profitez de cette photo dont je ne suis pas sure qu’elle reste en ligne très longtemps.

WFantola

Il y avait aussi des filles qui faisaient de la balançoire/GRS avec des grands pans de tissus crasseux d’au moins 5 mètres de long. Et à coté une hippy qui faisait les pires dessins de la Création – mais comme c’est 2013, on dira que c’était super.

Parmi les drogués et les soiffards on peut noter qu’un bon paquet était tatoué – une note qui ne coûte rien mais qui vient rappeler qu’on est quand même à New York.

Là, Tequila nous as rejoint, et notre bonheur était complet. Il faut bien se dire que moi qui avais émis des réserves sur l’idée d’être ami avec les gens avec qui tu travailles, j’ai peu à peu changé d’avis puisque j’ai carrément passé mon nouvel an avec eux donc c’est bien la preuve que ce sont des personnes exceptionnelles. Je me faisais cette réflexion alors qu’on avait grimpé dans une sorte de cabane en bois sur pilotis installé dans la « ballroom »: les chances que je meurs dans un bête accident lié aux imprécisions d’un schtroumpf punk bricoleur étant assez élevées -ou du moins proportionnelles à la vétusté de l’habitacle- or, pour cette dernière aventure, j’aurais au moins la charmante compagnie de ces jeunes gens talentueux.

MDelarue

Les Trois Grâces

 

Tsouin Tsouin

Donc là c’est le réveillon. Des tripotées de crétin se baladent dans les rues avec des sortes de vuvuzelas. Tout le monde est au bureau en train de parler à la France qui vient de passer en 2013, et hurlent dans skype -qui bugue- que lui, il est toujours au bureau, justement.
Dans ce bureau, on est tous atteint d’un syndrome intéressant: on aime beaucoup dire à quel point on « adoooore » notre boulot, et surtout à quel point « je-travaille-80-heures-par-semaine-j’adore-ce-que-je-fais-j’ai-trop-de-chance« . On ne sait jamais trop si c’est de la méthode coué ou ce qui se cache derrière ce discours généralement débité par un individu cerné, clopant et ébouriffé, mais ça met tout le monde de bonne humeur; donc, dans le doute, on dira que oui, on a beaucoup de chance.

Tour Opérateur

Le truc de New York, et on pourrait même dire le problème avec New York, c’est que tout le monde veut venir te voir. A Beyrouth, à Ramallah ou en Guyane, personne ne se rappelle à ton bon souvenir. Ici même des mecs que tu as vu six secondes dans ta vie s’inventent des connexions fabuleuses avec toi pour crasher sur ton canapé. J’aurais donc hébergé plus de 40 personnes depuis que je suis là. Ce n’est pas désagréable. Ils te rapportent du chocolat Poulain, ELLE et des clopes. Ils connaissent les derniers secrets de tel groupe de gens que vous avez en commun -et ils sont tellement reconnaissants qu’il ne faut pas les pousser bien loin pour qu’ils lâchent tout.
La seule zone d’ombre c’est qu’il faut les sortir. Avec un peu d’organisation tu ne fais pas toujours les mêmes choses mais ça demande une gymnastique de tour opérateur assez pointue. Et puis il y a la tentation de réutiliser des vieux trucs qui marchent. Le brunch dont tu sais que les Francais vont tomber amoureux. Le bar à la mode dont tes potes hipsters n’auront pas entendu parler dans le dernier Technikart…
Aujourd’hui j’ai refait point par point l’itinéraire « Brooklyn en un jour » que j’avais concocté pour mes parents avec mon oncle et ma tante. Ils étaient ravis. Ça marche vraiment à tous les coups. Simple comme Hello. Crown Heights et son dinner typique, Tom’s + Brooklyn Heights (vieux ciné, promenade, fire escapes, skyline) + Dumbo (carrousel -avec un peu de chance vous aurez un bon set de juifs orthodoxes- et Brooklyn Bridge) + Williamsburg (Polonais, boutiques sexy, tatoueurs, Bedford Cheese Shop -comme ça vous récupérez un bout de comté au passage, verre au Wythe Hôtel, Beacon’s closet si votre public a moins de 40 ans), Fort Greene (Provisions si vous n’avez pas eu le temps de passer au Bedford Cheese Shop, et Greenlight Bookstore, passez devant 40 Acres & a Mule et dans le parc), et enfin Carroll Gardens (Brooklyn Social Club et jolies maisons). And… Voila!
Il y en aura toujours qui vous diront qu’en fait Flushings ou Bushwick c’est plus important mais bon, au moins avec mon itinéraire vous avez déjà une journée pleine…
Ils en auront plein les pattes et, avec un peu de chance, vous aurez plein de cadeaux.

Luncheon

J’ai déjeuné avec mon roux préféré, et on se disait que peut-être qu’au lieu de ne pas vouloir ressembler à de vieux journalistes, on devrait céder à l’aigreur de ces vieux routards; peut-être que c’est ce qui fait un bon journaliste.
Il a trouvé un travail dans des shows de divertissement proche de la télé-réalité et on se gausse réciproquement des sujets sur lesquels on travaille, les comparant à ceux qu’on rêvait de faire il y a un an. Entre temps, le fait que tout le monde se moque du monde parallèle des ouvriers de la restauration portoricains s’est imposé comme une dure vérité. Couvrir la Syrie vs. couvrir Katie Holmes autrement dit.
Du coup, après un passage chez Dude Food, il travaille maintenant sur un émission qui, à l’aide de stars de troisième zone, définit ce qu’est la sexytude. Comme on était en plein exercice de « daydrinking » -les américains ont vraiment un mot pour tout, on était plein de verve.
Je trouve génial qu’il y ait des jeunes gens comme lui qui dédramatisent aussi bien les idéaux de wannabe Albert Londres. Il est content et plein d’ironie sur cette industrie du divertissement. Il se moque de mes sujets sur cette brave Katie Holmes, et c’est salutaire.

Indolence

C’est toujours la décadence au bureau. On a l’air de lapins mixomatosés et hyperactifs. L’écume aux lèvres on fait du calage contre vents et marées (ie: les fêtes de fin d’année). Le pays d’une côte à l’autre s’est à moitié éteint et c’est à se demander si on est bien en terre d’Amérique (ie: les entrepreneurs, tout ça)…
On finit la corbeille de chocolat immondes envoyée par Reuters au correspondant de France 24, un grand monsieur charismatique, un Jean Yanne dans un corps de christ flamand -qui nous fait l’honneur de partager nos bureaux.

Versus

Quand tout le monde racontait à quel point Downton Abbey était une super série, ce ne me donnait qu’une envie: ne surtout pas regarder. En plus, écouter des Américains se gausser les traditions aristocratiques britanniques n’est pas très attirant vu qu’ils ne comprennent rien.

Au final, Gossip Girl ayant malheureusement rendu l’âme, j’ai cédé. C’est donc l’histoire d’une maison anglaise dans le Yorkshire (ahah!), où un lord et sa progéniture affronte les aléas de l’existence à l’approche de la première guerre mondiale. La femme de Lord Grantham est américaine, et sa mère débarque de Newport pour le mariage d’une des filles. La confrontation entre cette américaine folle de modernité et d’allure avec la famille d’anglais si profondément traditionnels est hilarante*.
Je vous raconte tout ça parce que l’autre jour je vois un ami de passage, un ami de prépa que j’aime beaucoup et qui en a dans le ciboulot. En ce moment il prépare l’ENA.
En parlant de nos quotidiens et surtout en récitant mon discours sur les us et coutumes américaines (plus on rencontre des touristes, plus on finit par raconter exactement la même chose), je me suis aperçue à quel point on avait changé. Notre perception du monde est de plus en plus différente. Il considère le Monde comme le seul et unique quotidien de référence, je vois ce journal comme un fossile appelé à disparaitre et dont le lectorat a au moins 50 ans. Il valorise un travail universitaire, le panache rhétorique et élitiste, la carrière balisée. Je lui parle de l’obsession de la productivité et de l’efficacité ici, il trouve ça malsain. Je ne dis pas que l’un d’entre nous a raison, on a d’ailleurs sûrement tort tous les deux. Mais pendant une minute j’ai eu l’impression qu’on revivait cette querelle entre ancien et nouveau monde.

*C’est en fait l’exact même ressort que dans ce film totalement sous-estimé à mon avis, Easy Virtue:

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Au bureau on se bourre de chocolat. C’est la déchéance. On en mange comme des boulimiques en parlant de nos futures résolutions pour 2013. C’est comme ci on avait tous encore un peu de Bolduc collé sur le front.

Hier mes colocs ont organisé leur dîner de Noël. Le thème c’était « deep-frying ». Donc tout était frit. Mais vraiment bien transpirant de gras. Ma coloc adore boire des bières en GRANDES bouteilles, donc elle s’était constitué une petite cave de litrons. Ils se sont installé une télé dans le salon, ont coupé le son (« La boite à images, ce dieu païen ») et écoutaient des chants de noël suaves. Personne ne s’était mis sur son 32, évidemment. C’était super cool (surtout quand ils ont mis des Oréo panés dans la friteuse). Et c’était l’exact opposé point par point de mon dîner.

Bolduc

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