Mark Zuckerberg

Hier soir je suis passée avec Mime dans une soirée particulièrement admirable.

Un savant mélange d’avocats à peine sortis d’Harvard et d’ingenieurs-commerciaux (j’aurais du me méfier) s’inventant une nouvelle vie dans les start-ups américaines.

J’ai toujours envie de voir le bon coté des gens, c’est en partie pourquoi je suis venue aux Etats-Unis – terre d’accueil des enthousiastes baillonés en Europe.

Mais parfois c’est simplement impossible.
Passons sur les ballons en forme de cœur qui, plein d’hélium, caressaient le plafond. Passons sur la sélection musicale digne d’un Macumba de zone industrielle corrézienne. Passons sur le mauvais look Mad Men des donzelles et l’absence de style des pourceaux.

Quand un type est venu trinquer à Thierry Henry, Mime et moi avons enfin saisi pourquoi cet appartement n’était pas un endroit pour jeunes filles convenables.

Un grand dadais-n’ayant visiblement pas assez abusé du Margarita Mix- nous a entretenues de son stage en Floride et de son travail dans le web à New York qui lui permettait de s’asseoir sur un tas de dollars conséquent.
Tout y était: la posture des épaules qui se disent bonjour, le tee-shirt flottant dans les frimas des -15 du rooftop (dur d’être poursuivi par ses hormones comme une ménopausée alors qu’on a plus d’un quart de siècle).
La haine désespérée des élites, des populaires, du glamour, du simple…Un moralisme digne d’ayatollahs radicaux (c’est dire). Le goût rance de l’amertume même. Le pire de la culture geek.

J’ai éprouvé une kyrielle de sentiments pour ce type. Exactement comme quand j’ai regardé The Social Network.

Au énième « ah nan j’aime pas » jeté avec mépris dans la conversation, pour n’être suivi que d’arguments rhétorique pauvres et malhonnêtes (belle performance, il faut avouer), j’ai hésité très longtemps entre:
1-ce type est abruti
2- ce type est très malheureux.

Mime et moi étions là pour deux connaissances tout à fait sympathiques, et après un passage éclair dans un bar gay (=fumigènes + hommes en slip), nous avons suivi la bande chez le jeune précédemment évoqué.

A un moment je me suis retournée sur ce salon. Trois jeunes femmes d’origine asiatique et au regard sibyllin de poisson mort. Un Mac Book Pro pimpé qui crachait TTC en haute définition. Un rat sorti de sa cage que caressait le grand dadais d’un air très inquiétant.

J’ai pensé très fort à Oui-Oui pour me nettoyer de cette vision d’horreur, et on a mis les voiles.

Ces fascinantes créatures au milieu de leur empire de technologie de pointe, bavant de frustration sexuelle et variée, choyées par une culture du néant venue de la Silicon Valley, préfigurent les prochaines bulles internet qui anéantiront des honnêtes gens.

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