Hier je parlais à un très très bon ami à moi. Nous n’avons pas tant de différence d’âge mais plutôt que de faire un discernement chez les jésuites, j’aimerais autant lui demander son avis en cas de force majeure.

On a bavardé pendant un bon moment. Comme d’habitude son amusement face aux bobos, lui qui a passé 10 ans à monter des boites en travaillant 18 heures par jour, puis plusieurs mois à méditer dans un ashram et à se faire des copains soufis pour savoir ce qu’il voulait faire -et finalement décider de ne rien faire pendant un moment; tous ces projets fous ou simplement nobles et beaux, et enfin ses petits yeux en quarts de lune: tout est délicieux chez cet homme-yogi. (reprenons notre souffle après ce qui est certainement la-phrase-la-plus-longue-du-monde)

Quoiqu’il en soit, je viens à lui parler de mes grandes difficultés sociales. Quand vous arrivez très tard à une fête où tout le monde est ivre et vous êtes sobre comme un tabouret, vous vous sentez en demi teinte. Il y a vraiment quelque chose qui vous échappe. A l’inverse prendre un verre avec quelqu’un de profondément déprimé quand on est amoureux ou super excité par un nouveau projet vous barre la route de l’empathie. J’ai l’impression de vivre ça à cause de mon travail. J’adore absolument ce que je fais. Mais je n’ai pas sas de décompression. Je rêve de mise au point et parfois même de balance des blancs (alors que : ALLO-JE-N’AI-QUASIMMENT-JAMAIS-LA-CAMERA-DANS-LES-MAINS-#LeDrameDeSaVie).

Comme beaucoup de gens, un de mes premiers gestes le matin est de regarder mes mails du bureau -avec un sentiment très coupable, pour tout dire je pourrai autant manger un pot de saindoux au réveil j’aurais ce même sentiment de faire quelque chose de complètement malsain et presque morbide.

En conséquence, je ne peux (facilement) boire des bières qu’avec des gens qui travaillent dans les médias.

Dans tous autres cas de figure : pendant les 20 premières minutes de conversation j’interviewerai -vraiment- mon pote, c’est à dire que je lui poserai des questions comme on en pose à quelqu’un pour le faire accoucher de ce qu’il pense vraiment -bonjour les copains-, ou bien je n’arriverai pas à sentir ce qu’il me raconte (le fameux syndrome « mais de quoi il me parle? »).

Mon ami-yogi me disait qu’il connaissait bien ce phénomène propre à sa vie antérieure.

Il me conseille de ne rien faire pendant 48h avant de voir un ami. Ne rien faire -ou plutôt se « recentrer », certainement plus ou moins la même chose- semble être sa réponse à tout.

Bien qu’assez contraignant en termes d’emploi du temps, ça me semble une bonne solution.

Donc comme on dit ici: « je travaille la dessus ».

Yogi

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Une réflexion sur “Yogi

  1. […] Et en même temps, on en revient toujours à ce dont je parlais l’autre jour: les sas de décompression. […]

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