Ce matin j’ai fait tout le trajet en métro de chez moi au bureau avec un prêcheur. Au début c’était super amusant. Ensuite c’est devenu absolument horripilant. J’ai cru que c’était parce qu’il avait haussé le ton, mais en fait c’est ce qu’il racontait qui devenait borderline et nauséabond.

Pourtant je suis très bon public. Friande même de théories complotistes et autres bullshit illuminati je trouve ça plein de poésie et très cute. En plus, je pense que le second degrès c’est super primordial, aussi j’ai appris à rire des blagues néo-nazies de l’Artiste par exemple.

Son créneau: la décadence avancée de la société conduit à une fin du monde inéluctable et très proche (genre sous 3 semaines).

D’abord je trouve ça étrange que tellement de gens nous parle de bérézina morale.

J’ai le sentiment que le nouveau cool c’est d’être tradi. Les faux cols, la virginité avant le mariage, les « véritables-valeurs-authentiques »,… Etre oldschool c’est à peu près le seul truc à faire pour être de son temps en 2012. C’est pour ca que je veux m’acheter un Barbour.

Mon prêcheur hurlait sur tout le monde. Sortant de ma torpeur confortable je commence vraiment à écouter ce qu’il assène avec une conviction improbable (du fait qu’il est 8h15).

« Quand je suis arrivé à New York les homosexuels avaient honte de parler de leur mode de vie, maintenant ils en parlent à qui veut l’entendre. »

Ah les saligauds! Ils parlent aux gens! Vous vous rendez compte?! Terrorisme, clairement.

Bon je ne vais pas vous raconter toutes ses saillies verbales, à part le tremblement de terre géant qui détruira New York et le monde en décembre (un peu maya sur les bord le mec, on ne sait pas trop comment ça se passe là dedans) –comme ça au cas où c’était vrai, on pourra dire que j’avais relayé l’info-, il n’y avait que du classique voire banal Paco Rabanne. A un moment, une jeune minette métisse et qui portait un sublime duffle coat camel (ne cherchez pas, ce détail n’a aucun intérêt), a fini par lui dire qu’il était libre de penser et dire ce qu’il voulait (#Americaaaa), mais que c’était pas ok de hurler sur les gens. Je pense qu’elle avait raison, mais comme je ne pouvais pas sortir de mon mutisme matinal je me suis contentée de regarder avec mon regard-de-la-mort le prêcheur en signe de soutien. Le prêcheur a vociféré qu’il n’entendait pas recevoir des conseils d’une lesbienne déviante.

J’ai donc trituré dans ma tête tout ce que j’aurais pu dire. Puis c’était ma station alors je suis sortie en me disant que la seule bonne réaction aurait été de l’enlacer en chantant Stop In The Name Of Love, c’est à dire bien trop d’effort. Même pour lutter contre le crypto-fascisme intégriste, je ne peux pas mobiliser mon attention plus d’une minute avant 9h du matin. C’est très triste.


Doomsday

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Une réflexion sur “Doomsday

  1. […] Professeur Tournesol était dans bar haïtien en bas de chez moi donc je suis passée. Il m’avait raconté plus tôt au téléphone une embrouille de pigistes digne des Rois Maudits, je voulais aller l’assurer de mon soutien (même si on a vu qu’il ne vaut pas grand chose). […]

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