Archives de Catégorie: You, Americans!

Ce soir j’ai diné chez Roberta -j’adorerais que ce soit une copine punk tatouée, mais c’est juste une pizzeria super branchée (eh oui! Même une pizzeria, surtout une pizzeria en fait, peut être hip, bienvenue à New York).

J’adore cet endroit parce que c’est le paradis du hipster bingo. Tout le monde ressemble à un hamish et toute la carte est « locale ». Ils ont ajouté un tiki bar sous une tente chauffée dans leur backyard. Les deux lieux ont une identité très forte mais qui ne partagent rien si ce n’est d’être profondément dans l’air du temps.

Roberta

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Au bureau on se bourre de chocolat. C’est la déchéance. On en mange comme des boulimiques en parlant de nos futures résolutions pour 2013. C’est comme ci on avait tous encore un peu de Bolduc collé sur le front.

Hier mes colocs ont organisé leur dîner de Noël. Le thème c’était « deep-frying ». Donc tout était frit. Mais vraiment bien transpirant de gras. Ma coloc adore boire des bières en GRANDES bouteilles, donc elle s’était constitué une petite cave de litrons. Ils se sont installé une télé dans le salon, ont coupé le son (« La boite à images, ce dieu païen ») et écoutaient des chants de noël suaves. Personne ne s’était mis sur son 32, évidemment. C’était super cool (surtout quand ils ont mis des Oréo panés dans la friteuse). Et c’était l’exact opposé point par point de mon dîner.

Bolduc

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Job hunting

Hier soir j’ai eu le bonheur de hang out avec mes vieux copains de la fac.

C’était comme d’habitude dans les pires bars de Midtown dernier vestige de l’époque où cette partie de la ville était une cour des miracles crado et sexy comme une strip-teaseuse.

Une des anciennes camarades de classe me racontait ses débuts de recherches de travail. Comme je sais que ça va me tomber dessus très bientôt, j’écoutais très attentivement cette leçon d’americanattitude. Elle a « un plan« , et surtout je trouve sa détermination admirable. C’est le genre de personne qui se dit : « je préfère ne rien avoir plutôt que d’être sur-qualifié pour le job ». C’est l’enjeu de ces étudiants super endettés en sortie de leur sacro-sainte grad school, je comprends donc bien que l’idée c’est surtout de trouver un poste qui te rapporte plein de pognon. Néanmoins, en comparant son attitude de jeune diplômée et la mienne… Je mesure le génie de ce pays dans lequel développer une telle force mentale (et une confiance en soi presque questionnable) est possible.

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Oatmeal bliss

Comment ai-je pu passer à coté du oatmeal? Je me demande vraiment.

Autre note sans intérêt: New York commence à bien trop moisir dans son jus de Noël. Il est temps que ça s’arrête car je risque d’étrangler l’hyperactif de l’Armée du salut qui gesticule avec force clochette, et ce, tous les matins quand je sors du métro – donc, avant mon oatmeal bliss.

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Je vous ai déjà parlé de ces kids géniaux que je baby-sitte et qui sont des fans absolus de Ma sorcière bien-aimée.

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Plus je regarde cette série, plus son rêve américain mâtiné d’un sexisme soft me fascine.

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Dans quel univers existe-t-il des hommes qui expliquent à leur femme qu’une cuisine équipée vaut tous les pouvoirs magiques du monde?

Entre la voisine obsédée par les balbutiements de la macrobiotique, et l’imaginaire pré-Mad Men de la boite de pub de Darrin Stephens, on dirait un prospectus sur  la modernité insubmersible de l’American Way of Life.

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L’esthétisme retro de ces costumes marins de Tabatha, des pantalons capri de sa mère et les voitures géantes des bonshommes est exceptionnel. Je m’attends toujours à voir apparaitre un bandeau « Merci pour le plan Marshall les gars! Vive le corned beef en boite et le peanut butter!« .

En fait ces images d’une autre époque, avant l’Irak, Dr. Dre, et Goldman Sachs, me plaisent parce qu’elles parlent d’eldorado, d’un pays qui croit fermement que son destin est de montrer la voie à tous les autres.

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Utopia

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Boloss

J’adore cette video de Tommy Hilfiger qui est diffusé dans les taxis. Un mélange de boloss, de college movie, et de Connecticut (sans Newtown).

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Je dinais l’autre jour à Bushwick, j’étais en pleine encanaillade.

Il y avait la militante et Renaissance-Man. Trois jeunes professionnels en somme. Trois « choix-de-vie » pour être honnête, car la militante travaille seule, Renaissance-Man a sa boite, et moi comme vous savez, je suis de ceux qui ont « un bureau » et « des collègues« . Mais tous les trois nous avons des side-jobs. Comme mes colocs.

« Un-vrai-phénomène-générationnel-dis-donc! »*

Du coup ce diner, par exemple, a mis trois mois à s’organiser. On y a beaucoup parlé de travail, de structure, du coût de la vie, et surtout de « projet« . Je ne sais finalement pas trop si c’est la même chose à Paris, mais ici c’est dur de ne pas avoir « un projet« . Je crois que c’est plus une question de milieu à Paris, alors qu’ici absolument tout le monde a  « un plan ».

L’émulation de New York, son « énergie » comme disent les Français, repose sur cette seule idée de vision à plus ou moins long-terme.

Quand je passais des oraux, je trouvais la question « où vous voyez-vous dans 10 ans? » me semblait absolument absurde, alors qu’aujourd’hui je trouve ça nécessaire (disons plutôt 2 ans cela dit).

Et finalement je nous ai trouvés assez déterminés. Renaissance-Man qui est franco-américain, ne veut plus quitter New York. La militante a son indépendance en fil conducteur. Je crois que ma mobilité est peut-être ce qui me caractérise le plus; en tous cas mon idée de ce que je veux faire dans les 5 prochaines années est assez proche de la manière dont je vis maintenant.

Tous les trois nous avons rendu les armes professionnellement, même la militante. C’est comme si on savait qu’on ne changera pas grand chose, mais que pour d’obscures raisons on avait un enthousiasme sans limite.

 

*Ce que dira votre mère en lisant le reportage du Nouvel Obs publié dans 3 semaines mois sur la question.

A man with a plan

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L’autre jour j’étais dans l’ascenseur. Jusqu’ici tout va bien. Au 15e étage, deux types entrent. Ayant intégrés les codes locaux je ne dis rien. Le premier parle très fort, on sent que l’autre blond joufflu est à sa botte. Ils ont une conversation enthousiaste (à moins que ce ne soit un monologue enthousiaste?). Je n’écoute pas car je suis en train de whatsapper – une de mes activités préférées devant l’Eternel.

Soudain…: silence. Le fanfaron du jour prend bébé blond à parti et lui dit: « ah mais c’est ce que je te disais! C’est dramatique de penser qu’il y a des gens qui utilisent encore un BlackBerry!« . Sentant des regards sur moi, je comprends qu’on parle de mon téléphone de bureau (qui fonctionne tellement mal qu’à ce stade on peut même parler davantage de talkie-walkie). Et le fier à bras de renchérir en s’adressant à moi: « Je suis vraiment désolée pour vous, que vous n’ayez pas d’iPhone« . Alors déjà merci de me prendre pour une abrutie: j’avais compris de quoi on parlait et le BlackBerry ne m’a pas encore ramolli le cerveau. Ensuite, les deux crétins ont quitté l’ascenseur avec une mine défaite. Je n’ai donc pas eu le temps de leur dire que:

– Mime et la Militante préféreraient se trancher la jugulaire plutôt que d’avoir un téléphone fabriqué par les esclaves de la téléphonie les plus médiatisés de la Chine. Donc il y a des gens qui ne veulent pas d’iPhone.

– Etant donné mon âge et le leur j’ai plus de chances d’être du bon coté de la barrière numérique qu’eux. Donc ça va les leçons.

– En parlant de fracture numérique, et puisqu’on est dans une dynamique rhétorique de cour de recré: c’est mon pays qui a inventé le Minitel, Songpop et la carte à puce, alors que vous, vous avez inventé Facebook un outils d’aliénation des esprits dont on parlera dans 50 ans comme du dernier fascisme.

Minitel

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Tiaras

Toute la journée j’ai regarde ce show totalement génial, Toddlers & tiaras. Comment dire… C’est toute l’Amérique qui remue dans ces épisodes de 40 minutes, complètement addictifs.

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Donc l’idée c’est de suivre des tandems fille-mère dans leur compétition pageants. Un pageant c’est une sorte de concours de beauté et de talent, et c’est un sport national. Des bébés jusqu’aux teens, des créatures entre le travesti brésilien et la mini Barbie défilent en maillot de bain, en robe de soirée (?), ou en costume imposé (et là on a autant de 60s, icônes américaines, contes de fée…). Le jury est composé de notables locaux qui sont soit à moitié pédophiles, soit très sérieux – et tous ont toujours un avis sur la vraie question des pageants, vaut-il mieux le glitz (strass et paillettes à 300%) ou le natural (strass et paillettes à 150%)?

Et enfin derrière le banc des jurés il y a maman (ou papa) qui après avoir blanchi les dents de sa fille, lui avoir peroxydé les cheveux, et avoir engagé un coach pour que poupette répète la choré, est en train de faire trois ulcères et/ou de mimer ladite choré pour que poupette, 3 ans, arrive à suivre le rythme.

A la fin les demoiselles s’alignent avec un sourire horrifiant, et attendent qu’on nomme la gagnante du Grand Supreme. L’heureuse élue reçoit une couronne dorée généralement bien trop large pour son crâne, un trophée à la Jeanne et Serge, et parfois des jouets ou un éventail de billets.

Tous les parents ne sont pas pareils -sinon ce serait pas marrant. Il y a ceux qui veulent une diva super sassy et qui ne voient pas où est le problème quand ils habillent leur fille en pute. Et il y a ceux, plus tradis, qui jouent à fond la carte majorette et performance (mes préférés). La finalité ça peut être de rembourser la maison, financer les études (ou la psychanalyse?) de poupette, ou juste être la plus belllllle.

Karmen Walker, 6 ans, Charleston, West Virginia - Rebeccas Drobis (c)

Karmen Walker, 6 ans, Charleston, West Virginia – Rebeccas Drobis (c)

Tous ont en tête une idée formidable: gagner le concours = self esteem = la win attitude = une bonne personne. Cette confiance en soi est vraiment comme un graal, peu importe les moyens de l’obtenir, c’est bien l’essentiel.

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Aujourd’hui: il ne s’est rien passé d’exceptionnel. Même dans ma vie palpitante de Grand Reporter, ca arrive. Pour vous divertir je vous conterai l’histoire de ce show que le métro nous promet: Shahs of Sunset.

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Une sorte de concentré de la recette savoureuse de Jersey Shore version poulet aux prunes. Comme je suis une grande fan de Farah Diba, je vous laisse imaginer ce que j’en pense.

Notre ami, Réza (what else?), nous donne son avis sur le show qui a fait de lui une « star »:

 

Shahs

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Laboland

Boston, ah Boston! Tes stations services, tes hôtels, tes 2 pubs dont la cuisine est encore ouverte après minuit,…

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C’est la troisième fois que je viens à Boston pour un sujet et je ne connais pas autre chose que ce dont j’ai besoin.

A Cambridge les bâtiments ont tous l’air d’avoir été à la pointe de la modernité au moment où ils ont été construits. C’est comme marcher dans un musée de l’architecture. Des ces immeubles sortent des hommes et des femmes tous gris avec des tailleurs et des petites valises à roulettes. C’est ici que tous les labos pharmaceutiques sont installés. A deux pas il y a des grappes d’étudiants aux joues roses -qui me semblent être en tous points l’exact opposé des hordes de NYU: des sosies de Chelsea Clinton.

Hier en arrivant à l’hôtel une bande de mecs installait des lumières de Noël dans un arbre non identifié (en tous cas pas un sapin). Très joli. Comme beaucoup de choses dans cette ville coquette et un peu ennuyeuse.

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Black Tie

J’ai peu parlé des dîners mondains de l’Upper East Side où j’ai passé beaucoup de temps cet été. Pourtant, il y a beaucoup à dire. En gros si Saint Germain des Près rencontrait Woody Allen, ce ne serait pas très différent de mon expérience dans la ville haute.

D’abord pour aller diner dans l’Upper East Side, on ne se prépare pas comme pour aller faire la bringue à Brooklyn, évidemment. Par exemple être francais ne veut pas du tout dire la même chose. Sur la 71ieme rue vous devez essayer de vous rappeler de tout ce qu’on vous a raconté quand vous étiez petit et que vos parents –les saints- vous trainaient au Louvre pendant que vous hurliez à la mort. Si en plus vous êtes parisien, vous êtes censé connaitre tout un tas d’anecdotes  sur Paris de 1919 à 1948. On vous demandera peut-être si vous avez une maison sur « la Riviera », et certainement si et pourquoi vous vous sentez européen.

N’importe où de l’autre côté du pont, les gens vous trouveront toujours incroyablement exotique et terriblement nouvelle vague. Il faut impérativement vous trouver un lien direct avec Justice ou Sébastien Tellier sinon vous ne pourriez décemment pas être francais. Et vous habitez rive droite, vous adorez Carven (hipster pointu) ou Berlin (hipster mainstream).

Dans l’Upper East Side essayez de ressembler à Juliette Gréco (jeune). A Brooklyn, laissez tomber : peu importe à quel point vous pensez ressembler à un clochard boho ce sera toujours trop propret.

A ce dîner dans l’Upper East Side il y avait d’autres Français et c’était visiblement un peu trop pour l’assistance. Les éclats de voix et les regards assassins prennent toujours un coté bien plus dramatique au milieu d’Américains, que dans la lumière tamisée d’un appartement du sixième arrondissement où il s’agit simplement de faire la démonstration de son caractère, d’affirmer qu’on a bien de la personnalité.

Diner mondain, G. Wostein

Diner mondain, G. Wostein

Mais sinon ce fût les questions d’usage: est-ce que je connais le Bon Marché? Est-ce que le fromage français me manque? Que diable allais-je m’installer à Brooklyn?

La maison est remplie de bibelots, du sol au plafond. Dans le lot il y a un Turner et un Modigliani. Il y a aussi des photos d’enfants aux sourires constipés, des vieux instruments de musique mal dépoussiérés, et des pièces d’art contemporain pour le moins hideuses. L’artiste est en résidence ici. Nous rions comme des bossus du manque de second degré de tous ces Américains qui décidément n’ont rien compris. Une autre étudiante italo-allemande bavasse pendant des heures de la patate douce à New York – ville dont elle est très fière de dire que la particularité est que: « tu aimes ou tu détestes ». Merci pour ce commentaire résolument brillant.

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Le maitre de maison nous couve des yeux comme « des petites femmes de Paris« . Jusqu’à ce qu’il nous demande si on sait ce qu’est le yiddish. ALLO.

Je quitte ce château à ascenseur au cœur de la ville pour rejoindre le quartier polonais de Williamsburg. Ici il y a des punks tatoués qui ont peu d’avis sur Modigliani -ce qui fait tout leur charme. Ils écoutent les New York Dolls (ou autre chose du même genre, qui sait ?) avec un air concentré. Et rapidement il se passe bien trop de chose pour que je puisse vous le raconter en un post. En tous cas, c’est à peu près ce qu’on pourrait attendre de la part de punks. En plus, certains avaient des épingles à nourrice dans le nez (par « certains » j’entends : un): ma joie était donc tout à fait complète.

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Ce matin j’errais à Clinton Hill (pour des raisons strictement professionnelles, je vous rassure). Et je me disais que vraiment c’était un chouette quartier.

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Le charme de Brooklyn, les étudiants de Pratt, irrémédiablement dans l’air du temps, les grands arbres a peine ébranlés par Sandy: on dirait une carte postale.

Brooklyn (et énormément d’autres endroits dans le monde!), c’est comme un palimpseste

Revelation

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Temple

Cet après-midi je me suis rendue chez B&H. En plein Midtown West, à deux pas du mythique grand magasin Macy’s, il y a une caverne d’Ali Baba que trop peu de touristes viennent visiter. Pourtant, c’est bien un haut lieu culturel de cette ville.

A chaque visite, vous êtes au spectacle. Je vous préviens d’ailleurs, ce post manquera cruellement de photos, mais on peut espérer que la magie n’en sera que plus forte lors de votre première visite.

C’est d’abord une histoire de tribus. Dans la plupart des dinners l’étranger en goguette à New York peut faire l’expérience de la merveilleuse société américaine. C’est un caucasien qui vous accueillera, souvent relativement âgé. Ensuite vous serez pris en charge par un serveur (enfin, comme « caissière », c’est souvent une serveuse) caucasien ou afro-américain. En salle s’agitent une nuée de petites mains, les hispaniques. Toujours là pour remplir votre verre avec force glaçons, remplacer illico une fourchette tombée sur vos genoux (quelle ouïe!), vous desservir alors que vous venez à peine de porter la dernière bouchée de votre pancake à votre bouche. En cuisine, on ne sait pas trop ce qui se passe. En tous cas c’est comme dans les grands restaurants: tout roule, chacun a sa tache et est clairement identifiable (et hiérarchisé). Bon c’est à géométrie variable, mais ça reste l’idée.

Même chose chez B&H. A l’entrée une team afro-américaine bien mise est à la consigne. Dans les rayons, il y a les « fixes », des femmes portoricaines qui connaissent la carte du magasin par cœur, tel le garçon de salle du restaurant qui dit parfaitement « glaçon?« , elles sont expertes en prononciation de « lumières et accessoires?« ; et il y a les « mobiles » qui comme les serveurs sont un groupe un peu mixte, afro-américains (33%) et juifs orthodoxes (67%). Les « mobiles » sont les véritables héros du matériel moderne. Ils connaissent tous les lecteurs mp3 du magasin. Ils font en une minute la thèse et l’antithèse d’un adaptateur de batterie de lite panel (je tiens à remercier de tout mon cœur Hersch qui a fait semblant de ne pas voir que je ne comprenais à peu près rien de ce qu’il me disait, c’est très gentil). Ils savent même quelles sont les milles et une façons de graisser ton pied.

Aujourd’hui un type listait à un jeune garçon les avantages et les inconvénients de tel ou tel emplacement de sa GoPro sur son casque de skate pour documenter ses performances. Genius. Multi expertise. Merlin l’enchanteur.

On dirait le boucher de ma mère à Paris, qui, en fermant les yeux et en effleurant une escalope peut donner le nom de la ferme et la couleur des yeux de la génisse.

Mais pour en revenir à B&H, derrière les caisses centrales, le magasin devient schlomoland –no offence mais tout Midwood est là.

Et comme ce magasin rend euphorique, vous êtes toujours contents d’arriver enfin à ces caisses centrales. C’est surement aussi parce que je n’y dépense jamais mon argent mais celui de ma société. Ou encore parce que de très longues heures passées au BHV enfant m’ont fait réaliser la beauté secrète du matériel technique… En tous cas, B&H devrait être une étape incontournable d’une visite à New York. Ne serait-ce que pour vous éblouir devant les mandarines, caresser le plastique mat d’une belle EX1, découvrir qu’on peut acheter du velcro exprès pour mieux ranger ses micro-cravate ou tout simplement profiter de ce bouillon américain mêlant technologie, social et business. Mieux que la statue de la liberté. Grisant comme un one dollar store car tout le monde passe son temps à te dire que tu fais une bonne affaire…

Ce magasin c’est le Tati Or du vidéaste.

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Hier je marchais jusqu’à chez Miss America en écoutant les Supremes. J’avais la chaire de poule. D’abord parce qu’il fait froid, genre super froid, genre moins mille degrés, genre la mort. Ensuite parce que l’effervescence de cette dernière année autour de l’élection, ici et ailleurs, me rendait fébrile.

Certains pensent même qu’on en fait trop:

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Moi je trouve ça grisant, mais c’est sans doute parce que je suis très bon public.

Chez Miss America, le feu électrique grille. On regarde CBS en se racontant les derniers gossips du moment -on « catch up » comme aiment faire les Américains. On rigole comme des patates devant le coté très premier degrés de Scott Pelley et de ses copains.

Ils ont un petit air de ce que je vous avais partagé.

La blonde n’avait pas voté, et elle ne savait pas que Mitt Romney était mormon -clairement le plus gros enjeu de la campagne les amis!-. Parfois je me demande pourquoi je fais ce métier. Personne n’en a rien foutre de l’actualité.

Et puis il a été élu. J’ai déjà raconté ça 700 milliards de fois, mais je voudrais rappeler qu’il y a un truc entre Obama et moi. On peut dire sans exagérer que nous avons commencé nos carrières le même jour. On est de la même promo. J’ai signé ma première pige payée grâce à un piston. Si vous avez suivi les derniers épisodes, en novembre 2008 j’étais à Ramallah, où je collais aux basques de trois types: Don Juan, Dieu, et Zorro. Et cette brillante pige c’est justement Dieu qui me l’avait filée, Zorro qui l’avait relue et Don Juan qui me l’avait débriefée. C’est l’ acte fondateur qui a permis à la padawan de devenir la star du journalisme international que je suis aujourd’hui.

Donc je peux vous dire que cette élection, j’en faisais une affaire (en partie) personnelle.

Donc voila, bravo Barack.

Je suis une route semée d’embuches, toi aussi; mais quelque chose me dit qu’on est quand même sur la bonne voie. Rendez-vous dans 4 ans pour un autre bilan.

Après les réseaux-socialeries d’usages, et des embrassades émues avec Miss America, j’ai pris la route de Brooklyn, avec un B comme Barack.

Professeur Tournesol était dans bar haïtien en bas de chez moi donc je suis passée. Il m’avait raconté plus tôt au téléphone une embrouille de pigistes digne des Rois Maudits, je voulais aller l’assurer de mon soutien (même si on a vu qu’il ne vaut pas grand chose).

C’etait super packed (un jeu de mot! ahah). Comme d’habitude, avec sa coloc, on était les seuls caucasiens. Les gens étaient chauds bouillants mais aussi assez éméchés donc je ne sais ce qu’il faut en déduire.

Le patron du bar, un grand haïtien sec et toujours tirés à quatre épingles (look Yves saint Laurent assez appréciable) me racontait ses années françaises et pompidoliennes (comme l’évocation de Pompidou, Pierre Mendès France ou Mick Jagger suscite généralement chez moi autant d’excitation que l’évocation de Justin Bieber chez les filles de 12 ans…). Il a expliqué au Professeur Tournesol qu’il aimait bien Reagan parce qu’il avait donné plein de thunes à l’Afrique, pourquoi pas. Après il y a eu le discours de Barack. J’ai adoré sa cassededi à Joe Biden en mode « BFF ».

Et sinon, dans un tout autre registre, aujourd’hui j’interviewais un mec donc le commerce a été méga inondé par Sandy. Détail notable: il portait un Barbour, mais pas le modèle que je veux pour ceux qui se demandent.

Bon ce mec est italien, trop sympa et caviste, beaucoup d’éléments favorables. Ou peut être que je suis juste quelqu’un qui a beaucoup d’empathie. Depuis trois mois, c’est-à-dire quand j’ai découvert son existence en fait, je pense à cette phrase d’HBM: « le journalisme c’est le contact et la distance« . C’est mon nouveau motto. J’en ai besoin parce que je passe mon temps à trouver les gens trop cools, et c’est un problème.

BREF, ce type avait perdu des centaines de milliers de dollars et il avait rouvert plus ou moins 48h après l’ouragan. Il a reconstruit les deux tiers de sa boutique en 10 jours, et j’avais envie de lui dire bravissimo (ahah).

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Dans les rues autour du Brooklyn Bridge tout était fermé. Le quartier vient de récupérer le gaz. Ils ont de la chance par rapport aux habitants de Long Island évidemment. Ils le savent mais je ne les blâme pas de ne pas sauter au plafond. Tout est mort, comme une terre brulée.

Vive le roi

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