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Au bureau on se bourre de chocolat. C’est la déchéance. On en mange comme des boulimiques en parlant de nos futures résolutions pour 2013. C’est comme ci on avait tous encore un peu de Bolduc collé sur le front.

Hier mes colocs ont organisé leur dîner de Noël. Le thème c’était « deep-frying ». Donc tout était frit. Mais vraiment bien transpirant de gras. Ma coloc adore boire des bières en GRANDES bouteilles, donc elle s’était constitué une petite cave de litrons. Ils se sont installé une télé dans le salon, ont coupé le son (« La boite à images, ce dieu païen ») et écoutaient des chants de noël suaves. Personne ne s’était mis sur son 32, évidemment. C’était super cool (surtout quand ils ont mis des Oréo panés dans la friteuse). Et c’était l’exact opposé point par point de mon dîner.

Bolduc

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Job hunting

Hier soir j’ai eu le bonheur de hang out avec mes vieux copains de la fac.

C’était comme d’habitude dans les pires bars de Midtown dernier vestige de l’époque où cette partie de la ville était une cour des miracles crado et sexy comme une strip-teaseuse.

Une des anciennes camarades de classe me racontait ses débuts de recherches de travail. Comme je sais que ça va me tomber dessus très bientôt, j’écoutais très attentivement cette leçon d’americanattitude. Elle a « un plan« , et surtout je trouve sa détermination admirable. C’est le genre de personne qui se dit : « je préfère ne rien avoir plutôt que d’être sur-qualifié pour le job ». C’est l’enjeu de ces étudiants super endettés en sortie de leur sacro-sainte grad school, je comprends donc bien que l’idée c’est surtout de trouver un poste qui te rapporte plein de pognon. Néanmoins, en comparant son attitude de jeune diplômée et la mienne… Je mesure le génie de ce pays dans lequel développer une telle force mentale (et une confiance en soi presque questionnable) est possible.

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Oatmeal bliss

Comment ai-je pu passer à coté du oatmeal? Je me demande vraiment.

Autre note sans intérêt: New York commence à bien trop moisir dans son jus de Noël. Il est temps que ça s’arrête car je risque d’étrangler l’hyperactif de l’Armée du salut qui gesticule avec force clochette, et ce, tous les matins quand je sors du métro – donc, avant mon oatmeal bliss.

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Je vous ai déjà parlé de ces kids géniaux que je baby-sitte et qui sont des fans absolus de Ma sorcière bien-aimée.

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Plus je regarde cette série, plus son rêve américain mâtiné d’un sexisme soft me fascine.

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Dans quel univers existe-t-il des hommes qui expliquent à leur femme qu’une cuisine équipée vaut tous les pouvoirs magiques du monde?

Entre la voisine obsédée par les balbutiements de la macrobiotique, et l’imaginaire pré-Mad Men de la boite de pub de Darrin Stephens, on dirait un prospectus sur  la modernité insubmersible de l’American Way of Life.

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L’esthétisme retro de ces costumes marins de Tabatha, des pantalons capri de sa mère et les voitures géantes des bonshommes est exceptionnel. Je m’attends toujours à voir apparaitre un bandeau « Merci pour le plan Marshall les gars! Vive le corned beef en boite et le peanut butter!« .

En fait ces images d’une autre époque, avant l’Irak, Dr. Dre, et Goldman Sachs, me plaisent parce qu’elles parlent d’eldorado, d’un pays qui croit fermement que son destin est de montrer la voie à tous les autres.

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Utopia

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J’ai héberge cette semaine mon vieux copain Nemo. Je ne peux pas vraiment dire que c’est un ami proche. Plutôt une bonne connaissance de mes années lycée. Nemo a vécu longtemps à Londres et il aime l’art contemporain, les filles, voyager et se ré-inventer dans des fêtes.

Le lien entre Nemo et moi c’est surtout l’Artiste, un très cher ami, mon ancien coloc, le frère de mon ex, et un compositeur de grand talent. L’Artiste s’est entiché d’une muse -ça arrive, au faux airs de Juliette Greco et de Jeanne Moreau -avec qui elle partage son prénom. La muse a été rencontrée via Nemo. La muse est par ailleurs vraiment une chic fille. Vous savez à peu près tout, mais j’ajouterai que ces trois énergumènes travaillent dans des domaines artistiques et sont fantastiques une fois qu’on a dépassé leur ancrage hors de la réalité. J’ai pour ma part une grande tendresse et beaucoup d’estime pour chacun.

Bref, Nemo tenait hier soir sa soirée d’adieu à New York. C’était dans un petit bar de Brooklyn non loin du carré doré de Williamsburg. Il y avait une héritière de Canal +, je la présente un peu par sa filiation car je ne lui ai pas parlée, la poule locale de Nemo, mes colocs qui se sont amourachés de Nemo, un cinéaste et réalisateur prometteur et brouillon, et quelques autres. J’admirai déjà la reproduction de la faune parisienne qui les entoure d’habitude.

Et puis en regardant bien Nemo et l’Artiste, quelque chose m’a frappé. Il était comme un chien et un loup, comme des faux jumeaux. Si proches par leur charisme, leur sens du drame, cette façon de s’habiller comme quelqu’un qui pourrait utiliser des expressions aussi surannées que « le boul’mich« , leur présence solaire, et clownesque parfois. Si différents aussi.

L’Artiste hait vraiment New York, comme Cocteau. Il est effrayé par cette culture gloubiboulga qui manque de nuances, et par la grossièreté de l’Américain moyen. Tel Astérix, il résiste en s’entourant de très jeunes gens fascinés par l’Europe  ou en traduisant ses expressions fétiches littéralement (l’utilisation de « old » pour le sobriquet affectueux « vieux » m’amuse particulièrement, par exemple: « écoute, vieux, ces filles sont encore vertes« , donnera donc « listen, old, these girls are still green« ). En fait son anglais est forcement britannique, Shakespearien (I love thy) ou Churchillien (We shall surrender). Sa précision intellectuelle est admirable. J’ai toujours aimé les hommes qui s’intéressaient aux idées et à la philosophie -rétrospectivement je me rends compte que c’est peut-être pour cette raison que je ne suis plus avec son frère. L’Artiste aime le Lincoln Center , Kiehl’s, et les petites danseuses de la Juilliard.

Nemo a davantage l’allure d’un Marcel Duchamp. Curieux des mœurs outre Atlantique, le fait qu’il se soit trouvé une bonne amie locale si vite en est bien la preuve. J’aime son enthousiasme amusé quand il parle de son expérience à Art Basel. Il est perpétuellement à géométrie variable. Nemo aime aussi le Met, les burgers, Central Park et les jeunes hipsters de Brooklyn. Éruptif, il est plein de surprises.

Malgré leurs différences, ces deux bonhommes se démarquaient par leur éloquence et leur dramaturgie. L’Artiste est monté sur une voiture pour appeler une (autre) poule, sous la pluie, plein d’emphase. Je pouvais sentir ma coloc frémir devant tant de romantisme à la française. Le quart d’heure d’embrassades hyper sensuelles que Nemo et sa donzelle ont performé collés au bar a eu le même effet. Et le discours de l’artiste sur ces aristocrates du nouveau monde chez lesquels il loge gracieusement dans l’Upper East Side, qui pourrissent son âme, et dont la vulgarité n’a pas de limite, c’était la cerise sur le gâteau pour cette native du Bronx. A moins que ce ne soit le coté chic et débraillé de ces deux gravures de mode huilées par la pluie et étincelants de passion?

Bref, vive la France quoi, c’est encore les vieux tours qui marchent le mieux sur nos amis du nouveau monde.

Chien et loup

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L’autre jour j’étais dans l’ascenseur. Jusqu’ici tout va bien. Au 15e étage, deux types entrent. Ayant intégrés les codes locaux je ne dis rien. Le premier parle très fort, on sent que l’autre blond joufflu est à sa botte. Ils ont une conversation enthousiaste (à moins que ce ne soit un monologue enthousiaste?). Je n’écoute pas car je suis en train de whatsapper – une de mes activités préférées devant l’Eternel.

Soudain…: silence. Le fanfaron du jour prend bébé blond à parti et lui dit: « ah mais c’est ce que je te disais! C’est dramatique de penser qu’il y a des gens qui utilisent encore un BlackBerry!« . Sentant des regards sur moi, je comprends qu’on parle de mon téléphone de bureau (qui fonctionne tellement mal qu’à ce stade on peut même parler davantage de talkie-walkie). Et le fier à bras de renchérir en s’adressant à moi: « Je suis vraiment désolée pour vous, que vous n’ayez pas d’iPhone« . Alors déjà merci de me prendre pour une abrutie: j’avais compris de quoi on parlait et le BlackBerry ne m’a pas encore ramolli le cerveau. Ensuite, les deux crétins ont quitté l’ascenseur avec une mine défaite. Je n’ai donc pas eu le temps de leur dire que:

– Mime et la Militante préféreraient se trancher la jugulaire plutôt que d’avoir un téléphone fabriqué par les esclaves de la téléphonie les plus médiatisés de la Chine. Donc il y a des gens qui ne veulent pas d’iPhone.

– Etant donné mon âge et le leur j’ai plus de chances d’être du bon coté de la barrière numérique qu’eux. Donc ça va les leçons.

– En parlant de fracture numérique, et puisqu’on est dans une dynamique rhétorique de cour de recré: c’est mon pays qui a inventé le Minitel, Songpop et la carte à puce, alors que vous, vous avez inventé Facebook un outils d’aliénation des esprits dont on parlera dans 50 ans comme du dernier fascisme.

Minitel

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Hier soir j’etais au Gramercy Theatre « pour-un-concert-exceptionnel »: People Under the Stairs. Un duo de quarantenaires basés à Los Angeles et stars pointues des 90s qui faisaient bonne figure sur une scène un peu crado. Avec pour motto, « anytime is party time and party time is anytime« , ils s’en sont bien sortis. Dans la salle des jeunes excités faisaient se faufiler des pétards de rigueur. Mon coworker, le Breton qui n’aimait pas le Chouchen, avait eu une excellente idée en recommandant ce groupe grinçant et qui aime jeter de la bière ou n’importe quoi d’autre sur son public, et jouer avec des lunettes de soleil. Un son hip hop vintage assez génial.

Ensuite -après un bref épisode de pluies torrentielles (ce n’est pas une métaphore) qui donne toujours envie de se déguiser en Audrey Hepburn et de chercher son chat- j’ai été à une fête de collègues. Normalement je trouverais ça horrible. En fait, normalement j’irais pas. Sans même me poser la question, d’aileurs. Littéralement « too cool for school« . Mais comme je crois que je vis un âge d’or de team spirit, que peu de gens connaissent et qu’évidemment je ne retrouverai « plus-jamais-never-dans-toute-ma-vie », j’essaie d’en profiter.

Dernier arrêt: cette sorte de club où je vais finir par aller tous les weekends. Ce soir là il y avait un groupe de très jeunes gens complètement incandescents. Croisement hyperhipster & danseur professionnel.

Ils avaient des coupes de David Bowie (toutes époques confondues), des chaussures cloutées et des gilets en chevreau. Ils sautaient partout et c’était très réjouissant. En tous cas, plus amusant que la brochette de quatre mannequins anglaises absolument magnifiques en total look Isabel Marant, sequin + feutre + moue statement des chics et blasés – créatures incontournables de vos nuits brooklynite.

Night

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Tiaras

Toute la journée j’ai regarde ce show totalement génial, Toddlers & tiaras. Comment dire… C’est toute l’Amérique qui remue dans ces épisodes de 40 minutes, complètement addictifs.

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Donc l’idée c’est de suivre des tandems fille-mère dans leur compétition pageants. Un pageant c’est une sorte de concours de beauté et de talent, et c’est un sport national. Des bébés jusqu’aux teens, des créatures entre le travesti brésilien et la mini Barbie défilent en maillot de bain, en robe de soirée (?), ou en costume imposé (et là on a autant de 60s, icônes américaines, contes de fée…). Le jury est composé de notables locaux qui sont soit à moitié pédophiles, soit très sérieux – et tous ont toujours un avis sur la vraie question des pageants, vaut-il mieux le glitz (strass et paillettes à 300%) ou le natural (strass et paillettes à 150%)?

Et enfin derrière le banc des jurés il y a maman (ou papa) qui après avoir blanchi les dents de sa fille, lui avoir peroxydé les cheveux, et avoir engagé un coach pour que poupette répète la choré, est en train de faire trois ulcères et/ou de mimer ladite choré pour que poupette, 3 ans, arrive à suivre le rythme.

A la fin les demoiselles s’alignent avec un sourire horrifiant, et attendent qu’on nomme la gagnante du Grand Supreme. L’heureuse élue reçoit une couronne dorée généralement bien trop large pour son crâne, un trophée à la Jeanne et Serge, et parfois des jouets ou un éventail de billets.

Tous les parents ne sont pas pareils -sinon ce serait pas marrant. Il y a ceux qui veulent une diva super sassy et qui ne voient pas où est le problème quand ils habillent leur fille en pute. Et il y a ceux, plus tradis, qui jouent à fond la carte majorette et performance (mes préférés). La finalité ça peut être de rembourser la maison, financer les études (ou la psychanalyse?) de poupette, ou juste être la plus belllllle.

Karmen Walker, 6 ans, Charleston, West Virginia - Rebeccas Drobis (c)

Karmen Walker, 6 ans, Charleston, West Virginia – Rebeccas Drobis (c)

Tous ont en tête une idée formidable: gagner le concours = self esteem = la win attitude = une bonne personne. Cette confiance en soi est vraiment comme un graal, peu importe les moyens de l’obtenir, c’est bien l’essentiel.

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Aujourd’hui: il ne s’est rien passé d’exceptionnel. Même dans ma vie palpitante de Grand Reporter, ca arrive. Pour vous divertir je vous conterai l’histoire de ce show que le métro nous promet: Shahs of Sunset.

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Une sorte de concentré de la recette savoureuse de Jersey Shore version poulet aux prunes. Comme je suis une grande fan de Farah Diba, je vous laisse imaginer ce que j’en pense.

Notre ami, Réza (what else?), nous donne son avis sur le show qui a fait de lui une « star »:

 

Shahs

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Hier je marchais jusqu’à chez Miss America en écoutant les Supremes. J’avais la chaire de poule. D’abord parce qu’il fait froid, genre super froid, genre moins mille degrés, genre la mort. Ensuite parce que l’effervescence de cette dernière année autour de l’élection, ici et ailleurs, me rendait fébrile.

Certains pensent même qu’on en fait trop:

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Moi je trouve ça grisant, mais c’est sans doute parce que je suis très bon public.

Chez Miss America, le feu électrique grille. On regarde CBS en se racontant les derniers gossips du moment -on « catch up » comme aiment faire les Américains. On rigole comme des patates devant le coté très premier degrés de Scott Pelley et de ses copains.

Ils ont un petit air de ce que je vous avais partagé.

La blonde n’avait pas voté, et elle ne savait pas que Mitt Romney était mormon -clairement le plus gros enjeu de la campagne les amis!-. Parfois je me demande pourquoi je fais ce métier. Personne n’en a rien foutre de l’actualité.

Et puis il a été élu. J’ai déjà raconté ça 700 milliards de fois, mais je voudrais rappeler qu’il y a un truc entre Obama et moi. On peut dire sans exagérer que nous avons commencé nos carrières le même jour. On est de la même promo. J’ai signé ma première pige payée grâce à un piston. Si vous avez suivi les derniers épisodes, en novembre 2008 j’étais à Ramallah, où je collais aux basques de trois types: Don Juan, Dieu, et Zorro. Et cette brillante pige c’est justement Dieu qui me l’avait filée, Zorro qui l’avait relue et Don Juan qui me l’avait débriefée. C’est l’ acte fondateur qui a permis à la padawan de devenir la star du journalisme international que je suis aujourd’hui.

Donc je peux vous dire que cette élection, j’en faisais une affaire (en partie) personnelle.

Donc voila, bravo Barack.

Je suis une route semée d’embuches, toi aussi; mais quelque chose me dit qu’on est quand même sur la bonne voie. Rendez-vous dans 4 ans pour un autre bilan.

Après les réseaux-socialeries d’usages, et des embrassades émues avec Miss America, j’ai pris la route de Brooklyn, avec un B comme Barack.

Professeur Tournesol était dans bar haïtien en bas de chez moi donc je suis passée. Il m’avait raconté plus tôt au téléphone une embrouille de pigistes digne des Rois Maudits, je voulais aller l’assurer de mon soutien (même si on a vu qu’il ne vaut pas grand chose).

C’etait super packed (un jeu de mot! ahah). Comme d’habitude, avec sa coloc, on était les seuls caucasiens. Les gens étaient chauds bouillants mais aussi assez éméchés donc je ne sais ce qu’il faut en déduire.

Le patron du bar, un grand haïtien sec et toujours tirés à quatre épingles (look Yves saint Laurent assez appréciable) me racontait ses années françaises et pompidoliennes (comme l’évocation de Pompidou, Pierre Mendès France ou Mick Jagger suscite généralement chez moi autant d’excitation que l’évocation de Justin Bieber chez les filles de 12 ans…). Il a expliqué au Professeur Tournesol qu’il aimait bien Reagan parce qu’il avait donné plein de thunes à l’Afrique, pourquoi pas. Après il y a eu le discours de Barack. J’ai adoré sa cassededi à Joe Biden en mode « BFF ».

Et sinon, dans un tout autre registre, aujourd’hui j’interviewais un mec donc le commerce a été méga inondé par Sandy. Détail notable: il portait un Barbour, mais pas le modèle que je veux pour ceux qui se demandent.

Bon ce mec est italien, trop sympa et caviste, beaucoup d’éléments favorables. Ou peut être que je suis juste quelqu’un qui a beaucoup d’empathie. Depuis trois mois, c’est-à-dire quand j’ai découvert son existence en fait, je pense à cette phrase d’HBM: « le journalisme c’est le contact et la distance« . C’est mon nouveau motto. J’en ai besoin parce que je passe mon temps à trouver les gens trop cools, et c’est un problème.

BREF, ce type avait perdu des centaines de milliers de dollars et il avait rouvert plus ou moins 48h après l’ouragan. Il a reconstruit les deux tiers de sa boutique en 10 jours, et j’avais envie de lui dire bravissimo (ahah).

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Dans les rues autour du Brooklyn Bridge tout était fermé. Le quartier vient de récupérer le gaz. Ils ont de la chance par rapport aux habitants de Long Island évidemment. Ils le savent mais je ne les blâme pas de ne pas sauter au plafond. Tout est mort, comme une terre brulée.

Vive le roi

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Ce matin j’ai fait tout le trajet en métro de chez moi au bureau avec un prêcheur. Au début c’était super amusant. Ensuite c’est devenu absolument horripilant. J’ai cru que c’était parce qu’il avait haussé le ton, mais en fait c’est ce qu’il racontait qui devenait borderline et nauséabond.

Pourtant je suis très bon public. Friande même de théories complotistes et autres bullshit illuminati je trouve ça plein de poésie et très cute. En plus, je pense que le second degrès c’est super primordial, aussi j’ai appris à rire des blagues néo-nazies de l’Artiste par exemple.

Son créneau: la décadence avancée de la société conduit à une fin du monde inéluctable et très proche (genre sous 3 semaines).

D’abord je trouve ça étrange que tellement de gens nous parle de bérézina morale.

J’ai le sentiment que le nouveau cool c’est d’être tradi. Les faux cols, la virginité avant le mariage, les « véritables-valeurs-authentiques »,… Etre oldschool c’est à peu près le seul truc à faire pour être de son temps en 2012. C’est pour ca que je veux m’acheter un Barbour.

Mon prêcheur hurlait sur tout le monde. Sortant de ma torpeur confortable je commence vraiment à écouter ce qu’il assène avec une conviction improbable (du fait qu’il est 8h15).

« Quand je suis arrivé à New York les homosexuels avaient honte de parler de leur mode de vie, maintenant ils en parlent à qui veut l’entendre. »

Ah les saligauds! Ils parlent aux gens! Vous vous rendez compte?! Terrorisme, clairement.

Bon je ne vais pas vous raconter toutes ses saillies verbales, à part le tremblement de terre géant qui détruira New York et le monde en décembre (un peu maya sur les bord le mec, on ne sait pas trop comment ça se passe là dedans) –comme ça au cas où c’était vrai, on pourra dire que j’avais relayé l’info-, il n’y avait que du classique voire banal Paco Rabanne. A un moment, une jeune minette métisse et qui portait un sublime duffle coat camel (ne cherchez pas, ce détail n’a aucun intérêt), a fini par lui dire qu’il était libre de penser et dire ce qu’il voulait (#Americaaaa), mais que c’était pas ok de hurler sur les gens. Je pense qu’elle avait raison, mais comme je ne pouvais pas sortir de mon mutisme matinal je me suis contentée de regarder avec mon regard-de-la-mort le prêcheur en signe de soutien. Le prêcheur a vociféré qu’il n’entendait pas recevoir des conseils d’une lesbienne déviante.

J’ai donc trituré dans ma tête tout ce que j’aurais pu dire. Puis c’était ma station alors je suis sortie en me disant que la seule bonne réaction aurait été de l’enlacer en chantant Stop In The Name Of Love, c’est à dire bien trop d’effort. Même pour lutter contre le crypto-fascisme intégriste, je ne peux pas mobiliser mon attention plus d’une minute avant 9h du matin. C’est très triste.

Doomsday

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Motto

J’aime bien envoyer des messages inspirationnels à mes amis. J’essaie de partir de ce qui m’entoure, des traditions énergiques new-yorkaises, de leur transmettre cet esprit dynamique d’entrepreneur enthousiaste américain…

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