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Yasmina Reza

On a vu l’artiste.

Ça nous a bien mis les méninges à chaud. Ce qu’il y a de formidable avec ce jeune homme c’est le déséquilibre entre ses peurs du monde, de l’avenir, de sa création; et ses certitudes de plomb sur ses valeurs, la hiérarchisation qualitative de l’humanité, ce qui est bien en général.

Il est assez grand et propre sur lui. Sa tignasse rousse est totalement imprévisible. Le look de l’artiste est celui d’un intello en 89. Comme je le connais depuis très longtemps, je l’aime beaucoup. Ses déviances et son auto centrisme ne me gênent plus vraiment. Et puis, il y a sa musique:

J’ai une grande tante complètement mystique, vieille fille et pleine de convictions. Elle est intense comme on dit ici. Impossible de lui dire qu’elle a des jolies chaussures ou de parler de la météo.

Même chose avec l’artiste. Rien n’est anodin –ce qui ne veut pas dire que rien n’est léger. Jusqu’à ces amourettes dont on ne peut parler qu’en ayant en tête la déviance douce du Humbert Humbert qu’il pourrait devenir ou son contre féminisme un brin réactionnaire. Tout est pensées, réflexions, et mises en perspective. Et c’est bien. Mais dense.

Parfois je me dis aussi qu’il y a un peu « d’entre soi ». Quand je nous entend name dropper des auteurs morts à chaque coin de phrase par exemple.

Il y a 4 ans je m’étais acheté un t-shirt qui portait l’inscription « Art is dirty job but someone has to do it« . Je trouvais le message un peu débile mais j’adorais le coton gris chiné. Mais quand je pense à l’artiste, ces mots prennent tout leur sens.

On part à la Nouvelle Orleans.

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Retrouvez quelqu’un ça n’est pas seulement des scènes d’aéroports. Je ne sais si c’est propre à la distance, ou bien si, même au quotidien, on finit par perdre un peu la mesure des relations qu’on entretient avec les individus. De quoi s’agit-il ?

Je n’arrive pas à retrouver ça sur le blog donc je ne sais plus si je l’ai déjà raconté, mais en septembre un copain à moi est venu travailler une semaine à New York. On a passé un samedi matin ultimement new-yorkais sur mon canapé, gobelets en cartons dans les mains et traits d’humour franco-américain. J’avais trop l’impression d’être Garance Doré.

Bref ce mec fait de la vidéo aussi. Parfois dans ma bande parisienne j’ai l’impression d’avoir 80 ans en parlant du bureau, du « plan » quinquennal de ma vie –et c’est nul parce que je passe aussi mon temps à dire :

« Si tu as un wok et un PEL, tu as 80 ans, et tu es un bouffon. »

D’autant plus que mes amis étudient le catalan oriental à la fac, sont dans l’évènementiel bio pour deux mois avant de repartir sur un projet en Afrique du Sud, ou cumulent les stages dans des micro-boites totalement borderline tout en gérant leur compagnie de spectacle vivant, ou en bartendant toutes les nuits.

Mais, lui, le videomaker, est différent. Il a hâte d’y arriver.

On parle donc souvent des « projets » de nos « bureaux » et des « crews » ou des problèmes divers de « prod ».

Cet autre matin donc on parlait des montagnes russes de la vie de crew, justement. A un moment où tu es super concentré, tu vis en moyenne de 4 à 48h de pressage de citron avec ton chef op, et en cas de luxe extrême, ton preneur de son. Pour que le boulot soit fait, tu es OBLIGE de bien entendre avec les mecs. Quand c’est fini, tout le monde rentre chez soi et on ne se voit plus. Alors que la veille on ne pouvait pas même envisager de quitter la pièce sans leur dire.

Du coup, on voit d’autres gens. Ce n’est pas plus mal d’avoir d’autres amis. Ça évite de se retrouver à parler tout le temps « d’images carrées », « de vrais sujets », et autres « red chef vraiment derrière toi/complètement con » (les deux seules possibilités pour catégoriser un rédacteur en chef, donc mieux vaut ne pas se planter).

Et en même temps, on en revient toujours à ce dont je parlais l’autre jour: les sas de décompression.

Donc, voici ma question : est-ce une question de lieu (déracinement tout ça) ou de temporalité (balbutiement d’une pseudo-carrière tout ça)?

Toujours est-il que les interactions humaines ne sont pas normales et équilibrées en ce moment.

On considère les gens plus ou moins en 2 groupes.

– Soit comme des semblables tellement proches qu’on ne se pose même pas la question de les ennuyer ou non en leur parlant de ces points de niveaux qu’on a fait sur une piste audio pendant 20 minutes (« nan mais c’était trop la merde je couvrais un concert on était plugué sur la console mais c’était sature et comme ce red chef est un gros con j’avais pas le temps de mixer… ») -je n’imposerai même pas ce genre de conversation à ma mère.

– Soit comme des gens intéressants mais qui demandent un certain investissement.

 

Qu’ils soient des frères d’armes ou des oiseaux rares, mes interlocuteurs n’ont rien d’intime. Je parle de travail, ou du sens du monde (l’allemand), de philosophie européenne (l’artiste), de son vagin (la militante),…

 

Pas étonnant qu’il faille un peu de réajustement pour se positionner sur la carte du tendre. On a beau être « su-per-con-nectés« , 5832 kilomètres : c’est beaucoup. (la phrase à 10 000 dollars)

On n’est jamais au bout de ses surprises en retrouvant quelqu’un.

Homo homini lupus est

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Jour de chance

J’ai tellement hâte d’être en vacances. TELLEMENT. TELLEMENT. TELLEMENT.

Sinon j’ai reçu des care packages à foison.

CRouveyrolles

Y compris cette écharpe carrément MAGNIFIQUE.

CRouveyrolles

CRouveyrolles

 

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Hier je parlais à un très très bon ami à moi. Nous n’avons pas tant de différence d’âge mais plutôt que de faire un discernement chez les jésuites, j’aimerais autant lui demander son avis en cas de force majeure.

On a bavardé pendant un bon moment. Comme d’habitude son amusement face aux bobos, lui qui a passé 10 ans à monter des boites en travaillant 18 heures par jour, puis plusieurs mois à méditer dans un ashram et à se faire des copains soufis pour savoir ce qu’il voulait faire -et finalement décider de ne rien faire pendant un moment; tous ces projets fous ou simplement nobles et beaux, et enfin ses petits yeux en quarts de lune: tout est délicieux chez cet homme-yogi. (reprenons notre souffle après ce qui est certainement la-phrase-la-plus-longue-du-monde)

Quoiqu’il en soit, je viens à lui parler de mes grandes difficultés sociales. Quand vous arrivez très tard à une fête où tout le monde est ivre et vous êtes sobre comme un tabouret, vous vous sentez en demi teinte. Il y a vraiment quelque chose qui vous échappe. A l’inverse prendre un verre avec quelqu’un de profondément déprimé quand on est amoureux ou super excité par un nouveau projet vous barre la route de l’empathie. J’ai l’impression de vivre ça à cause de mon travail. J’adore absolument ce que je fais. Mais je n’ai pas sas de décompression. Je rêve de mise au point et parfois même de balance des blancs (alors que : ALLO-JE-N’AI-QUASIMMENT-JAMAIS-LA-CAMERA-DANS-LES-MAINS-#LeDrameDeSaVie).

Comme beaucoup de gens, un de mes premiers gestes le matin est de regarder mes mails du bureau -avec un sentiment très coupable, pour tout dire je pourrai autant manger un pot de saindoux au réveil j’aurais ce même sentiment de faire quelque chose de complètement malsain et presque morbide.

En conséquence, je ne peux (facilement) boire des bières qu’avec des gens qui travaillent dans les médias.

Dans tous autres cas de figure : pendant les 20 premières minutes de conversation j’interviewerai -vraiment- mon pote, c’est à dire que je lui poserai des questions comme on en pose à quelqu’un pour le faire accoucher de ce qu’il pense vraiment -bonjour les copains-, ou bien je n’arriverai pas à sentir ce qu’il me raconte (le fameux syndrome « mais de quoi il me parle? »).

Mon ami-yogi me disait qu’il connaissait bien ce phénomène propre à sa vie antérieure.

Il me conseille de ne rien faire pendant 48h avant de voir un ami. Ne rien faire -ou plutôt se « recentrer », certainement plus ou moins la même chose- semble être sa réponse à tout.

Bien qu’assez contraignant en termes d’emploi du temps, ça me semble une bonne solution.

Donc comme on dit ici: « je travaille la dessus ».

Yogi

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Mime a la copine d’une amie de l’ex d’un cousin – ou à peu près – en goguette à Big-Apple-City. Elle est française, il paraît qu’elle est super sex et un peu légère, et elle revient d’un tour du monde avec son mec.

On est arrivé chez eux au 48e étage. L’appart est relativement petit, mais comme un glaçon, entouré de baies vitrées.

Eux, ils sont bien plus pimpants que prévus. Elle est effectivement très belle. Lui , est moins gracieux, mais souriant, et il a une voix… Le croisement entre Alain Delon et Gérard Darmon. Leurs valises sont à peines défaites de LA. Ils mangent du fromage français. Ils sortent d’une comédie de Marc Esposito.

Ils sentent Paris malgré le sable au fond de leur poche.

Leur histoire si elle n’est pas d’une excentricité folle, a le charme des projets qui se réalisent. Ils sont donc partout pour un tour de plages du monde avec un budget bien ficelé, en lâchant leur boulot et leur appart. Ils se connaissaient depuis quatre mois. Et là ils reviennent doucement. Elle a la Grade Ourse lamée dans ses yeux bleus lagon. Ils racontent des histoires de mormons rencontrés aux îles Fidji et de néonazis (une soirée sans l’évocation de nénoazi, ça craint…) en Australie. Trop inspiring.

Tu aimerais te dire que ce genre de phénomènes est totalement imbécile ou à moité taré. En fait, ils ne sont même pas cons.

Paris ne me manque jamais, mais en les voyant, le raffinement simple et étudié de mon existence parisienne m’a presque manqué. En même c’est à se demander s’ils ne sont pas trop glamour pour être rencontrés ailleurs qu’à New York.

On a parlé du conflit israélo-palestinien (évidément), de psychanalyse (sans dire de conneries), de musique (avec honnêteté), de mormons (j’adore), de Karachi (sinon à quoi ça sert de rencontrer des Français), d’identités et d’art de vivre (de quoi d’autre?)…

Exquis.

Et pour le coup, so French.

Ce soir des Américains viennent pour un dîner français chez nous.

De charmants français

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