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Une enfant s’est moquée de mon iPod l’autre jour.

J’ai eu beau lui raconter que c’est un iPod qui a toute une histoire. J’ai d’abord eu un iPod pour mon bac. C’était le plus beau jouet du monde. J’avais fait graver dessus « une jeunesse sans idéaux est une jeunesse perdue« . Je l’avais appelé Pompidou. Et puis on me l’a volé dans une salle d’examen d’un IEP de province.

Une fille avait filé avec mon sac, profitant de la vulnérabilité d’une pauvre hypokhâgneuse en fin de course du marathon des concours. Je l’avais coursée pour lui casser la gueule. Mais en vain. Du coup j’en ai eu un deuxième (#Spoiled), que j’ai appelé Barack Obama, parce que j’avais cette prof d’anglais qui nous préparait aux IEP et qui parlait de lui avec des cœurs dans l’iris. En 2008 je me suis félicitée.

En 2010 je l’ai oublié à Bir Zeit. Et puis en décembre 2011, mon ami de Bir Zeit l’avait laissé à une palestinienne devenue parisienne, et le moustachu l’avait récupéré pour me l’apporter à New York.

En l’écoutant je me souviens que j’adorais TTC (si j’étais née en 93, aurais-je adoré OrelSan ?), Justice, et que j’écoutais la Star Ac libanaise à fond en allant en cours. Donc c’est tout une histoire d’amitié franco-orientalo-américaine et c’est un grigri d’adolescente des années 2000. Et puis il y a un vieil autocollant de Super Mario dessus, je l’ai acheté avec un Allemand rencontré à Acre avec qui j’avais vécu une histoire à mi chemin entre Barbara Cartland et Lawrence d’Arabie.

 

Pas de débat: ce sera une pièce forte du musée qui me sera consacré.

***J’ai bien conscience que tout ça est très David Abikerien, mais bon aujourd’hui il ne s’est pas passé grand chose pour l’instant***

Sauf que tout ça, un enfant né après 2000 ne peut pas le comprendre. Ici lors de mes diverses activités de journaliste baby-sitter et de tutrice hors pair, je vois de plus en plus d’enfants jouer ou pseudo travailler sur des iPads. Cet été j’ai fait une interview avec le directeur d’une école du futur. Avenues a un programme international, mondialisé et réservés aux enfants hyper smart ce qui m’amuse puisque c’est l’école de Suri Cruise, elle y entre à 6 ans après avoir été homeschooled dans une cocotte minute sans autre enfant, et on the top of that, scientologue. Elle doit être sacrément à la ramasse. Ce directeur me disait que tous les devoirs se faisaient par iPad. Même les petits nouveaux de 2 ans et demi ont un iPad au lieu des Clairefontaine de rigueur.

Bref la petite fille moqueuse dont je vous parlais, qui n’est pas Suri Cruise, n’assistera jamais aux querelles Anciens-Nouveaux auxquelles ma génération a eu droit. C’est elle la vraie digital native.

***Attention, subversif: J’en profite pour dire que les appellations « générations -…-«  m’agacent par dessus tout ***Fin de ce court pamphlet corrosif***

 

Voila: c’était vraiment très intéressant, non?

 

Sinon ce soir: big time, les enfants.

David Abiker

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Gilles Lipovetsky

L’autre soir j’ai été à une blind date -une blind date amicale, calmons nous.

Ai-je déjà mentionné mon ami Gat sur ce blog? Quand je l’ai rencontré je croyais que c’était un Jean-Paul hipster. Après j’ai compris qu’il était un Jean-Paul hipster de l’intérieur, un peu malgré lui. Le genre le plus noble du hipster à mon sens.

Gat, à gauche. 2010

C’est un mec qui a beaucoup de style mais sans le cote show off. Gat, c’est l’anti-Vice. Il est pointu sans en faire un statement. Il est dans le vent, sincèrement. Bref: complètement fab le mec.

Tout ça pour dire que quand il m’a écrit un mail pour me présenter à un Allemand fraichement débarqué à Gotham, je me suis dit que je rencontrerais l’allemand bien volontiers.

Précision: depuis que je suis ici je reçois souvent ce genre de mails, du style: « you guys! OMG! You should TOTALLY hang out!« . D’habitude ça m’agace un peu vu que j’ai déjà plein de potes (du fait que je suis une star) que je n’arrive pas à voir ici, que je n’ai pas le temps ni pour baby-sitter (ah si en fait! c’est même la principale source de revenus!), ni pour les rencontres arrangées.

En plus pour peu que je sois dans un mauvais jour, je me demande toujours pourquoi on m’envoie ce mail. Est-ce que je dégage l’image d’une aphasique à moitié débile perdue dans la ville à baver seule sur un banc du métro? Une handicapée sociale maladroite et introvertie dont le clou de la semaine est de prendre le ferry aller-retour pour Staten Island en mangeant des frites? Ou alors une Sur-femme qui aurait besoin d’une cour? Une Mère Thérèsa Sainte New-Yorkaise qui ferait des nouveaux arrivants ces protégés? On se demande.

Il y a en plus toujours un cote gauche à ce genre de rendez-vous; on ne sait pas trop quoi se dire, on n’a pas non plus un intérêt dément pour le ou la newbie en question… Car généralement le pote qui vous a envoyé le mail a juste mentionné que vous habitiez tous les deux New York (DINGUE LE TRUC!!!!! comme par ailleurs un paquet du monde, donc ce point commun a ses limites), ou alors il vous a totalement survendu. Auquel cas, vous savez qu’il a survendu la personne a qui vous allez proposer un verre. Le taux de réussite de cette entreprise est donc autour de 40%*.

Mais comme Gat est un bon gars, je voyais cette rencontre d’un bon œil. Et je n’avais pas tort. L’Allemand est un mec sensass (je vous épargne le wunderbar etc). Mais plus important encore, il a une conversation formidable -et je ne dis pas ça juste parce qu’on est systématiquement  d’accord.

Cette conversation, je m’en vais vous la conter.

J’entends souvent les genre dire « génération /remplacer par le bullshit de votre choix/« .

On le dit de la série Girls. J’aime bien cette série mais j’espère que les gens se trompent.

CRouveyrolles

Girls, une bonne série mais tu ne veux pas ressembler aux personnages.

J’espère que ma génération n’est pas aussi névrosée par sa précarité (la précarité les enfants, c’est un tremplin -et tant qu’on pourra faire du baby-sitting et travailler 15 heures par jour je ne vois vraiment pas de quoi on pourrait se plaindre), sexuellement inepte, sous-compétente et peu débrouillarde, désengagée (« une jeunesse sans idéologie est une jeunesse perdue »: méditez), hagarde et bavante.

Vu qu’on a pas eu de guerre mondiale pour se romantiser en héros épiques, ni de Woodstock, ni de Studio 54, ni la naissance du hip hop, il va falloir trouver autre chose que Girls. Soyons sérieux. S’identifier à Girls ce serait comme s’identifier aux Furbiz.

Malgré tout ça, la conversation que j’ai eu avec le Super Allemand était très générationnelle, justement.

Les thèmes et la façon de les aborder sont totalement dans l’air du temps. Super Allemand, c’est la voix d’une génération. No offense Lena.

Il y était question d’intégrité. Est-on bien fidèle à ses principes? Mettons nous des idées dans ce que nous faisons? Il semblerait que globalement nous sommes plutôt des veaux marins aliénés à l’instant. En même temps, l’essentiel c’est de le savoir.

J’aime bien cette idée que peu importent les raisons d’agir, il en faut juste de légitimes pour ne pas être totalement crétins (voire pour ne pas être un con).

Autre thème récurrent: le fil d’Ariane. Souvent quand mes copaings viennent me voir ici, je me rends compte qu’ils sont moyen heureux de ce qu’ils font. Il y a deux ans j’avais une ribambelle de gens de qualité autour de moi qui ne savaient tout simplement pas quoi faire.

Réponse habituelle et certainement bien vue: trop de possibilités nous paralysent. Vous connaissez la chanson.

Intéressante réponse de l’Allemand: qui distingue se trouver une utilité (gagner plein de pognon, aider des gens, exprimer sa créativité,…) de trouver un travail (beaucoup plus hasardeux).

Note particulièrement dans l’air du temps: on est tous les deux l’anti syndrome Sinatra. On a tous les deux habité dans plusieurs villes ces quatre dernières années. New York est une ville fantastique, mais pour nous c’est une ville du XXème siècle. Le fantasme est mort. Tous les deux nous sommes des enfants gâtés, un peu blasés par cette ville qui nous séduit moins que les destinations plus exotiques où nous avions posé nos valises ces dernières années.

On partageait tous les deux le sentiment que depuis la sortie du lycée tout s’était déroulé sans qu’on puisse prendre du recul pour être entièrement partie prenante du cheminement. D’ailleurs quand on dit « mes études » on voit bien l’idée: travailler plus ou moins comme un bœuf et avoir la tête dans le guidon (ce qui n’est pas possible vu que les bœuf ne font pas de vélo). On a accès au gouvernail, mais tout s’enchaine en fonction d’opportunité plus que de décisions muries au soleil. Peut-être que la construction d’un bagage, d’un cv, puis d’une carrière n’est qu’un mythe -breaking news! En même temps je connais beaucoup de profils « man with a plan« , qui tel Kim Jong-il (RIP bro) ont une vision. Il faut bien que quelques uns s’en sortent. Sinon qui pourrait avoir un PEL, une liste de courses, un abonnement à Valeurs actuelles? (je soutiens mes amis journalistes opprimés). Ni l’Allemand, ni moi en tous cas. On est trop busy à interroger le sens de la vie dans une perspective post-moderne et post-marxiste afin d’incarner la voie d’une génération.

A Man With A Plan

*Selon une étude très sérieuse de l’Université du Texas réalisée en 1989 par le professeur Goldschrtruf et moi-même.

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Je pensais à toute la soupe cérébrale qui se met en branle chez moi quand je pense aux reporters de guerre. Surtout quand je vois mon ami Don Juan dont le hobby préféré est de les démystifier.
Et voila ce que ça m’inspirait:


Rien à voir, mais j’ai aussi été chercher à l’école une petite fille de 6 ans à qui je donne des cours de français.
Elle va au Lycée Français. Une sorte d’institution de l’Upper East, dont le bâtiment me rappelle beaucoup mon collège des Hauts de Seine.
Comme d’habitude, sur un banc à l’ombre des nannies africaines ou haitiennes font dorer leurs corps sculpturaux de déesses de la fertilité au soleil; plus près de la porte deux groupes, d’un coté les mamans New-Yorkaises, d’adoption ou non, pour lesquelles le mot preppy a été inventé -jamais vu autant de sacs de créateurs depuis la dernière fois que je fréquentais un habilleur de défilé-, et le gang des nounous maghrébines champêtrement voilées ou non et qui caquètent avec beaucoup d’entrain. Ici et là quelques jeunes filles comme moi, étudiante, stagiaire, chercheuse ou enamourées d’un homme qui vit ici.
Bref tout ceci est fort beau, et je m’en remplis les mirettes quand tout à coup, je la vois. Cette actrice française dont je sais qu’elle habite la ville. Cette actrice que mon ancien amoureux convoitait tellement, pour des raisons de réseau professionnel, une fois n’est pas coutume. Cette actrice que j’ai vu jouer plusieurs fois avec beaucoup de plaisir.

Je sais que ce n’est pas du tout le contexte, mais elle crevait l’écran. C’était Sainte Barbara venant chercher ses enfants au LFNY. Étincelante et charmante.

Je raconte ça à ma chère amie de 6 ans. Elle me répond que la maman du petit David dans sa classe est aussi « famous« . C’est une chanteuse américaine. Je me dis que ça ne peut pas être aussi cool que Sainte Barbara.

Si, en fait. Puisque la maman du petit David, me confie une nanny, c’est Madonna.

Voila, c’est tout pour la page 6.

Page 6

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