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Hier je marchais jusqu’à chez Miss America en écoutant les Supremes. J’avais la chaire de poule. D’abord parce qu’il fait froid, genre super froid, genre moins mille degrés, genre la mort. Ensuite parce que l’effervescence de cette dernière année autour de l’élection, ici et ailleurs, me rendait fébrile.

Certains pensent même qu’on en fait trop:

CRouveyrolles

Moi je trouve ça grisant, mais c’est sans doute parce que je suis très bon public.

Chez Miss America, le feu électrique grille. On regarde CBS en se racontant les derniers gossips du moment -on « catch up » comme aiment faire les Américains. On rigole comme des patates devant le coté très premier degrés de Scott Pelley et de ses copains.

Ils ont un petit air de ce que je vous avais partagé.

La blonde n’avait pas voté, et elle ne savait pas que Mitt Romney était mormon -clairement le plus gros enjeu de la campagne les amis!-. Parfois je me demande pourquoi je fais ce métier. Personne n’en a rien foutre de l’actualité.

Et puis il a été élu. J’ai déjà raconté ça 700 milliards de fois, mais je voudrais rappeler qu’il y a un truc entre Obama et moi. On peut dire sans exagérer que nous avons commencé nos carrières le même jour. On est de la même promo. J’ai signé ma première pige payée grâce à un piston. Si vous avez suivi les derniers épisodes, en novembre 2008 j’étais à Ramallah, où je collais aux basques de trois types: Don Juan, Dieu, et Zorro. Et cette brillante pige c’est justement Dieu qui me l’avait filée, Zorro qui l’avait relue et Don Juan qui me l’avait débriefée. C’est l’ acte fondateur qui a permis à la padawan de devenir la star du journalisme international que je suis aujourd’hui.

Donc je peux vous dire que cette élection, j’en faisais une affaire (en partie) personnelle.

Donc voila, bravo Barack.

Je suis une route semée d’embuches, toi aussi; mais quelque chose me dit qu’on est quand même sur la bonne voie. Rendez-vous dans 4 ans pour un autre bilan.

Après les réseaux-socialeries d’usages, et des embrassades émues avec Miss America, j’ai pris la route de Brooklyn, avec un B comme Barack.

Professeur Tournesol était dans bar haïtien en bas de chez moi donc je suis passée. Il m’avait raconté plus tôt au téléphone une embrouille de pigistes digne des Rois Maudits, je voulais aller l’assurer de mon soutien (même si on a vu qu’il ne vaut pas grand chose).

C’etait super packed (un jeu de mot! ahah). Comme d’habitude, avec sa coloc, on était les seuls caucasiens. Les gens étaient chauds bouillants mais aussi assez éméchés donc je ne sais ce qu’il faut en déduire.

Le patron du bar, un grand haïtien sec et toujours tirés à quatre épingles (look Yves saint Laurent assez appréciable) me racontait ses années françaises et pompidoliennes (comme l’évocation de Pompidou, Pierre Mendès France ou Mick Jagger suscite généralement chez moi autant d’excitation que l’évocation de Justin Bieber chez les filles de 12 ans…). Il a expliqué au Professeur Tournesol qu’il aimait bien Reagan parce qu’il avait donné plein de thunes à l’Afrique, pourquoi pas. Après il y a eu le discours de Barack. J’ai adoré sa cassededi à Joe Biden en mode « BFF ».

Et sinon, dans un tout autre registre, aujourd’hui j’interviewais un mec donc le commerce a été méga inondé par Sandy. Détail notable: il portait un Barbour, mais pas le modèle que je veux pour ceux qui se demandent.

Bon ce mec est italien, trop sympa et caviste, beaucoup d’éléments favorables. Ou peut être que je suis juste quelqu’un qui a beaucoup d’empathie. Depuis trois mois, c’est-à-dire quand j’ai découvert son existence en fait, je pense à cette phrase d’HBM: « le journalisme c’est le contact et la distance« . C’est mon nouveau motto. J’en ai besoin parce que je passe mon temps à trouver les gens trop cools, et c’est un problème.

BREF, ce type avait perdu des centaines de milliers de dollars et il avait rouvert plus ou moins 48h après l’ouragan. Il a reconstruit les deux tiers de sa boutique en 10 jours, et j’avais envie de lui dire bravissimo (ahah).

CRouveyrolles

Dans les rues autour du Brooklyn Bridge tout était fermé. Le quartier vient de récupérer le gaz. Ils ont de la chance par rapport aux habitants de Long Island évidemment. Ils le savent mais je ne les blâme pas de ne pas sauter au plafond. Tout est mort, comme une terre brulée.

Vive le roi

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Une enfant s’est moquée de mon iPod l’autre jour.

J’ai eu beau lui raconter que c’est un iPod qui a toute une histoire. J’ai d’abord eu un iPod pour mon bac. C’était le plus beau jouet du monde. J’avais fait graver dessus « une jeunesse sans idéaux est une jeunesse perdue« . Je l’avais appelé Pompidou. Et puis on me l’a volé dans une salle d’examen d’un IEP de province.

Une fille avait filé avec mon sac, profitant de la vulnérabilité d’une pauvre hypokhâgneuse en fin de course du marathon des concours. Je l’avais coursée pour lui casser la gueule. Mais en vain. Du coup j’en ai eu un deuxième (#Spoiled), que j’ai appelé Barack Obama, parce que j’avais cette prof d’anglais qui nous préparait aux IEP et qui parlait de lui avec des cœurs dans l’iris. En 2008 je me suis félicitée.

En 2010 je l’ai oublié à Bir Zeit. Et puis en décembre 2011, mon ami de Bir Zeit l’avait laissé à une palestinienne devenue parisienne, et le moustachu l’avait récupéré pour me l’apporter à New York.

En l’écoutant je me souviens que j’adorais TTC (si j’étais née en 93, aurais-je adoré OrelSan ?), Justice, et que j’écoutais la Star Ac libanaise à fond en allant en cours. Donc c’est tout une histoire d’amitié franco-orientalo-américaine et c’est un grigri d’adolescente des années 2000. Et puis il y a un vieil autocollant de Super Mario dessus, je l’ai acheté avec un Allemand rencontré à Acre avec qui j’avais vécu une histoire à mi chemin entre Barbara Cartland et Lawrence d’Arabie.

 

Pas de débat: ce sera une pièce forte du musée qui me sera consacré.

***J’ai bien conscience que tout ça est très David Abikerien, mais bon aujourd’hui il ne s’est pas passé grand chose pour l’instant***

Sauf que tout ça, un enfant né après 2000 ne peut pas le comprendre. Ici lors de mes diverses activités de journaliste baby-sitter et de tutrice hors pair, je vois de plus en plus d’enfants jouer ou pseudo travailler sur des iPads. Cet été j’ai fait une interview avec le directeur d’une école du futur. Avenues a un programme international, mondialisé et réservés aux enfants hyper smart ce qui m’amuse puisque c’est l’école de Suri Cruise, elle y entre à 6 ans après avoir été homeschooled dans une cocotte minute sans autre enfant, et on the top of that, scientologue. Elle doit être sacrément à la ramasse. Ce directeur me disait que tous les devoirs se faisaient par iPad. Même les petits nouveaux de 2 ans et demi ont un iPad au lieu des Clairefontaine de rigueur.

Bref la petite fille moqueuse dont je vous parlais, qui n’est pas Suri Cruise, n’assistera jamais aux querelles Anciens-Nouveaux auxquelles ma génération a eu droit. C’est elle la vraie digital native.

***Attention, subversif: J’en profite pour dire que les appellations « générations -…-«  m’agacent par dessus tout ***Fin de ce court pamphlet corrosif***

 

Voila: c’était vraiment très intéressant, non?

 

Sinon ce soir: big time, les enfants.

David Abiker

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