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J’allais chercher mon ami moustachu à l’aéroport. Il y avait de la promotion sociale dans l’air puisque c’était à JFK-véritable aéroport international, et pas à Newark comme la dernière fois –Newark : véritable aéroport pour les pauvres et les gens du New Jersey (c’est-à-dire la même chose je crois). Mais en fait je ne pensais pas vraiment à ça. J’étais concentrée sur mon BlackBerry pour finir un brief « urgent-si-tu-ne-l’envoie-pas-tout-de-suite-tu-vas-mourir-la-boite-va-couler-le-journalisme-s’écrouler-a-cause-de-toi-et-ce-sera-la-Fin-du-Monde-et-la-Mort ».

Donc au final j’arrive au terminal où la moitié de l’Indonésie attend l’autre moitié de l’Indonésie. Il y a un petit coté spectaculaire dans ces arrivées sporadiques de gens tirant des valises, azimutés par le vol. On reconnait les quelques Francais du vol de Paris.

Ça a beau être un vol charter il y a les pépettes qui ont lu trop d’ « essentiels de stars » dans Glamour (attention entendons nous bien: j’adore lire ce genre de trucs), et qui sortent donc enroulées dans leur pyjama en cachemire pilou, lunettes de soleil sur le nez (allo : il est 22h) et se tartinant de baumes divers (parce que « l’avion ça déshydrate TELLEMENT »). Il y a les couples dont tu sens que l’un des deux a déjà potassé le guide en long et en large et est bien décidé à faire sien New York; cherchant d’un air convaincu le AirTrain, agrippé à son post it avec l’adresse de l’hôtel. Il y a les Francais de New York, bagages de taille à peu près normal et sacs Monoprix au bout des bras en cas de mal du pays. Il y a les Américains: même chose mais avec un sac Ladurée. Et puis il y avait mon moustachu.

Et quand il est arrivé, ça a été une scène de cinéma. Évidemment.

Movie Star

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Belle De Jour

J’ai accompagné l’Intellectuelle voir un film qui est une merveille, je le savais, Belle de Jour. Tout ce que j’aime, bourgeois à souhait. C’est un film exceptionnel, tout comme le livre dont il est tiré. Vous savez sûrement tout ça. La beauté du truc consiste à parler de déviance avec pudeur. Livre et film rappelle l’universalité et la banalité de la perversion. Catherine Deneuve est carrément trop bonnasse.

Les Américains qui n’ont rien compris, ont rigolé au moindre silence. Les scènes un peu sexy les amusaient parfois. Les scènes ambigues beaucoup moins. Mais je crois que je suis en ce moment atteinte d’une Téléramite aigue, donc je dis sûrement n’importe quoi.

CRouveyrolles

Cette petite épiphanie culturelle avait lieu au reRun.

Comment vous décrire le reRun? C’est le Lucernaire new-yorkais. Pour les ploucs nos amis non-Parisiens, le Lucernaire est lieu qui réussit à avoir (1) les étals de bouquins bourrés de théories théâtrales que même Juliette Binoche et Denis Podalydès n’ont pas du lire et de sombres traités sur les ressources naturelles chez les Aztèques auto-edités à l’Harmattan, (2) un resto cantine cheap ET snob, (3) une programmation ciné et théâtre pointue -dans tous les sens du terme.

D’ailleurs le reRun se définit comme un « Gastropub » pour amoureux de films indés. Gastropub, c’est typiquement un mot new-yorkais. On est un peu « gastro » (ahah): donc vous en aurez pour votre argent, on vous jure que ce ne sera pas trop crado. On est un peu « pub »: ce sera démentiellement authentique. Un concept un peu débilos. Un mot qui fait totale symétrie avec notre mot « bobo ».

L’Intello et son petit groupe de potes ont d’ailleurs conclu leur dîner là-bas avant la séance par des projets d’orgies gastronomiques à base de homards. C’était chic.

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J’étais chez l’Intellectuelle hier soir. C’était un pre-gaming très New-Yorkais.
D’ailleurs j’aime autant vous prévenir dès maintenant, vos pupilles vont se dilater.
Je suis arrivée en retard avec mon bro et des Brooklyn Lager – sachant que ma dernière soirée avec l’intellectuelle s’était certes passée à parler de Camus, Céline (les bouquins, pas les sacs à main), et Cassavettes (le parfait bandit manchot pour vos soirées germanopratines), mais aussi à boire de la Budweiser, je me sentais donc extrêmement chic avec mon pack vert et bleu.

Déjà l’intellectuelle n’était pas là… Elle avait laissé son complice bien aimé, un homme moderne – mais si! Vous voyez le genre, un prince charmant un peu frêle mais bon danseur, brillant mais vaguement maladroit, charmant mais plus Marc Lavoine que Rocky.

Là, son voisin est arrivé dans le micro appart. Indien, investisseur pour George Soros, les yeux (mi-clos) grands et noir, le propos zen, et amateur d’indé finlandaise et fermentée.

A ce point de la soirée on aurait pu être dans le pire des épisodes de Friends ça n’aurait étonné personne.

Le coloc de l’intellectuelle est arrivé avec un phénomène que les amateurs de Friends qualifieraient de « sacrée bombasse ». Elle portait un costume d’époque de Friends, c’était très dommage.

Le coloc réussit le pari exceptionnel d’être:
– galeriste d’art,
– cocaïnomane,
– grand, scoliosé, et détenteur du même modèle de lunettes que les cadres du parti en 1961 – revisités par Prada,
– libertin,
– démocrate,

Pour ne rien gâcher, il a une descente que j’aimerais pas remonter a vélo.

Entre lui et le voisin maharadja porté sur le macrobiotique et le recentrage du chi, même une soirée dans les toilettes d’André le soir de la fermeture de Cannes est moins sexy.

L’intellectuelle a fini par rentrer. Tout le monde mangeait des minis bretzels en dansant sur de l’eurodance des nineties.

Rejointe par les deux acteurs de son film sur un triangle amoureux, elle irradiait.

Dans ce film vous aurez la joie de voir cette créature portant le costume folklorique de Williamsburg. (sans rire, cette fille n’a pas seulement un nom francais, elle est exquise, douée et superficiellement sulfureuse – ce qui est toujours touchant).

Le triangle

Le triangle

Il a beaucoup été question de « New York, ville de tous les possibles« .

Ironiquement, la conversation filant je ne pouvais pas m’empêcher de fixer un hippopotame-sanglier en papier mâché sur la bibliothèque. Indispensable pour vos soirées en ville.

Friends

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Même si ma frequentations de saltimbanques à pantalons bouffants a incroyablement augmenté récemment, j’ai fait une exception hier soir. Faire un saut chez la cousine d’une amie. Une française très infusée dans le grand bain New Yorkais.

Elle habite un appartement rétro. Du mobilier sixties rouge se frotte à de l’électroménager photographié pour des pochettes d’albums de groupes indé. Son coloc joue du synthé debout. Une autre est une femme d’affaire de produits de luxe; seule, étrangère, alcoolique. Une autre encore est une artiste bas de gamme et encore une enfant.

Je ne sais pas si on peut poser là les bases d’une théorie systématique, mais le phénomène d’attraction irrépressible d’une communauté donnée sur une capitale mondiale spécifique se vérifie.

Aucun rapport avec les diasporas, les retours au pays en fanfare, … Je parle de tribus.

A Ramallah, on croise des adolescents à peine verts qui cherchent la Cause d’Une Vie. La Cause qui leur donnera enfin une raison de vouloir mourir. La Cause qui leur permettra enfin de résoudre la terrible question de leur identité. On croise des anarchistes dont le désir ardent de défendre la veuve, l’orphelin et les drogues douces dépasse leur intérêt pour le shampooing ( -un point de vue qui se défend).

A Beyrouth, un paquet d’orientalistes aux mégots puant le foin des Indes et aux oripeaux vaguement levantins se caressent la couenne avec volupté, chantant les louanges de ce pays incroyablement mixte et mosaïque ( -honnêtement, rendons ce mot aux carreleurs qui l’emploient bien plus noblement).

En Guyane, pas besoin de décrire ces Métropolitains bien trop blancs, amères et/ou constamment sous opiacés.

A New York il y a des gens comme cette Cousine. Une Intellectuelle. Une fan de Cinéma. Une fille qui parle de Camus comme d’autres parlent de Gros Quick. Les lunettes rondes en écaille ne trompent pas.

Elle écrit e fabuleux scénarios. Elle se raconte comme un Dickens. Elle voit le monde derrière ces petites lunettes, mais avec grandeur.

Son cercle est infini. Ils sont partout. Amusants, et contents d’eux.

Ces Français -souvent- qui sans cesse me parlent de “New York, ville debout”. Sans que je puisse discerner si c’est un homage ou un emprunt.

Only in New York, the ultimate French people

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