Archives de Tag: de passage

Ce soir mon ami moustachu et moi n’avons rien fait. On n’a même pas regardé un film. C’est vous dire. J’en faisais un drame, et le moustachu n’en avait rien à foutre. Il a dit que c’était immature.

Alors je me demande: est-ce qu’être adulte c’est accepter de ne rien faire le soir?

Comment les adultes remplissent-ils leur soirée?

Au final on a bavardé longtemps avec une amie de passage. Elle travaille pour un magazine très sérieux -contrairement à ce que son nom, Fashion Mag, pourrait laisser croire. Comme souvent quand je parle à mes compatriotes qui viennent ici, j’ai l’impression que rien n’est possible, que tout le monde rogne sur ses ambitions. Je suis donc en train de devenir américaine.

En même temps ici ce n’est pas vraiment l’extase non plus. Mes amis J-schoolers de la CUNY commencent tous à se poser la question du remboursement de leur prêt étudiant dantesque. Comme nous ils sont partis pour un an de stage. Mais bon, heureusement: c’est-le-plus-beau-métier-du-monde.

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Divers

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L’autre stagiaire s’est barré. Il a mis les voiles pour Rambouillet (il faut le faire…).

L’orchidée s’est aussi barrée pour Paris, puis les stucs de l’école en or qu’est l’ESJ Lille.

La rose s’était cassée une semaine avant, migrante économique de l’Internationale stagiaire.

 

Comme une vague de vacanciers, les Français en villégiature stagiaire sont tous rentrés dans leurs pénates, comme avant l’été l’hipsta sista, mes colocs warholiens, l’Intellectuelle et sa clique de bobos ultimes, quelques autres et avant eux, Mime.

 

L’artiste lui, est rentré de France. Tout énervé de devoir remettre la bottine lustrée en terre américaine, à New York, une ville qu’il trouve bavarde et barbare -un statement qui a le mérite d’être courageux tant les Européens ici ont tendance à faire des gorges chaudes de la « Grosse Pomme », avec une indécence vaguement coupable.

Bref, c’est la grande valse de ma poignée de gaulois personnelle mais à composition mouvante.

Je comprends ce que me disait Tintin sur le fait que tout le monde est de passage ici. C’est presque comme si personne n’habitait vraiment ici. Les gens demandent naturellement combien de temps tu comptes rester à New-York. Et ceux qui pensent rester ne sont pas New-Yorkais d’origine. C’est un peu confus, mais tout ça pour dire que New York c’est un peu comme un grand hall de gare.

En parlant de ville, l’autre jour, j’étais dans le Connecticut pour une interview (l’interview d’une spécialiste d’Angelina Jolie –ahahah). Tout ressemblait au décor de Desperate Housewives. L’interviewée (qui, pour une banlieusarde, était très bien habillée) me racontait qu’elle était venue de Californie à New York, où elle était restée 6 ans. Six ans : c’est le temps qu’il lui a fallu pour trouver un mari et pour quitter la ville avec lui. Je précise qu’ils travaillent encore tous les deux ici. Enfin bon, elle elle ne travaille pas trop vu qu’elle est spécialiste d’Angelina Jolie, donc bon, on ne sait pas trop comment ça se passe… Ils se sentent New-Yorkais.

L’histoire est en fait très classique. Mais je la trouve plutôt incompréhensible.

Les banlieusards parisiens font partie du décor à Paris, alors qu’ici même, les sur-New Yorkais sont surnommés les « bridge and tunnels » par les abrutis de Manhattan; comme s’ils venaient de vraiment loin pour infester les clubs ultra-ploucs du Meatpacking le samedi soir.

 

Bon au final le problème ce n’est pas du tout ça. Ni les gens de passage. Ni la génération stagiaire. Ni Angelina Jolie (comment Angelina pourrait-elle être un problème ?). Le problème c’est que j’ai beaucoup trop de travail pour moi toute seule. Je dois partir d’ici dans 4 mois et entre temps: passer mon permis, devenir une star de la saga documentaire et de la blogosphère, trouver un travail en Afrique, refaire des montagnes russes et retourner à Staten Island, me mettre aux pilates, gagner au loto, devenir trilingue, comprendre le succès de How I Met Your Mother, trouver un vrai bon spot pour les dumplings, tourner un clip dans le métro, écrire un livre sur les dates…

Enfin bref j’espère qu’un autre stagiaire se pointera vite. Et pas seulement parce qu’il est minuit passé et que je vous écris ce post depuis le metro dans un état de demi conscience, en tapant fébrilement sur mon iPhone comme une sociopathe, et en rentrant du bureau.

Grand Central

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