Archives de Tag: hipster

Hier avec le Breton qui n’aimait pas le Chouchen on a été interviewer un dj ultra méga branché. Il avait la peau sur les os, un bonnet fluo et une chemise à motif sud-américain ironique. Donc à partir de ça j’en déduis qu’on avait à faire à la crème de la crème de la Hype.

Ses références américaines ne dépassaient pas 81, c’est un bon indice aussi. En revanche il était plutôt sympa donc j’aurais tendance à penser que ça lui enlève des points de coolitude. Son set ne m’a pas bouleversé, mais bon ma connaissance de l’électro se limite à hocher la tête d’un air entendu quand quelqu’un autour de moi dit « Tiger Sushi », donc je dois avoir raté l’essence du truc. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde autour de moi était totalement drogué. En fait la dernière fois que j’ai vu autant de gens drogués c’était à une free party près de Tel Aviv.

Le tourneur dudit DJ nous parlait beaucoup. Il avait 25 ans mais en paraissait sérieusement 40. Des poches sous les yeux pire que Philippe Séguin. Les gestes saccadés et les anecdotes rocambolesques du cocaïnomane, Il était assis, les traits tirés, et regardait parfois dans le vide « comme si la fée clochette allait apparaitre » (sic).

A coté il y avait son pote tout en rondeur qui avait aussi l’air d’avoir 40 ans mais c’est à cause de la calvitie et du ventre de papa. Un americano-iranien juif, business man, gentil et souriant. (j’en déduis qu’il était moins branché que le tourneur- et ils le diront eux mêmes plus tard).

Quand la fête eut finie, qu’ils eurent éteint ce laser vert improbable qui balayait la salle, nous suivîmes nos deux compères dans une after « secrète » (label appliqué à tire larigot à 80% des lieux nocturnes à Williamsburg). C’était évidemment dans un entrepôt désaffecté. A vue de nez on pouvait repérer toutes les caractéristiques du made in Brooklyn: rétroprojecteur vomissant un flot d’images provocantes, absurdes et surexposées, jeunes mecs en jogging à l’air égaré, jeunes mods prenant de la cocaïne sur le dos de leur main, musique épileptique, tampon d’entrée gigantesque et à l’encre noire baveuse dont tu sais toujours qu’elle mettra trois jours à partir. Il y avait une ambiance de fin du monde un peu mainstream, et même si ‘était sympa c’était aussi un peu cliché.

Le DJ

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Il y a ce mot en anglais: « hearty« . Comme beaucoup d’autres on ne sait pas trop comment le traduire. Littéralement c’est donc tout à la fois : « cordial”, “jovial”, “franc/franche”, “vigoureux/-euse”, “solide” (appetit), “chaleureux/-euse”.

On l’utilise souvent pour qualifier un repas donc.

J’y pensais en dinant chez l’Allemand. Il habite un loft (évidemment) à Red Hook (évidemment) et cuisine très bien (nonobstant la réputation de la gastronomie allemande- évidemment). Il faut savoir que les habitants de Red Hook ne sont pas comme vous et moi. Ce ne sont pas de vulgaires hipsters non plus.

Il y a plus ou moins trois groupes. D’abord les vieux immigrés qui habitent ici depuis 3000 ans et qui ont choisi d’être ici pour voir le soleil se coucher derrière la statue de la liberté. Ensuite les gens qui font de l’alcool. Ils risquent de se relocaliser ces brasseurs et autres fabricants de whisky, car les entrepôts ont été sacrement déglingués par Sandy. Et enfin il y a les mecs comme l’Allemand et ses colocs. Ils font de l’architecture (de haut niveau), de la musique (très sérieusement), du droit (mais toujours avec une spécialité improbable). Ils présentent bien mais on sent que l’effort est mesuré, ce n’est jamais snob, jamais trop (ni trop sophistiqué, ni trop dans l’air du temps, ni trop négligé, ni trop chic, ni trop cheap). Ils parlent avec entrain et semblent toujours comme posés là par hasard et totalement ravis de cette situation. Ils savent ce qu’il se passe, ce qui se fait, mais ne tombent jamais dans l’écueil du buzz.

Résolument modernes mais détachés de la mode, de l’éphémère. Side note, mais je suis sûre que les seuls personne à porter un vrai poncho des Andes sans avoir l’air d’un hippy, d’un hipster ou simplement grotesque: ce sont ces mecs la. Un pressentiment. De même que la phrase « je m’interroge« , et variantes: ces types sont les seuls à être crédibles en la prononçant.

Le coloc de l’Allemand a récupéré une porte d’étable et en a fait une table basse sur roues. Il a construit une bibliothèque idéale qui couvre un mur. Il a même fabriqué de toutes pièces en lustre en fer forgé écru. Sa copine, une véritable Brownie, brillante et spirituelle parle avec générosité. L’Allemand est un type formidable, je l’ai déjà raconté. On ressasse nos histoires de bénévoles comme si Sandy était arrivée il y a 25 ans.

L’archi me plait parce qu’il parle de choses, d’objets, de savoir-faire très sincèrement. Le mouvement hipster rend ça un peu superficiel -et y accorde une attention disproportionnée.

La copine parle d’une performance (évidemment! Qui, de nos jours, va encore simplement voir une pièce de théâtre?!) dans un entrepôt (évidemment) poétique (évidemment), et inspirée de diverses traditions plus ou moins tibétaines (évidemment).

Je sens votre (rayer) mon mauvais esprit se réveiller.

Mais non. Elle en rit sans méchanceté. Ce n’est pas snob: elle dit pouvoir apprécier les spectacles amateurs et les mises en scène « hors des sentiers battus » (sic). En plus elle aime les entrepôts. Vraiment. Elle aime vraiment ça, et c’est ce qui est formidable.

 

Dans ce loft si cosy je regardais ces nouveaux surhommes si parfaits. Je pensais à cette femme que j’avais vue dans l’après-midi. Une femme blonde et belle que je connais depuis tellement longtemps que c’est comme si ça venait d’une autre vie (n’ayons pas peur des mots). Elle même est entre deux époques. Curieuse de « la tendance », héroïne publique et chic des seventies, femme mondaine des années 80, c’est une esthète pour qui le visible est si important que l’on devrait bâtir une vie dessus. Au service d’un message mais sa promotion ne se ferait que par images, pas par les arguments. J’adore cette femme. C’est amusant comme elle est l’inverse des habitants du loft. Elle parle de manigances comme une courtisane et/ou Blair Waldorf (ça revient au même). Elle n’a jamais peur de dire que quelqu’un est un con. Elle n’a aucune mesure. Elle est très belle et elle l’a été encore plus, c’est peut-être pour ça qu’elle s’autorise à discréditer d’un sourire qu’elle a carnassier quelqu’un simplement parce qu’il est disgracieux. Elle se permet tout.

 

Les premiers sont libres de préjugés. Elle est libre parce qu’elle s’est délestée il y a bien longtemps du raisonnable.

Comme quoi… tout ça a t il vraiment un sens? Sur ces sages paroles…

De la nonchalance

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Black Tie

J’ai peu parlé des dîners mondains de l’Upper East Side où j’ai passé beaucoup de temps cet été. Pourtant, il y a beaucoup à dire. En gros si Saint Germain des Près rencontrait Woody Allen, ce ne serait pas très différent de mon expérience dans la ville haute.

D’abord pour aller diner dans l’Upper East Side, on ne se prépare pas comme pour aller faire la bringue à Brooklyn, évidemment. Par exemple être francais ne veut pas du tout dire la même chose. Sur la 71ieme rue vous devez essayer de vous rappeler de tout ce qu’on vous a raconté quand vous étiez petit et que vos parents –les saints- vous trainaient au Louvre pendant que vous hurliez à la mort. Si en plus vous êtes parisien, vous êtes censé connaitre tout un tas d’anecdotes  sur Paris de 1919 à 1948. On vous demandera peut-être si vous avez une maison sur « la Riviera », et certainement si et pourquoi vous vous sentez européen.

N’importe où de l’autre côté du pont, les gens vous trouveront toujours incroyablement exotique et terriblement nouvelle vague. Il faut impérativement vous trouver un lien direct avec Justice ou Sébastien Tellier sinon vous ne pourriez décemment pas être francais. Et vous habitez rive droite, vous adorez Carven (hipster pointu) ou Berlin (hipster mainstream).

Dans l’Upper East Side essayez de ressembler à Juliette Gréco (jeune). A Brooklyn, laissez tomber : peu importe à quel point vous pensez ressembler à un clochard boho ce sera toujours trop propret.

A ce dîner dans l’Upper East Side il y avait d’autres Français et c’était visiblement un peu trop pour l’assistance. Les éclats de voix et les regards assassins prennent toujours un coté bien plus dramatique au milieu d’Américains, que dans la lumière tamisée d’un appartement du sixième arrondissement où il s’agit simplement de faire la démonstration de son caractère, d’affirmer qu’on a bien de la personnalité.

Diner mondain, G. Wostein

Diner mondain, G. Wostein

Mais sinon ce fût les questions d’usage: est-ce que je connais le Bon Marché? Est-ce que le fromage français me manque? Que diable allais-je m’installer à Brooklyn?

La maison est remplie de bibelots, du sol au plafond. Dans le lot il y a un Turner et un Modigliani. Il y a aussi des photos d’enfants aux sourires constipés, des vieux instruments de musique mal dépoussiérés, et des pièces d’art contemporain pour le moins hideuses. L’artiste est en résidence ici. Nous rions comme des bossus du manque de second degré de tous ces Américains qui décidément n’ont rien compris. Une autre étudiante italo-allemande bavasse pendant des heures de la patate douce à New York – ville dont elle est très fière de dire que la particularité est que: « tu aimes ou tu détestes ». Merci pour ce commentaire résolument brillant.

CRouveyrolles

Le maitre de maison nous couve des yeux comme « des petites femmes de Paris« . Jusqu’à ce qu’il nous demande si on sait ce qu’est le yiddish. ALLO.

Je quitte ce château à ascenseur au cœur de la ville pour rejoindre le quartier polonais de Williamsburg. Ici il y a des punks tatoués qui ont peu d’avis sur Modigliani -ce qui fait tout leur charme. Ils écoutent les New York Dolls (ou autre chose du même genre, qui sait ?) avec un air concentré. Et rapidement il se passe bien trop de chose pour que je puisse vous le raconter en un post. En tous cas, c’est à peu près ce qu’on pourrait attendre de la part de punks. En plus, certains avaient des épingles à nourrice dans le nez (par « certains » j’entends : un): ma joie était donc tout à fait complète.

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Being French

 

On va dans un bar où j’avais cet été lancé une véritable polémique:

CRouveyrolles

 

CRouveyrolles

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , ,

Boheme

Plus d’un an après en avoir émis le désir, j’ai enfin réussi à aller aux puces de Chelsea. Et c’est une réussite. Trois spots:

– une sorte de grand magasin a plusieurs étages plein de beaux meubles et de joli vinage,

– un parking en plein air. Pseudo cour des miracles, les vendeurs s’y tirent la bourre en plein de langues inconnues. Des classiques 33 tours disco aux photos arty porno soft et qui n’auraient jamais du quitter la villa de la cote ouest où elle ont été prises en 83, jusqu’aux tables couvertes de gros bijoux dorés qui donnent toujours des airs de figurante de Ça, c’est palace!.

Certains marchands rangent leurs billets dans une banane. Un grec en pull jacquard compte des pièces de petite monnaie à toute allure tout en passant ses mains caleuses dans ses cheveux poivre et sel. Plus loin un Africain est assis dans un immense fauteuil recouvert de perles colorées qu’il vend, le port royal.

– dans une sorte de parking couvert plusieurs étals se suivent. Je ne sais pas pourquoi mais il y a beaucoup de boites en fer blanc, souvent publicitaire. C’est super de voir ces boites à churros (ou quoi que ce soit) espingouines et pas seulement des accessoires nazis pour porter les couleurs européennes.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Cliquez sur ce superbe diaporama.

Ensuite on a réussi dans la même journée à aller chez Good Will (la marque la plus citée dans tout 2 Broke Girls) et Whole Foods (en guerre ouverte avec Trader’s Joe pour conquérir le cœur des chébrans).

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Gilles Lipovetsky

L’autre soir j’ai été à une blind date -une blind date amicale, calmons nous.

Ai-je déjà mentionné mon ami Gat sur ce blog? Quand je l’ai rencontré je croyais que c’était un Jean-Paul hipster. Après j’ai compris qu’il était un Jean-Paul hipster de l’intérieur, un peu malgré lui. Le genre le plus noble du hipster à mon sens.

Gat, à gauche. 2010

C’est un mec qui a beaucoup de style mais sans le cote show off. Gat, c’est l’anti-Vice. Il est pointu sans en faire un statement. Il est dans le vent, sincèrement. Bref: complètement fab le mec.

Tout ça pour dire que quand il m’a écrit un mail pour me présenter à un Allemand fraichement débarqué à Gotham, je me suis dit que je rencontrerais l’allemand bien volontiers.

Précision: depuis que je suis ici je reçois souvent ce genre de mails, du style: « you guys! OMG! You should TOTALLY hang out!« . D’habitude ça m’agace un peu vu que j’ai déjà plein de potes (du fait que je suis une star) que je n’arrive pas à voir ici, que je n’ai pas le temps ni pour baby-sitter (ah si en fait! c’est même la principale source de revenus!), ni pour les rencontres arrangées.

En plus pour peu que je sois dans un mauvais jour, je me demande toujours pourquoi on m’envoie ce mail. Est-ce que je dégage l’image d’une aphasique à moitié débile perdue dans la ville à baver seule sur un banc du métro? Une handicapée sociale maladroite et introvertie dont le clou de la semaine est de prendre le ferry aller-retour pour Staten Island en mangeant des frites? Ou alors une Sur-femme qui aurait besoin d’une cour? Une Mère Thérèsa Sainte New-Yorkaise qui ferait des nouveaux arrivants ces protégés? On se demande.

Il y a en plus toujours un cote gauche à ce genre de rendez-vous; on ne sait pas trop quoi se dire, on n’a pas non plus un intérêt dément pour le ou la newbie en question… Car généralement le pote qui vous a envoyé le mail a juste mentionné que vous habitiez tous les deux New York (DINGUE LE TRUC!!!!! comme par ailleurs un paquet du monde, donc ce point commun a ses limites), ou alors il vous a totalement survendu. Auquel cas, vous savez qu’il a survendu la personne a qui vous allez proposer un verre. Le taux de réussite de cette entreprise est donc autour de 40%*.

Mais comme Gat est un bon gars, je voyais cette rencontre d’un bon œil. Et je n’avais pas tort. L’Allemand est un mec sensass (je vous épargne le wunderbar etc). Mais plus important encore, il a une conversation formidable -et je ne dis pas ça juste parce qu’on est systématiquement  d’accord.

Cette conversation, je m’en vais vous la conter.

J’entends souvent les genre dire « génération /remplacer par le bullshit de votre choix/« .

On le dit de la série Girls. J’aime bien cette série mais j’espère que les gens se trompent.

CRouveyrolles

Girls, une bonne série mais tu ne veux pas ressembler aux personnages.

J’espère que ma génération n’est pas aussi névrosée par sa précarité (la précarité les enfants, c’est un tremplin -et tant qu’on pourra faire du baby-sitting et travailler 15 heures par jour je ne vois vraiment pas de quoi on pourrait se plaindre), sexuellement inepte, sous-compétente et peu débrouillarde, désengagée (« une jeunesse sans idéologie est une jeunesse perdue »: méditez), hagarde et bavante.

Vu qu’on a pas eu de guerre mondiale pour se romantiser en héros épiques, ni de Woodstock, ni de Studio 54, ni la naissance du hip hop, il va falloir trouver autre chose que Girls. Soyons sérieux. S’identifier à Girls ce serait comme s’identifier aux Furbiz.

Malgré tout ça, la conversation que j’ai eu avec le Super Allemand était très générationnelle, justement.

Les thèmes et la façon de les aborder sont totalement dans l’air du temps. Super Allemand, c’est la voix d’une génération. No offense Lena.

Il y était question d’intégrité. Est-on bien fidèle à ses principes? Mettons nous des idées dans ce que nous faisons? Il semblerait que globalement nous sommes plutôt des veaux marins aliénés à l’instant. En même temps, l’essentiel c’est de le savoir.

J’aime bien cette idée que peu importent les raisons d’agir, il en faut juste de légitimes pour ne pas être totalement crétins (voire pour ne pas être un con).

Autre thème récurrent: le fil d’Ariane. Souvent quand mes copaings viennent me voir ici, je me rends compte qu’ils sont moyen heureux de ce qu’ils font. Il y a deux ans j’avais une ribambelle de gens de qualité autour de moi qui ne savaient tout simplement pas quoi faire.

Réponse habituelle et certainement bien vue: trop de possibilités nous paralysent. Vous connaissez la chanson.

Intéressante réponse de l’Allemand: qui distingue se trouver une utilité (gagner plein de pognon, aider des gens, exprimer sa créativité,…) de trouver un travail (beaucoup plus hasardeux).

Note particulièrement dans l’air du temps: on est tous les deux l’anti syndrome Sinatra. On a tous les deux habité dans plusieurs villes ces quatre dernières années. New York est une ville fantastique, mais pour nous c’est une ville du XXème siècle. Le fantasme est mort. Tous les deux nous sommes des enfants gâtés, un peu blasés par cette ville qui nous séduit moins que les destinations plus exotiques où nous avions posé nos valises ces dernières années.

On partageait tous les deux le sentiment que depuis la sortie du lycée tout s’était déroulé sans qu’on puisse prendre du recul pour être entièrement partie prenante du cheminement. D’ailleurs quand on dit « mes études » on voit bien l’idée: travailler plus ou moins comme un bœuf et avoir la tête dans le guidon (ce qui n’est pas possible vu que les bœuf ne font pas de vélo). On a accès au gouvernail, mais tout s’enchaine en fonction d’opportunité plus que de décisions muries au soleil. Peut-être que la construction d’un bagage, d’un cv, puis d’une carrière n’est qu’un mythe -breaking news! En même temps je connais beaucoup de profils « man with a plan« , qui tel Kim Jong-il (RIP bro) ont une vision. Il faut bien que quelques uns s’en sortent. Sinon qui pourrait avoir un PEL, une liste de courses, un abonnement à Valeurs actuelles? (je soutiens mes amis journalistes opprimés). Ni l’Allemand, ni moi en tous cas. On est trop busy à interroger le sens de la vie dans une perspective post-moderne et post-marxiste afin d’incarner la voie d’une génération.

A Man With A Plan

*Selon une étude très sérieuse de l’Université du Texas réalisée en 1989 par le professeur Goldschrtruf et moi-même.

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Hier soir j’ai vécu la réponse parfaite à mon laïus sur les cons.

J’ai un ami anglais en visite depuis quelques semaines. Il est hipster sans trop l’être, et on se connait depuis Bir Zeit. Il a fait depuis des choses incroyables y compris participer à ce projet, très hipster-friendly d’’ailleurs, de skate park et centre éducatif à Kaboul.

 

Bref je lui parlais de mes cas de conscience journalistiques de la semaine, il riait. Jusqu’à ce que je lui expose ma théorie selon laquelle c’est vraiment dommage de partir du principe que le public est stupide et encore plus paresseux, ce qui justifie ensuite de produire des sujets ras les pâquerettes autant en termes de contenus que de formats -j’insiste la dessus, parce que c’est une chose de faire du people, mais je reste convaincue que si tu le fais bien tu peux sauver les meubles de ton amour-propre et de la qualité d’information délivrée.

 

Bref je lui disais toute ma nausée et toute mon impuissance à grand renfort de drames latins et moulinets de bras.

Dans un ménagement d’effets tout anglais, il m’a finalement lâché dans un sourire: « en fait tu souscris à la vision romantique des masses prolétariennes qui une fois éduquées s’uniront internationalement pour réaliser quelque chose de grandiose. How French of you! »

 

Dire que ça fait six mois que cette question d’audience, de sa capacité de d’empathie et de compréhension plus évoluée qu’on ne pourrait le penser, me fait chauffer les méninges… Tout ça pour me résigner : l’immense majorité des gens ne veulent pas lire des histoires compliquées. Rien à voir avec le fait qu’on ne leur offre pas l’opportunité de les lire. « Les gens choisissent délibérément d’acheter le Daily Mail et pas The Economist« . And voilà ! Bottée en touche par un bruleur de Jeanne d’Arc. Bravo.

Always trust les Anglais.

Bon sang mais c’est bien sûr!

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Lecteur assidu de ce blog, tu as pu remarquer à quel point il m’arrive des choses incroyables dans le métro.

Attention une histoire particulièrement violente va être racontée ici.

 

Je rentrais d’un diner de dindes et de paons. La dinde porte tous les jours du cachemire clouté ou strassé. Le paon porte le vendredi et le samedi soir des chemises en coton à rayures verticales blanches et bleu ciel. Eh ouais. This is the law on dirait.

 

Les dindes et les paons aiment: parler de l’US open, manger des coquilles Saint Jacques, aller aux pilates, savoir où on trouve les meilleurs cupcakes ou les meilleurs vins californiens à New York. Une fois ils ont été à Brooklyn. Ils ont trouvé ça génial parce que c’était très « jeune ». Avec ce mot ils entérinent le fait qu’ils sont, eux, vieux.

 

Vous voyez le couple de Français dans l’auberge espagnole? Il est neuro chirurgien, elle est Judith Godrèche et par ailleurs elle est très gentiment bécasse. Les dindes et les paons, c’est eux. Puisqu’ils adorent le mot « sympa » dont ils usent et abusent pour tout et n’importe quoi des Hamptons à McDo, on les labellisera du même qualificatif.

 

Quand je vais à un diner comme ça, j’ai l’impression d’être Bill Baroud punk et cracké. Ou en tous cas, particulièrement aventurière (« -attends… T’as déjà été à Chinatown!!? -ah non mais c’est une journaliste, je t’avais dit, elle est « no-li-mit »!! »).

 

Bref on s’éloigne du métro…

Évidemment les dindes et les paons habitent le FUES, ou Fucking Upper East Side. Donc autant vous dire qu’en parlant d’aventure… Entre chez eux et chez moi, c’est une transatlantique.

 

Quand je suis ENFIN arrivée à Metropolitan Avenue -aka LA station des hipsters crados, un samedi soir il y a ici plus d’herpes tatoué que nulle part ailleurs dans le monde, j’ai été confrontée à une scène horrible.

Il y avait LA FOLLE AU VIOLONCELLE.

Entendons-nous bien: je n’ai rien contre le violoncelle.

En revanche, même quand j’avais 11 ans je n’aimais pas vraiment  les Coors. Donc les conneries de type Seigneur des Anneaux, musique de sous bois avec chœurs réalisés par un gang d’elfes: non. Very uncool. Not ok.

Le look Galadriel ne m’inspire que dégout.

A fortiori, les cordes tout à la fois sanglots et bourrée circassienne, j’ai beaucoup de mal à le supporter.

 

Et bien là il y avait la folle au  violoncelle. Figure emblématique de la station, la fille au violoncelle est une blonde platine au physique de hobbit. Ses oripeaux sont en papier mâché et en vomi de gnou. Elle a des lunettes à la monture vert métallisé (elle croit surement qu’on dirait du lierre du futur) et rectangulaire, le truc ultimement 2005. Tu te demandes si elle ne va pas sortir ses cartes Magic.

 

Bref, la folle est une star car elle joue de minuit à 2 ou 3h sa complainte gémissante accompagnée de son violoncelle désaccordé. Elle veut incarner le cristal, la pureté, le classicisme, Edgar Allan Poe, et d’autres éléments du gloubiboulga heroic fantasy gothique.

 

A chaque fois que je la vois, ses jérémiades me hérissent le poil d’avance.

C’est purement et simplement de la torture. Le supplice. Surement interdit par la convention de Genève.

 

Alors non seulement j’étais glacée par l’effroi, mais en plus je me suis tapée Geraldine bourrée (meuf qui ressemble à Estelle et est déguisée pour une soirée « sous les cocotiers ») qui meuglait « again » à chaque fin de complainte, et Jean-Paul Hipster qui trouvait ça « so-intense », et m’a fait enlever mon casque -seul rempart entre la folle et moi, avec un laïus réprobateur, car oui, comment osais-je écouter I Arkle (super groupe! Achetez leur album!) alors que le Grand Miracle de la Musique prenait place sous mes yeux?

La haine.

La folle

Tagué , , , , , , , ,

Journée du style

Aujourd’hui pour la journée de la femme, je voudrais célébrer un homme qui sait avoir de l’élégance.

CRouveyrolles

Après, si vous voulez voir d’autres hommes qui ont aussi trop trop la classe, je vous conseille ce super tumblR recommandé par une bonne amie à moi, semi-hipster de profession.

CRouveyrolles

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

Alors, il vient de m’arriver quelque chose de tout à fait FOU!

Depuis une dizaine de jours on reparle de Zuccotti Park.

A chaque fois que je tombe sur l’interview d’un punk édenté sur NY1, j’ai un petit frisson de tendresse et de nostalgie.
Du coup j’étais passée voir à quoi ça ressemblait. Là où sont nées les plus grandes heures du Drum Circle et des châteaux en carton, il y avait UNE tente et trois millimétrés du bulbe qui ne jouaient ni du tambourin, ni de la guitare. Déception.

Sauf que là je viens de voir un mec dans le métro avec un carton 99% dans son chapeau. Un haut de forme en feutre un peu dégueu, le chapeau. Lui: pas très frais, barbu, la vingtaine, gros sac a dos de randonneur pro avec gourde en métal brossé accrochée dessus, et enfin: un grand sac en plastique plein de PANCARTES! Malheureusement pas de bandjo.

Mais c’est un vrai Occupeur, ni un hipster en manque de sensations fortes, ni un vétéran ami de Jésus, ni un semi clochard.

Mais quand il est sorti à Fulton Street, le doute n’était plus permis: il allait bien rejoindre ses copains, l’AAU -Amicale des Amateurs de ukulélés, à Liberty Plaza.

Ils sont Revenus, les Vrais.


#OWS, Ils Reviennent!

Tagué , , , , , , , , , , , ,