Archives de Tag: last straw

Ces derniers jours il neigeait, je regardais ma main comme si c’était un moignon mort, et ma vie se découpait en tranche de B: bureau, babysitting, et Brooklyn. Pas de boisson, pas de bons-copains, et encore moins de baisers. Il faisait un froid de canard à New York, la ville où il fait pourtant toujours beau. Les gens m’ennuyaient. Je ne supportais plus le calage massif de sujets totalement random et les exigences stupides des rédacs chef.

CRouveyrolles

Les rares personnes avec qui j’interagissais en dehors du bureau me tenait le genre de discours qui m’agacent particulièrement: « aaaaaah-mais-c’est-vraiment-supeeeeeer-d’être-à-New-York-TROOOOOP-DE-CHANCE !!!« .

Que ce soit les newbies jeunes professionnels du journalisme qui étaient jaloux comme des poux de la couverture de Sandy et des élections ou les autres qui ne doivent rien avoir à foutre: ils étaient tous relous. Je déteste ce genre de situations parce qu’il est impossible de faire le bon choix. Comme le dit ma copine Barbie:  « Life is good. I can’t complain, but I still do. »

Tu as vraiment envie de leur dire que le rêve américain, ils n’ont qu’à y aller, et que la chance est un facteur assez relatif. Bref j’avais les boules et je ressemblais à un zombie, en pleine voie de connardisation. On aurait pu me proposer un poste à CNN que j’aurais trouvé moyen de ronchonner que j’avais déjà pas de vie, aucune existence sensuelle et à peine le temps de me brosser les dents.

C’est l’aspect double tranchant de cette very last straw. C’est comme construire sur du sable. En soi l’expérience est suffisamment riche pour être vécue. En même temps, les contreparties ne sont pas négligeables. Et l’avenir est perpétuellement incertain. En bref j’étais de mauvaise humeur et claquée, tout était un bon prétexte pour ruminer.

En plus quand je suis mal tournée je me dis toujours que je ne peux pas imposer ça aux gens, donc j’agis comme quelqu’un sous kétamine, avec beaucoup d’enthousiasme et moult sourires forcés. De la méthode coué ou de la superstition? Dans tous les cas, c’est épuisant.

Et puis, on the bright side, ça passe. Et ça c’est bien. On a un chargé de prod hilarant, super doué en girly talks et qui organise des gouters. J’ai vu Don Juan, le mentor par excellence qui m’écoute patiemment éructer les scandales de mon quotidien. Et ce soir j’ai fini avec un de mes coworkers et le Professeur Tournesol dans un bar à la mode de Williamsburg où tout le monde portait un bonnet et c’était très rigolo.

Il y a des hauts et des bas -breaking news-.

Connardisation

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Comme c’est mon blog je peux raconter ce que je veux.

Je prends cette précaution oratoire car je doute que ce que je vais vous raconter ait le moindre intérêt.

La question à laquelle je m’intéressais aujourd’hui est la suivante: qu’est ce qui fait un couple?

Je ne veux pas y répondre par intérêt pour la docteurlovologie, mais bien parce que c’est au nom de ce couple que je quitte New York, et une potentielle proposition de poste à salaire potentiellement mirobolant (whoop whoop !). Or c’est bien de travail que ce blog parle, de cette Very Last Straw qui faisant céder le dos du chameau me permettra d’être une journaliste accomplie (whoop whopp !). La goutte d’eau qui fait déborder le vase du doute. Comme je suis nulle en métaphore je vais m’arrêter la.

Mais si ces sacrifices sont fait sur l’autel du couple… Encore faudrait il avoir une idée de ce dont on parle.

A partir de quand on sait qu’on peut se catégoriser comme couple? A partir de quand doit on prendre ça en compte pour divers choix plus ou moins cruciaux? A partir de quand cesse t on d’être un esprit libre et indépendant, n’engageant que son libre arbitre kantien dans des décisions strictement personnelles et desquelles vous n’avez à vous justifier devant personne?

En fait je n’ai pas vraiment d’éléments de réponse, mais j’y pensais alors que rendus bredouilles devant le Met puisqu’il est fermé ce lundi avec le moustachu, puis errant dans un Upper East Side très ennuyeux, je réalisais que l’être humain a une capacité d’abnégation et une propension au compromis assez dramatiques. J’aurais été seule devant ce musée fermé, j’aurais été folle de rage. Vraiment, je m’en serais voulue de ne pas avoir mieux vérifié les horaires. Trois-quarts d’heure après j’en aurai ri, mais sur le moment j’aurais été verte. Mais là, accompagnée, ça ne posait presqu’aucun problème.

Pour faire un couple, il faut donc de la compagnie.

Mais une compagnie qui peut même être discrète.

De l’Upper East Side je sais qu’à part de très bons restaurants (français), des boulangeries (françaises) et le Lycée Français il n’y a pas grand chose d’intéressant. J’y ai passé beaucoup de temps cet été: j’en ai fait le tour. Mais curieusement ce n’était pas un problème non plus. Après avoir trainé dans un Barnes & Noble (FNAC locale), lire des magazines chacun de son coté dans un salon de thé spécialement conçu pour les veilles dames et les Français du quartier: comme une évidence, c’était particulièrement bien. Seule je n’aurais appréciée  ce moment que si je savais que c’était la seule chose que je puisse faire (grosse fatigue, jambe cassée, ouragan…)

Alors donc pour faire un couple il faut de la compagnie, et aller un peu contre sa nature. C’est ma conclusion.

Je signale aussi que cette expérience m’a permise de mieux comprendre le sourire benêt de notre ami Don Juan qui cet hiver me disait avec une tête de ravi de la crèche: « l’autre soir on a fait un gâteau avec N. »

Tandem

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