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Comic Strip

Je suis passée à un festival de BD à Brooklyn. Ce qu’il y a de bien avec cet événement c’est que même si tu n’y a jamais été, si tu lis un peu de bandes dessinées tu sais exactement à quoi t’attendre puisqu’il y a souvent des histoires de foire du livre à Mours-sur-l’Oise dans les albums.

Le Bureau du Livre avait permis aux auteurs francais d’être complètement sur-représentés. Naïvement je ne m’étais jamais posée la question du succès de l’art de vivre français, et je m’étais toujours dit que si partout où j’allais tout le monde connaissait si bien (enfin calmons nous, tout est relatif) la France, c’était dû à la valeur et à la qualité de ce merveilleux pays.

Pas du tout! En coulisses des officines tirent les ficelles et s’assurent du bon export de nos vins ou de nos livres.

Mais quelques indices venaient rappeler l’Amérique: un gros monsieur crado déguisé en Robin, la crème de la crème du gotha hipster, et le stand de hot dog poisseux.

CRouveyrolles

On pouvait acheter des fanzines de toutes les couleurs de l’arc en ciel et Art Spiegelman qui faisait des dédicaces avait strictement la même tête que sur toutes les photos que j’ai vu de lui et une file honorable de fans devant son stand.

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Le grand retour

Voilà, ça fait deux mois que je suis rentrée à New York…

Deux mois, c’est le temps dont j’ai besoin pour trouver suffisament d’anecdotes ridicules à raconter, on dirait…

Des quelques semaines passées en France il faut se rappeller d’un long week-end à la campagne, des journalistes en herbe qui poussent, de la Normandie, et de longues soirées de résultats d’éléction un peu déprimantes. Il faisait gris. J’avais parfois l’impression d’être « l’oncle américain ». D’autres fois, si dans les parages un oiseau migrateur plus exotique (un expatrié de Bolivie ou de Nouvelle Zélande) faisait monter le sexymètre, c’était fichu. New York est donc envisagé soit comme une ville Beyonce -gourmande, sexy, vivace- soit comme une ville Shannen Doherty -jadis une belle plante, aujourd’hui une vieille à la ramasse (no offense Shannen).

Comme je n’ai déjà plus grand chose à dire, comme j’ai autre chose à faire, je vous poste plein de photos débiles.

HERE COMES LA FRANCE:

 

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Aujourd’hui j’ai eu un cours sur le marché du livre aux Etats-Unis. En France écrire un bouquin c’est un big deal. Ici, c’est un good deal. Dans leur proposition d’ouvrage les auteurs soumettent des études de marché de la cible. En terre gauloise, si un écrivain se permettait ce genre de chose, il serait blacklisté à vie. Il aurait osé parler d’argent.

Chez nous, les journalistes qui publient des bouquins se divisent ainsi:
– vous avez une enquête démente et vous êtes de toutes façons un indépendant; vous vous appelez Pierre Péan.
– vous avez vécu un truc dément en reportage ET vous n’êtes pas une star, les étudiants en journalisme paieraient très cher pour être dans la même pièce que vous, le reste de l’humanité ne lira jamais votre bouquin,
– vous avez vécu un truc plus ou moins dément ET vous êtes une star du journalisme; tout le monde pense que vous avez la grosse tête, et votre lectorat a plus de 65 ans,
– vous écrivez sur la sociologie/théorie du journalisme; les universitaires paieraient très cher pour être dans la même pièce que vous, les journalistes ne vous aiment pas vraiment, le reste de l’humanité n’a à peu près aucune chance de tomber sur votre bouquin,
– vous écrivez un pamphlet sur un ou plusieurs médias, on vous invite sur des plateaux pour en parler pendant 2 semaines, ensuite vous et votre bouquin disparaissent de la circulation.

A l’exception d’une poignée de réussites plutôt anecdotiques, non seulement votre lectorat est très limité, mais vous inspirez une certaine méfiance, voire de l’agacement. Journalistes ou non, les gens se demandent pour qui vous vous prenez.

A New York, pas du tout.

Vous pouvez faire un carton. Vous pouvez y voir une façon intelligente de recycler de vieux sujets. Ou d’occuper une période de chômage.

Attention en France il n’est pas rare que les journalistes écrivent. Ni qu’on conseille à un pigiste d’écrire un livre pour vous faire un petit nom. Mais souvent vous deviendrez le mec qui n’a pas choisi.

Et si vous êtes un journaliste de télé, peut importe la réalité, tout le monde dira que vous avez eu un nègre ou/et que c’est vraiment mal écrit.

Puisqu’il faut choisir

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