Archives de Tag: michel delpech

J’ai vécu les joies du travail à domicile. Mon ami Professeur Tournesol, pigiste professionnel, en parle tout le temps. Il mange de l’andouille et écoute la radio. Comme les métros sont sous l’eau j’ai travaillé depuis chez moi. Et j’ai enfin pu cuisiner cet artichaut que j’avais acheté il y a environ 1000 ans. Il était très bon, merci.

J’ai travaillé en chaussettes, en écoutant A Sunday Walk, et sans stress, sans personne sur le dos. Ce qui est paradoxal car hier, j’ai pour la première fois pris un verre avec mes « collègues de travail » sans que je trouve ça crispant. Là je les écoutais, et je me disais qu’ils étaient sympas et plein de bons conseils. Ce que je savais déjà, mais avant j’avais tellement l’impression qu’ils m’infantilisaient (ce qui est par ailleurs vrai), que je pensais qu’un cadre pseudo-amical nous conduirait forcément à avoir un rapport touchy-feely qui me donne la nausée.

Ces bières ça me rappelait ce que j’ai vécu en école de journalisme. Au début mon ami gibbon, le meilleur journaliste radio de sa génération et moi étions sur nos gardes. On n’aime pas se justifier ou faire les gros bras. On déteste la compétition. Et surtout: on se foutait de ce que les autres wannabe journalistes pensaient. Finalement ils sont devenus nos copains. On avait tout le temps envie de dépenser nos derniers euros dans des demi pêche avec eux après les cours. C’était comme chez Laurette, mais c’est surtout comme les élèves de primaire qui ont besoin d’aller au parc avec leurs potes après la sonnerie de 16h30.

Afterwork

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Hier soir en rentrant chez moi j’écoutais Juicy à fond dans mon casque de hipster.

Il faut savoir que Biggie dans mon quartier, c’est un peu comme parler de Jésus dans la Bible Belt ou de Dalida à Montmartre.

Il paraitrait qu’il a passé les premières années de sa vie dans le Lafayette Gardens, les HLM en bas de chez moi -bien que Wikipedia ne le confirme pas, donc c’est sûrement faux.

On est pas loin de Marcy Playground. Autant dire la Mecque. Régulièrement je vois des mecs de filmer en train de « tributer » leurs gourous devant un tag de Biggie à l’air patibulaire.

Bref quoiqu’il en soit j’étais en train de pousser le son, et donc, me sentant des ailes pousser du même coup, de fredonner, assez fort, les psaumes de the Notorious B.I.G.

Alors visualisez bien la minette pale (je ne résiste pas à vous raconter une autre anecdote de la plus haute importance ici: quand je vivais à Ramallah les djeuns de mon quartier me surnommaient «Snow White », mais comme j’entendais mal, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’un quolibet potentiellement d’inspiration coquine, jusqu’à ce que je réalise l’allusion à Grimm et à ma pigmentation craie, et là, j’ai regretté les regards courroucés que je lançais avec impuissance depuis des semaines), totalement padawan newbie du rap (j’ai compris que le Wu-Tang Clan venait de NY une semaine avant d’arriver ici) en plein trip ghetto au pied des barres d’immeubles à une heure du matin dans une rue déserte. Cocasse.

 

Une photo de moi à la fin du dîner en blanc, j’étais un peu pompette.

Cherry on the top: j’ai vite sentie la gêne. Réflexe pavlovien -comme quand tu chantes sous la douche et que d’un coup tu tires le rideau pour être bien sur que personne n’est entré par effraction pour assister à cette représentation VIP de Beyoncé et toi-: je me suis retournée pour vérifier que j’étais seule.

Évidemment juste derrière moi il y avait le sosie de Mike Tyson, capuche noire sur la tête. Genre géant vert croisé avec Magloire qui serait déguisé en Jay Z. Et ÉVIDEMMENT lunettes de soleil en pleine nuit et inquiétante canette de Redbull à la main. Il m’a regardée (j’imagine). Je me suis arrêtée avec une tête de coucou pétrifié en plein vol (j’imagine). Et il a sourit.

Dévoilant 1- une expression goguenarde mais sympathique, 2- une rangée de chicots harmonieusement arrangée par une sorte de placage or. Et il a rigolé. Donc j’ai rigolé (jaune or). Et on est chacun parti de notre coté.

5 mètres plus loin j’ai baissé le son et je me suis retournée encore pour voir si le mec avait rameuté ses potes pour organiser un lynchage au nom du nom respect des dieux. Mais en fait non. Il était sûrement en train de ricaner a juste titre a l’autre bout de la cité. Sûrement en repensant à ses interprétations à lui, Larusso ou Michel Delpech sous la douche.

Juicy

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