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Job hunting

Hier soir j’ai eu le bonheur de hang out avec mes vieux copains de la fac.

C’était comme d’habitude dans les pires bars de Midtown dernier vestige de l’époque où cette partie de la ville était une cour des miracles crado et sexy comme une strip-teaseuse.

Une des anciennes camarades de classe me racontait ses débuts de recherches de travail. Comme je sais que ça va me tomber dessus très bientôt, j’écoutais très attentivement cette leçon d’americanattitude. Elle a « un plan« , et surtout je trouve sa détermination admirable. C’est le genre de personne qui se dit : « je préfère ne rien avoir plutôt que d’être sur-qualifié pour le job ». C’est l’enjeu de ces étudiants super endettés en sortie de leur sacro-sainte grad school, je comprends donc bien que l’idée c’est surtout de trouver un poste qui te rapporte plein de pognon. Néanmoins, en comparant son attitude de jeune diplômée et la mienne… Je mesure le génie de ce pays dans lequel développer une telle force mentale (et une confiance en soi presque questionnable) est possible.

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L’autre jour j’étais dans l’ascenseur. Jusqu’ici tout va bien. Au 15e étage, deux types entrent. Ayant intégrés les codes locaux je ne dis rien. Le premier parle très fort, on sent que l’autre blond joufflu est à sa botte. Ils ont une conversation enthousiaste (à moins que ce ne soit un monologue enthousiaste?). Je n’écoute pas car je suis en train de whatsapper – une de mes activités préférées devant l’Eternel.

Soudain…: silence. Le fanfaron du jour prend bébé blond à parti et lui dit: « ah mais c’est ce que je te disais! C’est dramatique de penser qu’il y a des gens qui utilisent encore un BlackBerry!« . Sentant des regards sur moi, je comprends qu’on parle de mon téléphone de bureau (qui fonctionne tellement mal qu’à ce stade on peut même parler davantage de talkie-walkie). Et le fier à bras de renchérir en s’adressant à moi: « Je suis vraiment désolée pour vous, que vous n’ayez pas d’iPhone« . Alors déjà merci de me prendre pour une abrutie: j’avais compris de quoi on parlait et le BlackBerry ne m’a pas encore ramolli le cerveau. Ensuite, les deux crétins ont quitté l’ascenseur avec une mine défaite. Je n’ai donc pas eu le temps de leur dire que:

– Mime et la Militante préféreraient se trancher la jugulaire plutôt que d’avoir un téléphone fabriqué par les esclaves de la téléphonie les plus médiatisés de la Chine. Donc il y a des gens qui ne veulent pas d’iPhone.

– Etant donné mon âge et le leur j’ai plus de chances d’être du bon coté de la barrière numérique qu’eux. Donc ça va les leçons.

– En parlant de fracture numérique, et puisqu’on est dans une dynamique rhétorique de cour de recré: c’est mon pays qui a inventé le Minitel, Songpop et la carte à puce, alors que vous, vous avez inventé Facebook un outils d’aliénation des esprits dont on parlera dans 50 ans comme du dernier fascisme.

Minitel

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Chaos

Où on (y compris l’héroïne) se demande si notre héroïne prend du crack.

Donc j’ai passé la nuit avec Filezilla qui n’est pas plus fréquentable qu’avant. Vers minuit je descends m’acheter des chips un thé et comme pendant toutes les nuits d’envois, ce quartier fourmilière à une minute de Times Square est complètement vide. Genre s’il y avait eu une épidémie dans l’air et que tout le monde était rentré dans des abris atomiques pour se protéger, et que j’étais la seule personne à ne pas être au courant parce que j’avais fermé twitter cinq minutes, et que du coup j’allais mourir vu que j’étais dans la rue et que je respirais l’air contaminé par les MayaMartiens, ce serait pareil. D’habitude pourtant c’est le genre de croisement où il faut être prêt à bondir sur le macadam dès que les voitures ont arrêté de se croire aux 24 heures du Mans. Il faut toujours avoir la rage de vivre, écouter Eye Of The Tiger à fond, et slalomer entre les gens, voire pousser les femmes et les enfants sur la route. Tous les matins je vis ce moment «livre de la jungle». Et la nuit, après avoir vomi des tas de gens, le quartier se rendort. Quelques taxis timides, et pas un chat. Même pas un clochard. Ce qui ajoute au sentiment de fin du monde qu’éprouvait notre amie reporter, fatiguée et sujette à des hallucinations.

Après deux heures de sommeil, mais ayant finalement survécu au terrorisme extraterrestre sud-américain, j’arrive au bureau pour vous écrire ce post. Il pleut enfin aujourd’hui. Il fait gris et moche et c’est si rare à New York que ça en devient très agréable.  C’est un peu comme quand la reine du lycée se casse la gueule à la cantine. Pendant 5 heures New York arrête de sunshiner et la marée humaine poisseuse de Midtown est comme dans toutes les villes du monde sous la pluie: hystérique et prête à tout pour garder le parapluie de très mauvaise facture qu’elle vient d’acheter jusqu’à chez elle. Scènes improbables donc d’hommes bien mis s’agrippant à ce qui fut un parapluie comme à leur seule planche de salut. C’est à se demander pourquoi on ne voit pas plus de capuches.

Je suis très fatiguée.

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Aujourd’hui j’ai tourné une interview sur Broadway qui ne laisse pas tomber les New-Yorkais.

L’idée du rédacteur en chef c’était « show must go on : l’esprit américain« .

Bon, pourquoi pas. Mais surtout: pourquoi?

CRouveyrolles

Je me souvenais de ma prof d’anglais au collège, Christiane Duluet, qui avait affiché l’expression sur les murs de la classe le 12 septembre 2001, avec de la patafixe.

FYI, voici l’origine -ironique- de l’expression.

Broadway

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Funky Town

C’est plus fort que moi… à chaque fois je lis « Motown« …

CRouveyrolles

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Hier j’ai fait des courses de Noël, je suis d’une originalité folle.

Je devais m’arrêter Midtown d’abord. C’était noir de monde, je me demandais vraiment qu’elle idée j’avais eu d’aller dans ce quartier envahi par les retardataires du cadeau, et surtout des tripotées de badots en goguette. Heureusement j’avais une escale à Chinatown ensuite, bien plus tranquille.
Et enfin Soho, étrangement calme. A l’exception de la boutique Pylones, qui n’avait rien à envier au corner chaussure Chanel du Bon Marché un premier jour de solde -pour ceux qui ne suivent pas: petit et bondé.

Ensuite je devais remonter dans l’Upper East Side pour acheter une baguette avec le moustachu. Merde, c’est Noël.

Donc là on se retrouve chez Lamazou, un épicier français. Entendons épicier au sens le plus classique du terme.

Des pubs des années 80-90 qu’on ne voit que jaunies dans des magasins de hameaux microscopiques. Sincèrement charmant. Un choix de fromage plus qu’ honnête (du vrai Comté au Petit Basque). Et tout un tas de choses qui fleurent bon notre belle terre de France. En rayon, certains biscuits ont l’air d’avoir pris le bateau au départ d’Oran en 1962.

Lamazou est méditerranéen, dans la force de l’âge et il porte un cachemire jaune poussin et ses lunettes sur le bout de son nez. Très avenant.

Il nous demande des nouvelles de la France. Le moustachu, comme à chaque fois, a l’air de retenir son offusquement. J’ai toujours un peu envie de forcer le trait en répondant à cette question souvent bêtement posée; de dire qu’on en est revenu aux tickets de rationnement et que le taux de chômage est à 42%, sans parler des émeutes régulières et meurtrières qui éclatent dans nos banlieues ghettos racistes.

Nous nous contentons de répondre que tout va bien. Dans la foulée il nous demande si on pense que Chirac va etre ré-élu. On se regarde, éberlués. Il se reprend. On sourit tous les trois de l’évocation de Jacques. Ah Jacques!

© Jacques Pavlovsky/Sygma/Corbis/Jacques Pavlovsky

 

Sinon, voici mon déjeuner de Noël sur mon rooftop, désolée, #EmpireStateOfMind.

Noël, en expatrié a un côté à la fois décadent et incroyablement décontracté.

Joyeux Christmas

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