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Je vais à une raclette ce soir. Evidemment c’est un événement french only.

Fréquenter ou non des Français: le dilemme de l’expatrié. Quand j’habitais à Beyrouth, c’était un sujet de conversation sans fin avec mon amie la môme, française elle aussi. A Beyrouth comme ici, la ville est caffie de Français. Ils sont simplement partout. Si bien que quand tu rencontres un Américain ou un Coréen tu n’en crois pas tes yeux. En plus à Beyrouth l’immense majorité de ces Français est plus ou moins constituée de journalistes.

Ici, on peut difficilement les éviter. Certains sont incroyablement géniaux et la question ne se pose pas, je veux évidemment trainer dans Greenpoint avec eux en me moquant des hipsters. D’autres sont des gens qu’on t’a refilés en nourrice. Et enfin il y a ceux comme les dindons, avec lesquels tu n’as rien à voir: à chaque fois que tu es dans la même pièce tu te demandes comment tu t’es retrouvé là. Vous ne partagez rien d’autre que d’être français mais comme au nom d’une amitié concitoyenne, la négociation est rude. Et si vous êtes gravement handicapé du non comme moi, vous vous faites systématiquement arnaquer.

En rentrant chez soi, on se dit qu’on ne nous y reprendra plus. Que la prochaine fois qu’un Jean-Paul Français vous dit « Aaaaaaaaah mais t’es Francais!!!!! Diiiiiiingue!!! » (oui : complètement dingue! Comme 79999 autres personnes dans cette ville), vous répondrez: « ah non, je suis belge, désolée! ». Et vous ajouterez même que vous avez grandi à Singapour, histoire que rien ne vous lie plus.

Raclette

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Une des expériences les plus singulières quand on habite à l’étranger, c’est de rentrer chez soi après des vacances ou un weekend au vert. Je me souviens très bien qu’en revenant de Montauk j’avais eu ce sentiment de rentrer au bercail. Même chose ce soir. C’est amusant comme « la maison » est un concept assez flottant. On croit appartenir quelque part, et on est infidèle sans même y penser.

Sauf pour les Allemands qui ont un mot spécial pour leur appartenance géographique et quintessentiellement identitaire, heimat. Je vous dit ça au cas ou ça tombe la prochaine fois que vous regardez Questions pour un Champion entre copains.

Rien n’était ouvert à Hipsterland pour deux voyageurs sales et repus. Le moustachu, la militante et moi avons échoué dans un des 700 000 restaurants français de Brooklyn. La serveuse -une petite brune « pleine-de-peps« , a bien essayé de nous entourlouper. Nous prenant pour des touristes, elle a essayé de nous faire gober que les gens laissent généralement 30% de pourboire. No shame.

J’ai voulu m’inscrire sur Yelp pour les dénoncer mais j’ai eu peur de devenir comme ces gens qui passent leur temps à noter les spots qu’ils fréquentent et qui se fâchent tout rouge quand ils estiment être mal servis, avant de lâcher, furibonds, « ah mais vous ne savez pas qui je suis! » et d’ajouter en éructant, le cou tendu et nerveux: « je suis quelqu’un sur Yelp« .

Heimat

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