Archives de Tag: new jersey

Ce soir j’ai participé à beaucoup trop d’événements culturels pour une seule personne. C’est-à-dire deux.

La folie mensuelle du Brooklyn Museum, je vous en ai déjà parlée. Cette fois ci il y avait un arbre /projet de Yoko Ono qui demandait que les gens écrivent un souhait pour 2013 et l’y accroche. Comme je déteste un peu Yoko Ono je voulais écrire une connerie, mais j’ai eu peur d’avoir la guigne donc j’ai écrit un truc bien.

CRouveyrolles

Mais avant ça… Chef d’œuvre de l’événement culturel, j’étais à un vernissage à l’Invisible Dog. Tout Francais germanopratin qui se respecte se doit d’aller à un vernissage dans cette grande galerie (il faut dire « espace culturel »??) de Brooklyn. Il y a plus ou moins de monde. Là c’est la première fois que je vois si peu de monde. Les œuvres sont toujours un peu aigre-douce, tu ne sais jamais si c’est pertinent ou si c’est juste à la mode. Les gens de la galerie sont très gentils. Ils portent des Stan Smith blanches et ont l’air propret et avenant (et plus vieux que leur accoutrement ne le suggère). Le public (rare, donc) est tout droit sorti d’un dessin de Jean-Philippe Delhomme.

http://www.colette.fr/#/fr/eshop/article/31180690/jean-philippe-delhomme-psychedelic-horseshit/

Des costumes mêlant écailles de tortue, cuir commerce équitable et coton biologique du désert pour deux mecs à l’allure gauche. Une nana visiblement déguisée (« inspirée » peut-être?) en Orlan déambule l’air bouleversé. Le photographe lui même a une dégaine improbable, le genre qui dit: « heyyyyy-je-suis-différent!« . D’ailleurs le discours accompagnant ses photos est un peu dans la même veine. Ce Français installé dans le coin et super primé a décidé d’aller dans une des villes les plus dangereuses des US, Camden, New Jersey et y palper l’atmosphère bizarre de cette zone de non droit où même la police municipale a été renvoyée. Sur les photos on voit des pauvres, drogués, et a priori plus ou moins délinquant puisque le photographe explique que son sentiment de se mettre en danger était constant. Je trouve ça bien qu’il ait écrit qu’il aime cette adrénaline et que ce soit bien une des raisons pour lesquelles il a été faire ces photos. Très peu de gens ont un discours ouvert sur la question de l’ego plutôt que de la bravoure. Se poser, honnêtement, en adolescent fébrile et ivre de risque, plutôt qu’en héros sauvant la veuve, l’orphelin et les drogues douces, c’est courageux.

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En même temps d’autres commentaires m’ont vraiment surprise. Celui ci par exemple:

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Déjà, de quoi parle t on quand on parle de photos non exposées dans des festivals? Les séries de mode, la pub, la photo d’art et évidemment les images de presse sont présentes dans la plupart des festivals de photos, petits ou grands. Donc de quelles autres photos on parle?

D’ Instagram? De photos de famille ?

Par ailleurs ce constat est un peu effrayant je trouve: dans les festivals de photos « les pauvres » (un terme qui par ailleurs gagnerait à être défini) sont exposés, ils sont sujets d’un travail documentaire gigantesque, donc vraiment pas de quoi en faire des gorges chaudes. Mais une fois encore, les photos et la démarche de ce mec sont intéressantes, et c’est sur cet hymne à l’ouverture d’esprit que nous conclurons.

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Culture

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Design

J’étais dans le New Jersey pour une interminable interview. C’est le genre de mec dont tu sens que ça fait 15 ans qu’il s’auto-interviewe seul dans sa voiture, dans sa salle de bain ou le soir en s’endormant. Il a réponse à tout, et toujours une petite pirouette sous la main. Il a bien analysé l’œuvre de sa vie et entend bien te livrer toutes les subtilités de ses conclusions.

Ça se passait dans un atelier de menuiserie top-notch. Et ce monsieur qui était si sympathique avec mon super chef op et moi parce qu’on lui avait dit qu’on connaissait Charlotte Perriand, était monstrueux avec ses menuisiers.

Charlotte Perriand, Bibliothèque murale, environ 1958

Ces derniers étaient particulièrement fabuleux à l’opposé. Leurs petits établis si bien rangés rappellent  les grandes heures du compagnonnage.

 

 

 

 

Et ça c’est cadeau, en exclusivité pour toi lecteur, voici un modèle de lit réalisé par les mimines de Brad P., et ce lit c’est le premier meuble au design signé par cette vedette. Vis ma vie haletante de reporter!

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J’allais chercher mon ami moustachu à l’aéroport. Il y avait de la promotion sociale dans l’air puisque c’était à JFK-véritable aéroport international, et pas à Newark comme la dernière fois –Newark : véritable aéroport pour les pauvres et les gens du New Jersey (c’est-à-dire la même chose je crois). Mais en fait je ne pensais pas vraiment à ça. J’étais concentrée sur mon BlackBerry pour finir un brief « urgent-si-tu-ne-l’envoie-pas-tout-de-suite-tu-vas-mourir-la-boite-va-couler-le-journalisme-s’écrouler-a-cause-de-toi-et-ce-sera-la-Fin-du-Monde-et-la-Mort ».

Donc au final j’arrive au terminal où la moitié de l’Indonésie attend l’autre moitié de l’Indonésie. Il y a un petit coté spectaculaire dans ces arrivées sporadiques de gens tirant des valises, azimutés par le vol. On reconnait les quelques Francais du vol de Paris.

Ça a beau être un vol charter il y a les pépettes qui ont lu trop d’ « essentiels de stars » dans Glamour (attention entendons nous bien: j’adore lire ce genre de trucs), et qui sortent donc enroulées dans leur pyjama en cachemire pilou, lunettes de soleil sur le nez (allo : il est 22h) et se tartinant de baumes divers (parce que « l’avion ça déshydrate TELLEMENT »). Il y a les couples dont tu sens que l’un des deux a déjà potassé le guide en long et en large et est bien décidé à faire sien New York; cherchant d’un air convaincu le AirTrain, agrippé à son post it avec l’adresse de l’hôtel. Il y a les Francais de New York, bagages de taille à peu près normal et sacs Monoprix au bout des bras en cas de mal du pays. Il y a les Américains: même chose mais avec un sac Ladurée. Et puis il y avait mon moustachu.

Et quand il est arrivé, ça a été une scène de cinéma. Évidemment.

Movie Star

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L’autre stagiaire s’est barré. Il a mis les voiles pour Rambouillet (il faut le faire…).

L’orchidée s’est aussi barrée pour Paris, puis les stucs de l’école en or qu’est l’ESJ Lille.

La rose s’était cassée une semaine avant, migrante économique de l’Internationale stagiaire.

 

Comme une vague de vacanciers, les Français en villégiature stagiaire sont tous rentrés dans leurs pénates, comme avant l’été l’hipsta sista, mes colocs warholiens, l’Intellectuelle et sa clique de bobos ultimes, quelques autres et avant eux, Mime.

 

L’artiste lui, est rentré de France. Tout énervé de devoir remettre la bottine lustrée en terre américaine, à New York, une ville qu’il trouve bavarde et barbare -un statement qui a le mérite d’être courageux tant les Européens ici ont tendance à faire des gorges chaudes de la « Grosse Pomme », avec une indécence vaguement coupable.

Bref, c’est la grande valse de ma poignée de gaulois personnelle mais à composition mouvante.

Je comprends ce que me disait Tintin sur le fait que tout le monde est de passage ici. C’est presque comme si personne n’habitait vraiment ici. Les gens demandent naturellement combien de temps tu comptes rester à New-York. Et ceux qui pensent rester ne sont pas New-Yorkais d’origine. C’est un peu confus, mais tout ça pour dire que New York c’est un peu comme un grand hall de gare.

En parlant de ville, l’autre jour, j’étais dans le Connecticut pour une interview (l’interview d’une spécialiste d’Angelina Jolie –ahahah). Tout ressemblait au décor de Desperate Housewives. L’interviewée (qui, pour une banlieusarde, était très bien habillée) me racontait qu’elle était venue de Californie à New York, où elle était restée 6 ans. Six ans : c’est le temps qu’il lui a fallu pour trouver un mari et pour quitter la ville avec lui. Je précise qu’ils travaillent encore tous les deux ici. Enfin bon, elle elle ne travaille pas trop vu qu’elle est spécialiste d’Angelina Jolie, donc bon, on ne sait pas trop comment ça se passe… Ils se sentent New-Yorkais.

L’histoire est en fait très classique. Mais je la trouve plutôt incompréhensible.

Les banlieusards parisiens font partie du décor à Paris, alors qu’ici même, les sur-New Yorkais sont surnommés les « bridge and tunnels » par les abrutis de Manhattan; comme s’ils venaient de vraiment loin pour infester les clubs ultra-ploucs du Meatpacking le samedi soir.

 

Bon au final le problème ce n’est pas du tout ça. Ni les gens de passage. Ni la génération stagiaire. Ni Angelina Jolie (comment Angelina pourrait-elle être un problème ?). Le problème c’est que j’ai beaucoup trop de travail pour moi toute seule. Je dois partir d’ici dans 4 mois et entre temps: passer mon permis, devenir une star de la saga documentaire et de la blogosphère, trouver un travail en Afrique, refaire des montagnes russes et retourner à Staten Island, me mettre aux pilates, gagner au loto, devenir trilingue, comprendre le succès de How I Met Your Mother, trouver un vrai bon spot pour les dumplings, tourner un clip dans le métro, écrire un livre sur les dates…

Enfin bref j’espère qu’un autre stagiaire se pointera vite. Et pas seulement parce qu’il est minuit passé et que je vous écris ce post depuis le metro dans un état de demi conscience, en tapant fébrilement sur mon iPhone comme une sociopathe, et en rentrant du bureau.

Grand Central

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Un des mots de franglais que j’aime le plus c’est HYPE.
Ex: « Chez Prune, c’etait la Hype de 2008, je comprends pas comment les gens font pour oser s’y montrer encore« .
En vrai plus personne ne dit ça. Les gens utilisent hipster à tort et à travers. Mais j’aime bien Hype qui me rappelle les grandes années de Nova Magazine, dans les pages duquel il était employé dix fois par feuillet.

En vrai anglais, on dit HIP. Et Hype c’est le matraquage médiatique.
Et c’est de ça que nous allons parler aujourd’hui titaditati.

Je travaillais ces derniers jours sur Whitney Houston.
J’ai été en contact avec la propriétaire de l’entreprise de pompes funèbres choisies par la famille, cet article raconte exactement mon expérience. Bien qu’il ne mentionne pas la limousine dorée qui a rapporté le corps de l’aéroport, ni la super vitrine avec photo géante de Whitney alanguie, roses rouges évidemment, bergère fake XVIIIe siècle avec plaid en fourrure et bible ouvragée posés dessus.
J’ai ensuite parlé un journaliste local très old fashion, un roquet de conseil municipaux, un type qui traine dans le New Jersey depuis toujours et qui voient ses editos comme des J’accuse. Il en avait rien à foutre de Whitney, ce qui l’intéressait c’était le coût pour le contribuable de la mobilisation policière. Très cool le mec.
Enfin j’ai vu plein de fans. Certains pas très sérieux dans leur devotion mais tres intéressés par un quart d’heure de gloire. D’autres carrément illuminés. Et la plusieurs cas:
– j’aime Whitney parce que Whitney c’était Jésus (sic)
– je viens ici parce que je veux faire mon deuil, je n’ai pas pu pour Michael (Jackson) parce qu' »ils » l’ont gardé à LA.
– d’ailleurs, je me remets a peine de la mort de MJ, donc je peux pas vous parler,… trop ému.

CRouveyrolles

 

Et puis on a parlé à un mec qui a dit: « Whitney.. Elle nous a tout donné, le fait qu’une télé française viennent jusqu’ici (ie le fin fond du New Jersey) pour parler d’elle en est bien la preuve« .

Là je me suis sentie super mal d’entrer en ligne de compte pour ce doux dingue.

Je me suis souvenue de ma responsabilité journalistique dans la plupart des maux du monde postmoderne. J’ai regretté de ne pas être plus intervenu dans les manques d’éthique ou simplement de délicatesse observés plus tôt sur le terrain

Tous les habitants de Newark et d’East Orange sont devenus fans incontournables de Whitney Houston en 72h, il y a de quoi être cynique quand tu les vois mourir d’envie de passer à la télé.
En même temps d’autres sont bouleversés et font le deuil d’une « proche ».
Le tout est de discerner les larmes de crocodile, plutôt que des les provoquer.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui titatidatidadoum.

Whitney Hype

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