Archives de Tag: peanut butter

Je vous ai déjà parlé de ces kids géniaux que je baby-sitte et qui sont des fans absolus de Ma sorcière bien-aimée.

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Plus je regarde cette série, plus son rêve américain mâtiné d’un sexisme soft me fascine.

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Dans quel univers existe-t-il des hommes qui expliquent à leur femme qu’une cuisine équipée vaut tous les pouvoirs magiques du monde?

Entre la voisine obsédée par les balbutiements de la macrobiotique, et l’imaginaire pré-Mad Men de la boite de pub de Darrin Stephens, on dirait un prospectus sur  la modernité insubmersible de l’American Way of Life.

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L’esthétisme retro de ces costumes marins de Tabatha, des pantalons capri de sa mère et les voitures géantes des bonshommes est exceptionnel. Je m’attends toujours à voir apparaitre un bandeau « Merci pour le plan Marshall les gars! Vive le corned beef en boite et le peanut butter!« .

En fait ces images d’une autre époque, avant l’Irak, Dr. Dre, et Goldman Sachs, me plaisent parce qu’elles parlent d’eldorado, d’un pays qui croit fermement que son destin est de montrer la voie à tous les autres.

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Utopia

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Occupy Wall Street, Kitchen

J’ai désormais mes habitudes au « Park ».

Plusieurs raisons à ça.

1- C’est une mine de sujets. Il n’y a qu’à se baisser, tu tombes toujours sur un portrait qui déchire, une histoire improbable, une bonne photo de punk au réveil ou de hippy béat -et ça, ça fait toujours plaisir.

2- Il y a toujours une meute de « vrais journalistes ». Occupy Wall Street c’est (un peu) aux wannabe reporters ce que le Salon du Bourget évoque aux petits garçons de sept ans.

3- Plus j’y vais, plus je me dis que je dois y retourner. Je passe par ailleurs mon temps à promettre à des semi-clochards que je reviendrai… Et je tiens toujours souvent mes promesses.

Cliquez sur César!

CRouveyrolles

Depuis le début quand je passe devant leur cantine, j’hésite entre un camp scout et un festival de tri-hop de rue dans la campagne de Cahors.

Même quantités ahurissantes, même hygiène relative, même capsules multicolores de bières éparpillées et écrabouillées, mêmes ados affamés avec du nutella aux coins des lèvres,…

Au départ ils disaient qu’ils achetaient la nourriture eux-mêmes avec un pot commun. Ensuite, ils ont reçu beaucoup de soutiens – incluant celui d’un chef étoilé (#comme-quoi).

Ils auraient obtenu une cuisine après avoir passé un appel sur Twitter

Je passe souvent le matin, et ces derniers jours, il pleuvait. Les « occupants » se serraient sous des bâches avant de plonger leur bras potelés et/ou tatoués dans des grandes caisses en plastique pour faire la vaisselle avec conviction mais sans efficacité.

J’ai donc passé un petit moment avec eux ce matin, et j’ai rencontré deux drôles d’olibrius.

Adam qui vient de Syracuse, NY. Je me suis dit que ça devait être chouette d’habiter à Syracuse, mais en fait ça a l’air de craindre. Diplômé en « Writing » (#lol?), ce type poupon de 32 ans n’a pratiquement jamais exercé le métier d’auteur.

Il a rejoint ces indignés parce qu’il n’a « jamais participé à quelque chose d’important ».

Il m’a dit qu’il voulait croire que Wall Street serait une révolution, « comme Facebook! On ne savait pas au début que ça deviendrait aussi énorme! ».

Il m’a dit qu’ici bas on était « contre les Fat Cats des derniers étages de ces tours ». Mais il m’a aussi dit que si l’un d’entre eux descendaient pour lui offrir du travail il n’hésiterait pas une seconde.

Adam pense que ses copains hippies ne sont pas des paresseux : « Je suis prêt à faire n’importe quel job ici, mais même pour bosser chez un vendeur de bagels, ils te disent qu’ils te rappelleront dans quinze jours… Tu as beau leur dire que tu vas travailler à fond, et être sincère, tu dois avoir trois entretiens, et en plus, ça ne change rien. Je voudrais que tout soit comme cette cuisine. Je suis venu, je leur ai dit que je voulais faire quelque chose, et ils m’ont donné du travail ».

L’autre, je l’ai rencontré au « coin vaisselle ». Un Italien qui a vécu les vingt-cinq dernières années de sa vie au Canada. Il m’a raconté beaucoup de bêtises relativement improbables, mais il m’a surtout dit « My name is Cesar, like Cesar salad ».


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