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Yasmina Reza

On a vu l’artiste.

Ça nous a bien mis les méninges à chaud. Ce qu’il y a de formidable avec ce jeune homme c’est le déséquilibre entre ses peurs du monde, de l’avenir, de sa création; et ses certitudes de plomb sur ses valeurs, la hiérarchisation qualitative de l’humanité, ce qui est bien en général.

Il est assez grand et propre sur lui. Sa tignasse rousse est totalement imprévisible. Le look de l’artiste est celui d’un intello en 89. Comme je le connais depuis très longtemps, je l’aime beaucoup. Ses déviances et son auto centrisme ne me gênent plus vraiment. Et puis, il y a sa musique:

J’ai une grande tante complètement mystique, vieille fille et pleine de convictions. Elle est intense comme on dit ici. Impossible de lui dire qu’elle a des jolies chaussures ou de parler de la météo.

Même chose avec l’artiste. Rien n’est anodin –ce qui ne veut pas dire que rien n’est léger. Jusqu’à ces amourettes dont on ne peut parler qu’en ayant en tête la déviance douce du Humbert Humbert qu’il pourrait devenir ou son contre féminisme un brin réactionnaire. Tout est pensées, réflexions, et mises en perspective. Et c’est bien. Mais dense.

Parfois je me dis aussi qu’il y a un peu « d’entre soi ». Quand je nous entend name dropper des auteurs morts à chaque coin de phrase par exemple.

Il y a 4 ans je m’étais acheté un t-shirt qui portait l’inscription « Art is dirty job but someone has to do it« . Je trouvais le message un peu débile mais j’adorais le coton gris chiné. Mais quand je pense à l’artiste, ces mots prennent tout leur sens.

On part à la Nouvelle Orleans.

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Hier j’ai fait des courses de Noël, je suis d’une originalité folle.

Je devais m’arrêter Midtown d’abord. C’était noir de monde, je me demandais vraiment qu’elle idée j’avais eu d’aller dans ce quartier envahi par les retardataires du cadeau, et surtout des tripotées de badots en goguette. Heureusement j’avais une escale à Chinatown ensuite, bien plus tranquille.
Et enfin Soho, étrangement calme. A l’exception de la boutique Pylones, qui n’avait rien à envier au corner chaussure Chanel du Bon Marché un premier jour de solde -pour ceux qui ne suivent pas: petit et bondé.

Ensuite je devais remonter dans l’Upper East Side pour acheter une baguette avec le moustachu. Merde, c’est Noël.

Donc là on se retrouve chez Lamazou, un épicier français. Entendons épicier au sens le plus classique du terme.

Des pubs des années 80-90 qu’on ne voit que jaunies dans des magasins de hameaux microscopiques. Sincèrement charmant. Un choix de fromage plus qu’ honnête (du vrai Comté au Petit Basque). Et tout un tas de choses qui fleurent bon notre belle terre de France. En rayon, certains biscuits ont l’air d’avoir pris le bateau au départ d’Oran en 1962.

Lamazou est méditerranéen, dans la force de l’âge et il porte un cachemire jaune poussin et ses lunettes sur le bout de son nez. Très avenant.

Il nous demande des nouvelles de la France. Le moustachu, comme à chaque fois, a l’air de retenir son offusquement. J’ai toujours un peu envie de forcer le trait en répondant à cette question souvent bêtement posée; de dire qu’on en est revenu aux tickets de rationnement et que le taux de chômage est à 42%, sans parler des émeutes régulières et meurtrières qui éclatent dans nos banlieues ghettos racistes.

Nous nous contentons de répondre que tout va bien. Dans la foulée il nous demande si on pense que Chirac va etre ré-élu. On se regarde, éberlués. Il se reprend. On sourit tous les trois de l’évocation de Jacques. Ah Jacques!

© Jacques Pavlovsky/Sygma/Corbis/Jacques Pavlovsky

 

Sinon, voici mon déjeuner de Noël sur mon rooftop, désolée, #EmpireStateOfMind.

Noël, en expatrié a un côté à la fois décadent et incroyablement décontracté.

Joyeux Christmas

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