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Sandy

*** Attention, ça risque d’être le post le plus long de toute l’histoire de la blogosphère. Genre vous avez le temps de mourir avant d’arriver à la fin. En même temps, il y a des l’amour, de la violence, et de la passion dans ce post. ***

Lundi je partais guillerette en auto avec ma coworker pour aller « illustrer l’ouragan » pour Thalassa. La veille j’avais passé un long moment sur Skype avec un rédacteur un peu du type dont je vous parlais il y a moins d’une semaine. Celui ci avait la spécificité de me parler comme s’il m’envoyait au casse pipe (et moi pendant ce temps la je lui riais au nez, en me souvenant d’Irène). Mais il m’était sympathique car il répétait qu’il faut respecter les gens, que ça allait être une situation de crise pour eux etc. L’exacte inverse des mecs qui te disent: « Bon… Et t’hésite pas à les faire pleurer un peu, les lâche pas..« . Fait intéressant: si vous avez le malheur de dire au mec que vous n’avez pas pour habitude de jouer les mauvais psys, ni de pincer vos interviewés pour susciter l’émotion, le mec en déduira immédiatement que vous manquez clairement d’expérience, et pas simplement que vos opinions sur la maïeutique divergent. Pourquoi pas.

Donc nous partîmes pleine d’entrain. Elle avait décide d’aller d’abord à Red Hook pour voir « si ça bougeait ». En effet ça bougeait dans tous les sens, entre ceux qui essayaient de décamper le plus vite possible, verts de peur; et ceux qui fanfaronnaient en accumulant les sacs de sable à leurs portes.

On zonait comme des loubards entre des tentatives de micro trottoirs et quelques incidents électriques.

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Vers midi ça a commencé a souffler vraiment. On est allé voir la conférence de presse de Bloomberg au Emergency Center, et je voudrais ouvrir une parenthèse: j’ai tellement couvert d’événements où il était à portée de main que j’ai maintenant l’impression que Bloomberg est un vieux copain. La petite conf: Bloomberg conseillait de se faire un sandwich avant de se caler devant la télé (« va-t-il le faire lui même? », se demandait notre reporter), et expliquait qu’il comprenait que c’était « cool et viril » de surfer mais qu’en bref, il ne voulait pas risquer la vie de maitres nageurs pour des petits cons: sacré Bloomberg jamais en rade d’un bon mot.

Ensuite on a pu aller dans les cellules de crise. Le truc de film. La matrice.

Une chargée de com à tête de Bambi stressée nous a fait faire le tour.

*** Attention! Si tu n’es pas journaliste ou mon mec ou ma mère, ce qui va suivre n’est PAS intéressant. ***

Là ami journaliste, tu es dans une situation très délicate. Personne n’a le droit de filmer ces salles, tu le sais parce que ça fait 48h que tu harcèles l’attachée de presse. Par amour du pari et par boutade, tu as lancé au hasard à un type qui avait l’air de travailler ici: « sinon après la conf, on peut monter? »

La magie de la voix de FreFem, la French femme (n’hésitez pas à vous toucher les cheveux en prenant des airs de Monica Vitti, sinon ça ne prend pas) a peut-être opéré… Qui sait ? On ne sait pas comment, on ne sait pourquoi (vu qu’en vrai le coup de la FreFem relève plus de l’autoconviction que d’autre chose): mais il a répondu: »peut-être« . C’est improbable: aucun des médias présents à la conférence de presse ne peut aller filer cette salle. Comme ça ne peut pas être juste parce que tu es sympa, le type a juste du faire une erreur. Mais quand Bambi ouvre la porte de la matrice, le doute n’est plus possible. Clairement ces gens ont surement été drogués ou hypnotisés, et quand ils vont sortir de cet état de demi-conscience ils vont nous virer ou sauter sur la camera à pieds joints en hurlant à la mort. Le sujet sera invendable, on se fera virer, ce sera l’horreur, on va mourir, et mon nom sera cité en exemple comme la pire journaliste de tous les temps.

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Donc ma coworker filmait dans tous les recoins et je racontais ma vie à Bambi pour la distraire, et lui faire oublier qu’elle avait ouvert les portes de cet endroit si confidentiel. Tout le monde avait l’air super concentré (heureusement). Entre les rangées d’ordinateurs et de polos Red Cross, et OEM: deux très grands et très vieux juifs orthodoxes. « Ils sont partout ! », se dit notre reporter. En fait, ce sont les principaux partenaires communautaires de la gestion municipale de crise.

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Après ça, il y avait vraiment beaucoup de vent. On roulait jusqu’à la caserne des gardes nationaux, et les panneaux de directions de la voie rapide se balançaient d’avant en arrière, au dessus de nos têtes. Ma coworker parlait de ses éxpériences d’aquaplaning au Kenya. C’était le top.

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La caserne tenait de l’aumônerie négligée avec ces autocollants oubliés sur le recoin d’un plainte, des tableaux en ardoise, et cette odeur de minestrone et de naphtaline. Il y avait un coté Inglourious Basterds. On est vite arrivé dans le hangar. C’était gigantesque et il y avait 10 mètres sous plafond, on aurait dit l’entrepôt d’un zeppelin. Du toit se déroulaient de larges drapeaux américains. Sur les cotés plus d’une centaine de véhicules qu’on ne voit que dans Tintin étaient garés avec précision.

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Passé l’émerveillement, et un coup de poire que ma coworker avait eu le génie d’emporter, les militaires nous ont prêté des casques et on est parties en mission dans des jeeps.

 J’aime autant vous dire qu’en termes d’excitation, on atteignait celui d’un enfant de 5 ans un matin de noël.

Nous sommes arrivés près d’Howard Beach, là c’était plus du vent: c’était les dieux nous sont tombés sur la tête. Il y avait de l’eau partout. Partout, partout, partout. Du coup les seuls trucs auxquels j’arrivais à penser c’était Colchiques dans les prés (vent), « Que d’eau! Que d’eau » (eau), et GI Joe.

Et de ce moment jusqu’à mardi soir on était « embedded » avec l’armée et ça a été comme un long tunnel. Il y avait deux citrouilles qui restaient imperturbables, et absurdes, sur un bout de macadam. Et nous, on était emportée dans le tourbillon d’ordres des pompiers ou des gardes nationaux. On les suivait comme des enfants perdus, et on était le réceptacle de leur mission –qui semblait divine à leurs yeux. En pleine nuit, une tempête prend des proportions héroïques. Du carrefour où nous étions stationnées on voyait les uniformes camouflages discuter avec des hommes en rouge ou en bleu marine comme une équipe avant un match de football américain. On ne voyait pas grand chose en fait parce que les sirènes rotatives des camions et les bandes réfléchissantes nous abrutissaient.

Puis on est monté dans un camion bâché. Deux types en polaire Abercrombie qu’on a ensuite identifiés comme étant des policiers nous regardaient en chien de faïence. Ce qui nous changeait du regard amusé des gardes nationaux qui affichent un sourire goguenard à chaque fois qu’ils croisent ces deux journalistes françaises sans Gortex et sur lesquelles leur casque national ne fait pas très sérieux (je ne peux pas les blâmer, ils ont totalement raison).

Le camion s’est transformé en bateau. Le pompier fumait des cigarettes qui sentaient la Gauloise. Il portait des bretelles rouges, et serrait dans ses mains sales un bout de papiers avec les adresses des gens qui avaient appelé pour être secourus. Deux hommes blonds portaient des sortes de Babygros rouge vif, comme des combinaisons de plongée mais qui leur conféraient une allure totalement clownesque. Ils sautaient du camion dans l’eau qui leur arrivait parfois jusqu’à la taille. Et ils revenaient avec des grappes de gens effrayés. Les premiers c’était une mère genre MILF et son fils, genre Zac Efron, et leur trois ou quatre chiens (il y avait peut-être un chat dans le lot). Ensuite trois obèses sont montés. Madame obèse n’en menait pas large. Elle venait d’enlever des bigoudis sur ses cheveux cuivrés. Je le sais parce sue je m’y connais très bien en mini vague. Monsieur obèse ne devait pas en mener large non plus, mais il voulait faire son malin, donc il parlait très fort et il était très très énervé. Il avait un cigare mouillé dans la main et une sorte de lampe à pétrole qui a éclairé le camion jusqu’alors dans la pénombre. D’un coup les gens ont perdu leur masque inquiet et émacié. Ils étaient seulement concentrés. Il a demandé au pompier d’aller voir sa voiture à deux rues. Le pompier à la cigarette a répondu qu’il avait des bébés à aller chercher. Monsieur obèse a ronchonné. Mademoiselle obèse, une vingtaine d’années, un bas de pyjama en pilou et des bottes à imprimé burberry (je crois) textait frénétiquement et donnait des nouvelles de la famille obèse à sa mère qui couinait un peu.

Puis il y en a eu plein d’autres. Et le safari aquatique est rentré au carrefour où les lumières des ambulances et des camions de pompier éclairaient comme une guirlande de noël des rues sinistres. Il y avait aussi une banque à ce carrefour, et dans la vitrine une lumière blanche qui a flashé toute la nuit comme si une alarme s’était mise en route. Avec les sirènes on aurait dit le set d’un clip d’Amanda Lear.

Les rescapés devaient prendre des bus pour aller dans des hôtels. Il y avait un couple qui répétait d’un air hagard qu’ils habitaient en zone B et que donc, ils ne comprenaient pas ce qui leur était arrivé. Une famille avec des femmes voilées était assise au fond du bus et un jeune père faisait risette à son bébé. Je crois que ce bébé avait fait une crise d’asthme et que la famille avait été évacuée parmi les premières. Ils avaient l’air soulagé et serein en tous cas. Et puis il y avait monsieur obèse. Qui n’était toujours pas content. Il meuglait dans son téléphone: « Non mais vient me chercher, nous laisse pas là, tu ne peux pas me faire ça. Mike: viens me chercher. Viens me chercher! Après tout ce que j’ai fait pour toi! Non mais je m’en fous de l’ouragan: viens me chercher! Mike! Tu vas m’entendre si tu ne viens pas nous chercher. Je peux pas rester là. Tu viens !« . Je pense que Mike, ou quel que soit son nom, a fini par céder puisque la famille obèse est sortie du bus.

Nous en revanche on est resté dans le bus parce qu’on grelotait. Les trois policiers qui conduisaient des bus s’appelaient quant à eux bel et bien Mike. Le premier Mike portait un cirée jaune, et était lugubre. Il a répété plusieurs fois que c’était l’enfer « out there », et qu’on allait retrouver des gens morts là bas, dans l’enfer. Le deuxième Mike nous a mis le chauffage à fond pour qu’on de réchauffent les pieds et a gentiment rigolé à toutes nos blagues. Le troisième Mike s’inquiétait pour sa maison à Long Island et nous a donné des bananes en nous souhaitant bonne chance.

A un moment on ne savait plus quoi filmer. Tout le monde était ahuri (je me répète ?). Le Caporal Lenehan nous a prises sous son aile. Il nous a emmenées (en jeep, ouais !) dans une station service et nous a acheté des croissants industriels qu’un Pakistanais a micro-ondés. C’était trop bon.

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A partir de là on s’est mise à rechercher le mec qu’on suivait: le Capitaine Perez, qui ressemblait un peu à Uncle Ben en jeune. Le capitaine Perez était fatigué. On a erré de jeep en jeep. On a rencontré Rodriguez et Soto, respectivement 24 et 21 ans. Ils nous ont raconté quinze fois qu’ils avaient sorti un vieillard de sa maison, et que ce vieillard était resté 45 minutes sous l’eau dans sa cave en respirant par un tube, qu’il délirait quand ils l’ont trouvé parce qu’il s’était ouvert la tête et qu’il avait du « brain juice » qui sortait de son crâne. Effectivement les sièges de la jeep étaient recouverts de sang. Ils faisaient les fiers à bras mais ils avaient l’air d’avoir été impressionnés. Capitaine Perez était plus fatigué que jamais et on a donc rencontré Capitaine Woods qui ressemblait à un prof de maths, carré et sérieux, mais sympa.

Soto et Rodriguez buvaient des énergisants mexicains en nous expliquant la magie du MRE: meal ready to eat. Ce sachet contient un repas à 25 000 calories et surtout un sac plastique magique qui te permet avec un tout petit peu d’eau de réchauffer ce que tu manges. Vu qu’on était beyond fatigue, on a trouvé que c’était dément et on les a filmés. N’importe quoi

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Ensuite on a conduit jusqu’aux Rockaways pour faire le plein. C’était parfois lunaire, parfois bordélique. On voyait la fumée partir de Breezy Point –et je ne veux pas faire mon Hemingway, mais it smelled like chaos. Comme un film d’archives de la guerre des Balkans : des maisons en papier mâché à moitié écrasées, et des gens sur le bord de la route, hébétés. Toutes ces petites chaumières de plage avaient été déracinées et il y avait des bateaux sur la route. On  n’a pas pu faire le plein parce qu’on a du accompagner un convoi qui évacuait deux vétérans de 70 ans. Lenehan n’arrêtait pas de nous dire: « Vous vous rendez compte! Ils se sont tenus par la main toute la nuit! Sur leur lit qui flottait! Deux vétérans! ». Je ne comprenais pas pourquoi ce petit bonhomme était si excité. Je regardais par la fenêtre et j’en croyais pas mes yeux: plein de gens partout devant ce qui ressemblait à une décharge géante. Et je me suis endormie.

Après il s’est passé un certain nombre de choses sans trop d’intérêt. Tous les humains me semblaient soit épiques, soit complètement légumes.

On a fini par partir. A la caserne on a retrouvé le grand chef, que tout le monde appelle Kornell et qui m’avait dit 30 heures avant: « Vous savez, moi depuis l’Afghanistan, j’ai l’habitude des journalistes » avant de décocher un sourire émail diamant. Comme si des yeux bleu ciel de poupon en celluloïde ne suffisaient pas à le rendre sympathique. On a dit au revoir à son homme de main aussi, Migliore, qui était si gêné parce qu’on l’appelait par son prénom, et qui s’était senti obligé de deux choses: nous faire un cours sur les grades et les insignes, et nous faire accompagner d’une recrue francophone; un Burkinabé canonnier (et si !) dans l’armée mais qui voulait faire un Ph.D de micro biologie.

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On était sale. Je regardais ma coworker et je lui trouvais, comme aux militaires, un air épique, comme une héroïne albert-londresque. On a repris un coup de poire avant de se mettre en route.

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Hier j’ai fait une interview pour 50 Minutes Inside.

Ce qu’il y a de bien avec cette émission, c’est que comme on préfère un peu éviter de trop penser au sujet en lui-même, on a tout le loisir d’être hyper carré sur la méthode. Et puis quand mes parents me disent que je travaille sur des reportages qui ne portent que sur les starlettes, je leur dis que si ça touche autant de gens c’est (peut-être) qu’il y a quelque chose derrière tout cet engouement pour les célébrités. Parfois je me dis que Whitney Houston ou Brad Pitt remplissent la même fonction de modèles ou de contre exemples que les dieux antiques des Grecs.

Bref, je suis partie avec un chef op en extra car tout le monde est à fond sur le tournage de Danse avec les stars  les élections.

Alors ce mec incarne quelque chose dont je voulais parler depuis longtemps.

Il est legit.

Vous savez ce genre de personnes qui ont l’air compétents (et cools).

Il a entre 48 et 60 ans (je suis très mauvaise pour les âges). La peau brunie, le cheveu grisonnant argent et le regard très vif, il inspire une certaine sagesse. Il porte des baskets turquoise et un blouson sable. Il s’exprime avec une certaine désinvolture, et le ton de ceux qui n’ont rien à prouver. Précis dans les termes qu’il utilise, serein dans l’échange et curieux d’un très large éventail de sujets: le mec est LE journaliste.

Ce n’est pas seulement l’anneau en or qui brille à son oreille ou le sac à dos multipoches. Tout son être inspire l’homme de terrain. Même la façon dont il se tient, pieds parfaitement parallèles, jambe légèrement écartées quand il tourne sans pied.

Il se trouve que par ailleurs j’ai trouvé les images belles. Mais on ne parle même plus de ça quand on est en face d’un tel énergumène. Je voudrais comprendre s’il est devenu un personnage, où s’il est né Indiana Jones Albert Londres.

Avant je me laissais impressionner par le moindre journaliste qui portait un blouson en cuir et le poids des années dans ses grandes mains de grand homme. Maintenant je fais plus le tri, et je réalise que quel que soit me prodige de représentation que ces personnes réalisent, elles n’en deviennent pas plus divines. En attendant, je me pose cette question un peu bécasse: y a t il des gens qui naissent avec le swag ultime ce métier dans la peau?

Homme des sables

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Abrutie

Je vais à Boston pour tourner un sujet corporate. Les marinas et les forets plus vertes que nature défilent par la fenêtre, comme les noms de stations toutes sorties de soap-opera -Providence, etc.

Je ne sais pas trop à quelle sauce je vais être mangée puisque je travaille avec des « locaux« . Comme je suis « producer« , je vais devoir leur donner des directives. Comme c’est un sujet corporate, il y a beaucoup d’argent en jeu et on m’a donc bien serrée la vis.

Et pourtant je n’arrive pas à m’angoisser. Ça doit être parce que je connais bien mon sujet. Ou juste parce que les paysages idylliques qui se succèdent me rappellent les peintures animées de cascades dans les restaurants chinois. Ceux devant lesquels on peut rester toute une vie. Voilà à quoi je pense maintenant.

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En direct du bureau où ma vie est suspendue à des barres de chargement de sujets sur un serveur de la banlieue ouest parisienne, aka ProductionLand.

 

J’ai eu une journée sans fin, ni marmotte. En revanche des interviews incroyables ont eu lieu. Notamment une chez Harper’s Bazaar. OMG OMG OMG OMG OMG j’ai été dans le fashion closet du Harper’s Bazaar en pleine Fashion Week ET interviewé Avril Graham-genre j’aurai limite pu rencontrer MKO!- OMG OMG OMG OMG OMG.

 

BREF Filezilla (qui fait la livraison à Boulogne, Issy-les-Moules ou Neuilly) et moi, on vit quelque chose d’assez intense; je les dévore des yeux, et lui il s’en fout. Je place tous mes espoirs en lui. Il transporte mes petites interviews soignées à des rédacteurs en chef qui les trouveront évidemment souillons.

C’est comme si Filezilla était mon hermès messager.

 

En parlant d’Hermès, je me suis entendue dire à Avril Graham, « I’d say I’m more of a Hermès girl » alors qu’elle me demandait mon positionnement géostratégique entre Dior et la maison orange.

C’est vrai.

 

Après j’ai visualisé à quoi je ressemblais à ce quatrième tournage de la journée: le cheveu effondré, le blush comme seule ruine, clownesque désormais, de ce qui fut une mise de jeune fille en fleur ce matin, une longue chemise/liquette/on ne sait pas trop en chambray bleu chiné American Apparel qui fait d’habitude « ouvrier coréen-retro-chic-intemporel-Céline » quand elle est repassée, mais qui là, faisait juste « ouvrier coréen après une semaine d’usine », et -comble de l’horreur- un legging noir élimé que je possède depuis aussi longtemps que la Corée existe. J’étais aussi suante qu’une femme après huit heures de travail et l’accouchement de triplets sumo, deux numéros de téléphones français écrits sur la main, mon sticker « media » de la Fashion Week sur mon sac et des cernes d’un violine particulièrement 2011. En fait je me dis même rétrospectivement que sa question devait être d’une pure politesse formelle, façon « how do you do ? » britannique.

 

J’étais donc tout le contraire de Marion Cotillard (OUT OF THE BLUE !) dans cette vidéo sur laquelle je viens de tomber par hasard et qui me fait comprendre le charme d’un microscopique accent français dans un anglais parfait. (oui, je viens de passer 20 minutes à scruter Filezilla et mon ordi en même temps, courant 2 lièvres a la fois par flemme d’écrire un post sur mon fail harper ‘sbazaarien: n’importe quoi).

En tous cas, c’est pas avec tout ça que je vais choper Filezilla qui, a l’heure où je t’écris ces lignes lecteur adoré, n’a chargé que 2% de plus de mes sujets, me promettant une nuit au bureau. Classe le mec.

Filezilla mon amour

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