Archives de Tag: wall street

Alors, il vient de m’arriver quelque chose de tout à fait FOU!

Depuis une dizaine de jours on reparle de Zuccotti Park.

A chaque fois que je tombe sur l’interview d’un punk édenté sur NY1, j’ai un petit frisson de tendresse et de nostalgie.
Du coup j’étais passée voir à quoi ça ressemblait. Là où sont nées les plus grandes heures du Drum Circle et des châteaux en carton, il y avait UNE tente et trois millimétrés du bulbe qui ne jouaient ni du tambourin, ni de la guitare. Déception.

Sauf que là je viens de voir un mec dans le métro avec un carton 99% dans son chapeau. Un haut de forme en feutre un peu dégueu, le chapeau. Lui: pas très frais, barbu, la vingtaine, gros sac a dos de randonneur pro avec gourde en métal brossé accrochée dessus, et enfin: un grand sac en plastique plein de PANCARTES! Malheureusement pas de bandjo.

Mais c’est un vrai Occupeur, ni un hipster en manque de sensations fortes, ni un vétéran ami de Jésus, ni un semi clochard.

Mais quand il est sorti à Fulton Street, le doute n’était plus permis: il allait bien rejoindre ses copains, l’AAU -Amicale des Amateurs de ukulélés, à Liberty Plaza.

Ils sont Revenus, les Vrais.


#OWS, Ils Reviennent!

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Occupy Wall Street, Kitchen

J’ai désormais mes habitudes au « Park ».

Plusieurs raisons à ça.

1- C’est une mine de sujets. Il n’y a qu’à se baisser, tu tombes toujours sur un portrait qui déchire, une histoire improbable, une bonne photo de punk au réveil ou de hippy béat -et ça, ça fait toujours plaisir.

2- Il y a toujours une meute de « vrais journalistes ». Occupy Wall Street c’est (un peu) aux wannabe reporters ce que le Salon du Bourget évoque aux petits garçons de sept ans.

3- Plus j’y vais, plus je me dis que je dois y retourner. Je passe par ailleurs mon temps à promettre à des semi-clochards que je reviendrai… Et je tiens toujours souvent mes promesses.

Cliquez sur César!

CRouveyrolles

Depuis le début quand je passe devant leur cantine, j’hésite entre un camp scout et un festival de tri-hop de rue dans la campagne de Cahors.

Même quantités ahurissantes, même hygiène relative, même capsules multicolores de bières éparpillées et écrabouillées, mêmes ados affamés avec du nutella aux coins des lèvres,…

Au départ ils disaient qu’ils achetaient la nourriture eux-mêmes avec un pot commun. Ensuite, ils ont reçu beaucoup de soutiens – incluant celui d’un chef étoilé (#comme-quoi).

Ils auraient obtenu une cuisine après avoir passé un appel sur Twitter

Je passe souvent le matin, et ces derniers jours, il pleuvait. Les « occupants » se serraient sous des bâches avant de plonger leur bras potelés et/ou tatoués dans des grandes caisses en plastique pour faire la vaisselle avec conviction mais sans efficacité.

J’ai donc passé un petit moment avec eux ce matin, et j’ai rencontré deux drôles d’olibrius.

Adam qui vient de Syracuse, NY. Je me suis dit que ça devait être chouette d’habiter à Syracuse, mais en fait ça a l’air de craindre. Diplômé en « Writing » (#lol?), ce type poupon de 32 ans n’a pratiquement jamais exercé le métier d’auteur.

Il a rejoint ces indignés parce qu’il n’a « jamais participé à quelque chose d’important ».

Il m’a dit qu’il voulait croire que Wall Street serait une révolution, « comme Facebook! On ne savait pas au début que ça deviendrait aussi énorme! ».

Il m’a dit qu’ici bas on était « contre les Fat Cats des derniers étages de ces tours ». Mais il m’a aussi dit que si l’un d’entre eux descendaient pour lui offrir du travail il n’hésiterait pas une seconde.

Adam pense que ses copains hippies ne sont pas des paresseux : « Je suis prêt à faire n’importe quel job ici, mais même pour bosser chez un vendeur de bagels, ils te disent qu’ils te rappelleront dans quinze jours… Tu as beau leur dire que tu vas travailler à fond, et être sincère, tu dois avoir trois entretiens, et en plus, ça ne change rien. Je voudrais que tout soit comme cette cuisine. Je suis venu, je leur ai dit que je voulais faire quelque chose, et ils m’ont donné du travail ».

L’autre, je l’ai rencontré au « coin vaisselle ». Un Italien qui a vécu les vingt-cinq dernières années de sa vie au Canada. Il m’a raconté beaucoup de bêtises relativement improbables, mais il m’a surtout dit « My name is Cesar, like Cesar salad ».


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Sunday in the Park

Cliquez sur la dame.
CRouveyrolles

Dimanche à Zuccotti Park.

Beaucoup de familles et beaucoup de religieux.

Ce qu’il y a d’agaçant chez ces gens c’est qu’ils se mettent en cercle, ils dansent, et ils répètent ce que le plus débilos de tous raconte. Parfois à la guitare.

 

 

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Back in 68

Hippies!? Where??Allright.A toutes les sauces."Putain, tu sais pas ce qui m'arrive !?"The flag.Hirk.
AAARGH.Michael Jackson.Cuties.Du beau monde.Knut Elmut Olaf.Hypermedia.
Greed. #fatcats#iconGROS PUNK.99%Bah voyons.IMG_3386
Des vieux hippies.Un home avec une femme.

Protest, Occupy Times Square, a set on Flickr.

Evidemment, il y avait des crétins qui dansaient en ronde. J’ai vu beaucoup d’adolescentes, une file déguisée en Janis Joplin, des pancartes ridicules et d’autres très bien vues. Toutes les télés étaient là. Ils étaient beaux, bêtes et émouvants de vérité.

Les Américains les regardent ainsi en tous cas.

Personne ne veut y croire.

L’Artiste a une amie qui set venue de Virginie pour le week end. Le tout lui rappelle Angela Carter et ses copains. Fox continue à les traiter comme Lieberman traite les habitants des tentes de Tel Aviv.

Les ressemblances sont déroutantes. Pour autant comment prendre au sérieux une bande d’ahuris déguisés et qui dansent en faisant onduler leurs dreads luisantes de beurre d’avocat?

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Même si ma frequentations de saltimbanques à pantalons bouffants a incroyablement augmenté récemment, j’ai fait une exception hier soir. Faire un saut chez la cousine d’une amie. Une française très infusée dans le grand bain New Yorkais.

Elle habite un appartement rétro. Du mobilier sixties rouge se frotte à de l’électroménager photographié pour des pochettes d’albums de groupes indé. Son coloc joue du synthé debout. Une autre est une femme d’affaire de produits de luxe; seule, étrangère, alcoolique. Une autre encore est une artiste bas de gamme et encore une enfant.

Je ne sais pas si on peut poser là les bases d’une théorie systématique, mais le phénomène d’attraction irrépressible d’une communauté donnée sur une capitale mondiale spécifique se vérifie.

Aucun rapport avec les diasporas, les retours au pays en fanfare, … Je parle de tribus.

A Ramallah, on croise des adolescents à peine verts qui cherchent la Cause d’Une Vie. La Cause qui leur donnera enfin une raison de vouloir mourir. La Cause qui leur permettra enfin de résoudre la terrible question de leur identité. On croise des anarchistes dont le désir ardent de défendre la veuve, l’orphelin et les drogues douces dépasse leur intérêt pour le shampooing ( -un point de vue qui se défend).

A Beyrouth, un paquet d’orientalistes aux mégots puant le foin des Indes et aux oripeaux vaguement levantins se caressent la couenne avec volupté, chantant les louanges de ce pays incroyablement mixte et mosaïque ( -honnêtement, rendons ce mot aux carreleurs qui l’emploient bien plus noblement).

En Guyane, pas besoin de décrire ces Métropolitains bien trop blancs, amères et/ou constamment sous opiacés.

A New York il y a des gens comme cette Cousine. Une Intellectuelle. Une fan de Cinéma. Une fille qui parle de Camus comme d’autres parlent de Gros Quick. Les lunettes rondes en écaille ne trompent pas.

Elle écrit e fabuleux scénarios. Elle se raconte comme un Dickens. Elle voit le monde derrière ces petites lunettes, mais avec grandeur.

Son cercle est infini. Ils sont partout. Amusants, et contents d’eux.

Ces Français -souvent- qui sans cesse me parlent de “New York, ville debout”. Sans que je puisse discerner si c’est un homage ou un emprunt.

Only in New York, the ultimate French people

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Occupation sous la pluie


CRouveyrolles

Ce matin en me réveillant, ça m’a comme pris à la gorge. Il pleuvait, j’ai pensé à ces pauvres hères parfumés au patchouli et aux rognures d’ongles à Zuccoti Park. Je suis retournée voir ceux qui font les zouaves devant toutes les télés du monde depuis un moment.


Le 17 septembre quand ils se sont installés, il faisait très beau. L’asphalte brulante et le sable au fond des sacs à mains a longtemps donné à New York un air de ville qui refusait de retourner travailler après le Labor Day.

Le 16 septembre je prenais un verre avec Don Juan dans un repaire de Gossip Girls sur le retour (superbe vue néanmoins). Il comptait passer à ce “trucs de tentes à Wall Street” le lendemain.

Le 5 octobre, défilent au moins 5 000 personnes –hippies, punks à chiens, vétérans, pin ups au rabais, anciens traders rattrapés par leur culpabilité judéo chrétienne (ou leur envie de se serrer une beatnik), journalistes de tous poils, étudiants désoeuvrés, et quelques autres personnes dont:

1-    Mon amie new-yorkaise, lefti, pro-pal -probablement en transe, l’écume aux lèvres et prête à brûler l’intégralité de ses vêtements,

2-    Tintin, mon grand copain à l’école,

3-    Mime, ma colocataire – qui se fendra ensuite d’un article qu’elle écrira toute la nuit à la lueur de la bougie, la flamme du combat politique dans le coeur.

Depuis le 17, j’y ai passé de longs moments. Y aller est peut-être moins frappant que parcourir les témoignages de ce site des 99%. Je ne peux pas m’empêcher de me dire, à quelques MacBook près, que le park ressemble très précisément à l’idée que je me fais de mai 68.

Ils sont parfois agaçants avec leurs citations d’étudiants en première année de philo, leur revendication d’hédonistes attardés, et leurs contradictions évidentes. Pour les exactes mêmes raisons ils sont touchants et évidents. Parfois même, leurs idées sont concevables.

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