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Job hunting

Hier soir j’ai eu le bonheur de hang out avec mes vieux copains de la fac.

C’était comme d’habitude dans les pires bars de Midtown dernier vestige de l’époque où cette partie de la ville était une cour des miracles crado et sexy comme une strip-teaseuse.

Une des anciennes camarades de classe me racontait ses débuts de recherches de travail. Comme je sais que ça va me tomber dessus très bientôt, j’écoutais très attentivement cette leçon d’americanattitude. Elle a « un plan« , et surtout je trouve sa détermination admirable. C’est le genre de personne qui se dit : « je préfère ne rien avoir plutôt que d’être sur-qualifié pour le job ». C’est l’enjeu de ces étudiants super endettés en sortie de leur sacro-sainte grad school, je comprends donc bien que l’idée c’est surtout de trouver un poste qui te rapporte plein de pognon. Néanmoins, en comparant son attitude de jeune diplômée et la mienne… Je mesure le génie de ce pays dans lequel développer une telle force mentale (et une confiance en soi presque questionnable) est possible.

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Hier soir j’ai diné chez des gens qui habitent près de l’ONU. C’est un peu le profil Ricoré.

Les femmes ont souvent l’air de sosies de Charlotte Rampling -l’actrice dont on ne sait jamais si elle incarne la classe ultime ou si elle est juste ringarde. Vous me direz que depuis que Baptiste Giabiconi est featuré dans les épisodes de Pardon My French on ne sait plus où on est en sur le baromètre de la classe.

Les hommes malgré une coupe de cheveu parfois approximative sont impeccables de masculinité chaude et avenante.

Les lumières, et les tomates farcies étaient aussi impeccables.

Autour de la table, une majorité de couple. Tous avaient l’air sortis d’un traité de bonne entente dans le mariage. Ils se regardaient, ils regardaient les autres, ils valorisaient leur partenaire en l’enveloppant d’un regard fier, … C’était plein de tendresse et j’ai d’abord pensé que ça avait du être un boulot dingue pour arriver ça, et que ce pays avec ces rayons entiers de self-help etc devait bien avoir inventé quelque chose qui fonctionne; puis j’ai réalisé que c’était seulement plusieurs cas de Love parfait réunis dans une pièce.

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Autre détail louche: tout le monde était super contents. Content le mec qui travaille 90 heures par semaine et qui a solennellement éteint son portable avant de s’asseoir même si je le soupçonne de l’avoir juste mis sur vibreur…

Contente la femme comédienne/actrice/chanteuse/prof de yoga qui ne parlait presque pas un mot d’anglais et à qui son mari devait tout traduire.

Content le type qui après avoir ramé pour travailler dans le cinéma a suivi sa femme ici ou il est père au foyer depuis trois ans et deux bambins supplémentaires.

Ils étaient contents de parler de New York ou d’autres villes cosmopolites, sereins, comme s’ils avaient atteint ce moment de plénitude totale où l’on peut être passions sans drame et avoir les pieds sur terre sans cynisme.

Même si j’adore parler de la Corée du Nord, j’ai du partir à peine le dessert desservi. Je peux être convaincue assez vite et j’avais très très peur qu’ils m’embrigadent dans leur secte.

Juvamine

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Point G

J’ai eu la ligne G en 15 secondes à l’aller et au retour: j’aurais du savoir que quelque chose ne tournait pas rond, que la G -la ligne des G-hipsters, les hipsters cheap; la ligne qui ne fonctionne jamais correctement- m’envoyait un signe.

Elle me disait: « tu as masterisé Brooklyn, tu es prête pour ton grand moment ». Et donc voila: j’ai vécu la soirée de hipster ultime, je m’en rends compte maintenant. Je m’en vais vous la conter.

Cordialement invitée par le Professeur Tournesol, j’arrive à East Williamsburg dans un loft au style indéfinissable. Je dirais à mi chemin entre la maison close de Timisoara et le set d’un film amateur indie sur des colocs sympas qui seraient en fait des vampires. Bref, il y avait une immense première « pièce à vivre » très haute de plafond, avec des tentures bordeaux qui partent d’une sorte de lustre abstrait. C’était un duplex donc en montant un long escalier en bois -ce genre qui fait toujours « Bienvenue aux 2 Alpes »- on arrivait à une chambre style backroom. En bas une autre chambre d’inspiration Cendrillon. Et un très grand backyard.

Ensuite avant de vous donner une info assez révélatrice, je veux vous dire que je l’ai fact-checké du mieux que je pouvais plusieurs fois pendant la soirée: je ne dis pas par sarcasme ou simplement par facilité. 90% des hommes portaient une chemise à carreaux, 60% une barbe. Ça c’est un élément de décor.

Pour les filles c’est toujours plus compliqué. Certaines portent la licorne. D’autres ont des looks que seule une ado pourrait assumer, le mini short en jean cisaillé ET bleach, le t-shirt à fleurs en matière synthétique, et des lunettes de soleil H&M. On se Je redemande toujours quel est le statement derrière tout ça ? Autre que « baise moi », j’entends.

Bref l’assemblée a un bon vernis hipster. Bon ça ne veut pas dire que les mecs sont de vrais hipsters, ie : free-lance, locavores, plus ou moins décroissants ou au moins adeptes du « mieux consommer », et appréciant les idées de communautés et de tribus un peu floues. Non la je parle des hipsters comme on en parle dans la presse européenne: une bande de jeunes à la mode.

Il y avait des fraises au chocolat, et de la PBR. Au début la programmation musicale était à la hauteur de la chemise en flanelle. Et puis plusieurs litres de PBR plus tard, il y avait du Rihanna et personne ne trouvait à y redire.

A l’exception d’un Canadien qui était marin, et encore c’était un marin free-lance, tout le monde travaillait plus ou moins dans les médias ou la création.

Ces gens là me sont familiers. Je connais ces mecs qui font du coworking, lancent des agences de news, des boites de prod de courts, des plateformes interactives, des labels vraiment pointus, des collectifs de stylistes, des projets de création protéiforme,…

Je n’y vois aucun problème. Ça m’amuse parce que mes amis Parisiens, Libanais et même Ramallawis font exactement la même chose. J’ai trois potes qui font de la finance (et plutôt solidaire), une toute petite poignée de commerciaux (et encore ils ont toujours un peu créateurs), deux ingénieurs,… Je ne connais presque personne qui a un poste fixe, et très peu qui travaillent pour un organisme public.

Tout le monde parlait donc de « projets », de « capstone », de « pitchs » et de « pieces » -le tout réalisé chez Third Ward entre Greenpoint et Bushwick.

Lifestyliment parlant, je me suis retrouvée coincée dans une conversation où j’étais la seule à ne pas avoir de vélo. Et j’ai entendu plusieurs fois, des jeunes femmes et de jeunes hommes parler de se respecter en mangeant bio et/ou local et/ou sans gluten.

Il y avait un vieux copain à moi en pull digne du clip Last Christmas et petites lunettes rondes en écaille. Il parlait très vite. Il était trop excité. High on life. Ou d’autres substances moins licites.

Quand je l’ai retrouvé il était avec sa coloc, une blonde canaille, et un petit mec à la voix de canard. Le petit mec voulait se taper mon copain. Il a fini par me demander avec beaucoup de fébrilité dans sa voix de canard pour que le mec ne soit pas un serial killer, si mon copain en était. Je ne savais pas quoi dire puisque mon copain venait de m’annoncer que les identités sexuelles c’était très reac.

Il a surement été influencé par ce photo shoot en action dans un donjon SM. Quand il racontait cette histoire en détail le petit groupe autour de lui avait du mal à se retenir de saliver. Mon vieux copain a conclu en disant que finalement avec 50 Shades of Grey tout ça était dans l’air du temps, qu’il aimerait bien être une dominatrice et que quand tu vas chez le médecin et qu’il te demande de te déshabiller puis qu’il t’ausculte c’est la même chose que le bondage et l’humiliation sexuelle.

Après la métaphore du médecin on a entendu un « Awhw I’d like that ». C’était le gnome à la voix de canard.

Autour de nous tout le monde avait la pupille luisante.

J’ai dit ce que je pensais de 50 Shades of Grey, que ça n’était pas mon truc tant c’était dénué de tout second degrés et surtout que je trouvais ça très mainstream. Sérieusement en 2012, la plupart des gens qui sont dans la cible de ce bouquin se sont déjà fait un peu violentés par quelqu’un avec qui ils couchaient, et un paquet de gens s’est déjà fait bandé les yeux. Quant au nombre de nanas qui, comme l’héroïne, se font entretenir par un mec qui n’a dans le fond qu’une exigence la fermeté de la cuisse et la lascivité, je crois qu’il est assez important. Et je suis loin de les blâmer.

En plus ce bouquin n’invente rien. Le marquis de Sade, les maisons closes, la soumission…

En fait ça me rappelle un biopic de Madame de Montespan que j’ai lu en seconde.

Donc on ne peut pas vraiment parler de tendances. Et une fois de plus ceci n’est pas un pamphlet contre le pincement de tétons.

En revanche la lubricité des regards autour de nous était assez inquiétante. Peut-être qu’à force de trop se respecter et de parler de consommer mieux on perd un peu le fun de la vraie vie. La vie dans laquelle se prendre trop au sérieux, le seul véritable problème du mouvement hipster si vous voulez mon avis, est un frein à un brin de déviance.

En tous cas quand mon vieux copain racontait ses histoires de donjons et m’interpelait en me demandant si j’aimerais être bâillonnée et que le petit public m’a regardé comme si j’avais dit que parfois je buvais du vrai lait, pas du lait de soja. C’est à dire comme la personne la plus libérée et sulfureuse de la planète, ou au moins de cette soirée.

Du coup je suis retournée parler au marin canadien qui était bien plus rigolo avec ces histoires de pirates des Caraïbes.

Attention je ne crache pas sur les hipsters : quand ils me parlent de leur libération par le yoga, le tatouage ou leur label d’underground chilien je trouve ça super excitant. Je crois juste qu’il ne faut pas les fréquenter trop longtemps.

Mais j’ai impressionné des hipsters et ça, c’est une réussite.

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Bilan légitime

Je vais vous le faire semaine par semaine hein.

Mai:

Semaine retour 1:

CRouveyrolles

Je suis rentrée avec ma BFF. Ce qui a donné lieu à un nombre conséquent d’âneries particulièrement frivoles. Parallèlement, je suis l’assistante  une équipe de France 5 qui réalise un long format sur New York. Je passe le pire anniversaire de ma vie. Mais en même temps, la même semaine je vais voir Sister Act, et comme j’adore James Brown (une qualité que je partage -entre autres- avec Kool Keith, #c’est-fou) je trouve ça formidable, je retourne au zoo du Bronx (#LaCrèmeDeLaCrème), et puis je suis fixeuse pour des journalistes -j’ai donc l’impression d’être une super héros.

Semaine retour 2:

Mime rentre bronzée de son road trip entre gonzesses. Puis elle quitte pour de bon le continent nord-américain.  C’est  la fin d’un cycle.

CRouveyrolles - Mime, mai 2012

Semaine retour 3:

J’ai des copains en résidence au Standard. Je vois enfin les chambres de cette tour d’ivoire. Eh ben elles sont toutes riquiqui. Le week-end je vais faire des interviews à l’Israël Parade. Je me sens extremement mal. Je n’arrête pas de penser à tous ces Mercredis de l’Histoire sur la Corée du Nord.

CRouveyrolles

Juin

Semaine retour 4:

Je fais trois sujets particulièrement géniaux:

– Un festival de musique du sud de la France qui -invité par une sorte d’officine du Languedoc Roussillon à l’étranger- produit Izïa Higelin et Dionysos au Poisson Rouge. Tout ce que cette ville comporte de francophone assiste au concert. Tout le monde fait les mêmes commentaires: 1/ Izïa, elle est trop bonne, 2/Mathias Malzieu il est trop ouf. Tout est vrai. Izïa et Mathias sont clairement possédés.

– Une interview d’une spécialiste d’Angelina Jolie. Tout est dit.

– Le NYPD Car Show. Des malades mentaux qui achètent des vieilles bagnoles pour les maquiller en voitures de police vintage. On ne sait pas trop pourquoi mais il y aussi la voiture de K2000 et la batmobile. Entre vieux flics burinés en marcel -venus avec leur fauteuil pliant de pêcheur- et collectioneurs super citoyens mais doucement timbrés, je suis extatique.

CRouveyrolles

Semaine retour 5:

Je suis malade. Je regarde beaucoup de teasers de films. Du coup je me réabonne à Netflix. Et je me dis que vraiment, c’est une invention qui vaut celle de la pénicilline. Dimanche, je me promène gentiment à Carroll Gardens avec l’Intello. Dans un marché bio (évidemment), je vois des hipsters (évidemment), que je prends d’abord pour des caricatures aryennes croisées avec des menonnites (c’est trompeur!).

Semaine retour 6:

Une de mes collègues qui me racontait des histoires avec un accent chti exceptionnel quitte le pays. Elle fait une soirée chez elle d’où elle tirera cette vidéo exquise.

Last night in New York 18th June by Winepeaches

Je veux déjeuner avec mon Bro à Bryant Park mais il m’explique qu’il fait trop chaud pour être dehors. Il fait trente degrès. Je pense aux Cités d’Or à Râ à Jim qui me disait tout le temps « aux Emirats il n’y a pas la clim dans les prisons… tu te rends compte?! » au désert.

Le week-end je couvre la gay pride, le festival Punk Island, et un festival de fromages. Je me sens Bill Baroud.

Semaine retour 7:

Un stagiaire franco-américain de passage dans ma boite m’apprend les règles du baseball en détails. Je me sens ultimement américaine. HOMERUN.

Mes nouveaux colocs, un duo de hipsters à la française venus tenter leur chance à New York comme on la tentait dans les années 80 (travailler dans la com/pub/mode/luxe/style/concept après avoir rencontré un mec Andy Warhol en boite) font leur soirée de départ. Ils viennent de vivre trois mois d’aventures incroyables. Je les trouve courageux. Puis je me dis que: « les jeunes, c’est l’avenir« .

Je me promène à Greenpoint. J’arrête de regarder la série Girls -dont tout le monde dit que c’est le nouveau Sex And The City *sauf que les héroïnes puent la lose et sont trop mal dans leur Manolo Blahnik baskets-qu’elles-ont-acheté-chez-Goodwill. La série est très intéressante quand même, je dis pas.

 

Juillet:

Semaine retour 8:

Je décrète qu’il fait officiellement trop chaud pour courrir le week-end. Au début je me dis « chouette, c’est les vacances!« . Puis je me mets au yoga. Je croise mon copain Tintin. Il a grossi.

NB: Je hais cette chanson, je me dis qu’au moins vous pourrez chanter à tue-tête comme des débilos en lisant ce post beaucoup trop long. C’est à dire ce que je suis en train de faire.

Semaine retour 9:

Je détiens un numéro de sécurité sociale américaine. Je vois un ballet. Le 14 juillet, la terrasse du Novotel est pleine à craquer de compatriotes un peu tristes. Et un couple marié qui s’est rencontré sur Chatroulette. Dans un autre registre, je me rends compte de l’existence à New York de cet homme qui a la classe.

Le week-end je vais voir ce spectacle qui est carrément intéressant. Je sors du Long Tunnel de la Mauvaise Humeur & De La Haine.

Semaine retour 10:

J’ai des potes hipsters à la maison. Je fais plein de trucs de hipsters.

*Je découvre aussi l’existence de ce jeune artiste urbain dont j’adorerais être la productrice*

Semaine retour 11:

Je fais une interview avec Bob l’éponge à Times Square. J’ai plutôt peur. Je rencontre Klapisch. Je suis plutôt bonheur. Je saoule sa costumière avec des commentaires divers et variés sur les chemises de Juliette Binoche dans Paris, la combi pantalon en soie de Judith Godrèche dans l’Auberge Espagnole et la veste en cuir absolument dinguo de Wendy dans les Poupées Russes. Au bout d’un moment je me dis que je dois avoir l’air d’un serial killer alors j’arrête. En attendant, Klapisch est debout au coin d’une rue de Chinatown. Deux jours avant on l’a interviewé dans un café. Il a dit des choses tout à fait exactes sur New York. Je repense à l’Auberge Espagnole, je me dis que j’avais 12 ans quand c’est sorti, et que j’ai découvert Radiohead. Bref.

Semaine retour 12:

Je vais au cinéma.

 

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