Archives de Tag: amour

Bandaid

Mon ami à moustache est parti. Le journalisme, à coup sûr, va pouvoir renaitre, ayant désormais toute mon attention. Ce qu’il y a de bien c’est que je récupère deux oreillers. Un princess empowerment  important.

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Comme c’est mon blog je peux raconter ce que je veux.

Je prends cette précaution oratoire car je doute que ce que je vais vous raconter ait le moindre intérêt.

La question à laquelle je m’intéressais aujourd’hui est la suivante: qu’est ce qui fait un couple?

Je ne veux pas y répondre par intérêt pour la docteurlovologie, mais bien parce que c’est au nom de ce couple que je quitte New York, et une potentielle proposition de poste à salaire potentiellement mirobolant (whoop whoop !). Or c’est bien de travail que ce blog parle, de cette Very Last Straw qui faisant céder le dos du chameau me permettra d’être une journaliste accomplie (whoop whopp !). La goutte d’eau qui fait déborder le vase du doute. Comme je suis nulle en métaphore je vais m’arrêter la.

Mais si ces sacrifices sont fait sur l’autel du couple… Encore faudrait il avoir une idée de ce dont on parle.

A partir de quand on sait qu’on peut se catégoriser comme couple? A partir de quand doit on prendre ça en compte pour divers choix plus ou moins cruciaux? A partir de quand cesse t on d’être un esprit libre et indépendant, n’engageant que son libre arbitre kantien dans des décisions strictement personnelles et desquelles vous n’avez à vous justifier devant personne?

En fait je n’ai pas vraiment d’éléments de réponse, mais j’y pensais alors que rendus bredouilles devant le Met puisqu’il est fermé ce lundi avec le moustachu, puis errant dans un Upper East Side très ennuyeux, je réalisais que l’être humain a une capacité d’abnégation et une propension au compromis assez dramatiques. J’aurais été seule devant ce musée fermé, j’aurais été folle de rage. Vraiment, je m’en serais voulue de ne pas avoir mieux vérifié les horaires. Trois-quarts d’heure après j’en aurai ri, mais sur le moment j’aurais été verte. Mais là, accompagnée, ça ne posait presqu’aucun problème.

Pour faire un couple, il faut donc de la compagnie.

Mais une compagnie qui peut même être discrète.

De l’Upper East Side je sais qu’à part de très bons restaurants (français), des boulangeries (françaises) et le Lycée Français il n’y a pas grand chose d’intéressant. J’y ai passé beaucoup de temps cet été: j’en ai fait le tour. Mais curieusement ce n’était pas un problème non plus. Après avoir trainé dans un Barnes & Noble (FNAC locale), lire des magazines chacun de son coté dans un salon de thé spécialement conçu pour les veilles dames et les Français du quartier: comme une évidence, c’était particulièrement bien. Seule je n’aurais appréciée  ce moment que si je savais que c’était la seule chose que je puisse faire (grosse fatigue, jambe cassée, ouragan…)

Alors donc pour faire un couple il faut de la compagnie, et aller un peu contre sa nature. C’est ma conclusion.

Je signale aussi que cette expérience m’a permise de mieux comprendre le sourire benêt de notre ami Don Juan qui cet hiver me disait avec une tête de ravi de la crèche: « l’autre soir on a fait un gâteau avec N. »

Tandem

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Retrouvez quelqu’un ça n’est pas seulement des scènes d’aéroports. Je ne sais si c’est propre à la distance, ou bien si, même au quotidien, on finit par perdre un peu la mesure des relations qu’on entretient avec les individus. De quoi s’agit-il ?

Je n’arrive pas à retrouver ça sur le blog donc je ne sais plus si je l’ai déjà raconté, mais en septembre un copain à moi est venu travailler une semaine à New York. On a passé un samedi matin ultimement new-yorkais sur mon canapé, gobelets en cartons dans les mains et traits d’humour franco-américain. J’avais trop l’impression d’être Garance Doré.

Bref ce mec fait de la vidéo aussi. Parfois dans ma bande parisienne j’ai l’impression d’avoir 80 ans en parlant du bureau, du « plan » quinquennal de ma vie –et c’est nul parce que je passe aussi mon temps à dire :

« Si tu as un wok et un PEL, tu as 80 ans, et tu es un bouffon. »

D’autant plus que mes amis étudient le catalan oriental à la fac, sont dans l’évènementiel bio pour deux mois avant de repartir sur un projet en Afrique du Sud, ou cumulent les stages dans des micro-boites totalement borderline tout en gérant leur compagnie de spectacle vivant, ou en bartendant toutes les nuits.

Mais, lui, le videomaker, est différent. Il a hâte d’y arriver.

On parle donc souvent des « projets » de nos « bureaux » et des « crews » ou des problèmes divers de « prod ».

Cet autre matin donc on parlait des montagnes russes de la vie de crew, justement. A un moment où tu es super concentré, tu vis en moyenne de 4 à 48h de pressage de citron avec ton chef op, et en cas de luxe extrême, ton preneur de son. Pour que le boulot soit fait, tu es OBLIGE de bien entendre avec les mecs. Quand c’est fini, tout le monde rentre chez soi et on ne se voit plus. Alors que la veille on ne pouvait pas même envisager de quitter la pièce sans leur dire.

Du coup, on voit d’autres gens. Ce n’est pas plus mal d’avoir d’autres amis. Ça évite de se retrouver à parler tout le temps « d’images carrées », « de vrais sujets », et autres « red chef vraiment derrière toi/complètement con » (les deux seules possibilités pour catégoriser un rédacteur en chef, donc mieux vaut ne pas se planter).

Et en même temps, on en revient toujours à ce dont je parlais l’autre jour: les sas de décompression.

Donc, voici ma question : est-ce une question de lieu (déracinement tout ça) ou de temporalité (balbutiement d’une pseudo-carrière tout ça)?

Toujours est-il que les interactions humaines ne sont pas normales et équilibrées en ce moment.

On considère les gens plus ou moins en 2 groupes.

– Soit comme des semblables tellement proches qu’on ne se pose même pas la question de les ennuyer ou non en leur parlant de ces points de niveaux qu’on a fait sur une piste audio pendant 20 minutes (« nan mais c’était trop la merde je couvrais un concert on était plugué sur la console mais c’était sature et comme ce red chef est un gros con j’avais pas le temps de mixer… ») -je n’imposerai même pas ce genre de conversation à ma mère.

– Soit comme des gens intéressants mais qui demandent un certain investissement.

 

Qu’ils soient des frères d’armes ou des oiseaux rares, mes interlocuteurs n’ont rien d’intime. Je parle de travail, ou du sens du monde (l’allemand), de philosophie européenne (l’artiste), de son vagin (la militante),…

 

Pas étonnant qu’il faille un peu de réajustement pour se positionner sur la carte du tendre. On a beau être « su-per-con-nectés« , 5832 kilomètres : c’est beaucoup. (la phrase à 10 000 dollars)

On n’est jamais au bout de ses surprises en retrouvant quelqu’un.

Homo homini lupus est

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J’allais chercher mon ami moustachu à l’aéroport. Il y avait de la promotion sociale dans l’air puisque c’était à JFK-véritable aéroport international, et pas à Newark comme la dernière fois –Newark : véritable aéroport pour les pauvres et les gens du New Jersey (c’est-à-dire la même chose je crois). Mais en fait je ne pensais pas vraiment à ça. J’étais concentrée sur mon BlackBerry pour finir un brief « urgent-si-tu-ne-l’envoie-pas-tout-de-suite-tu-vas-mourir-la-boite-va-couler-le-journalisme-s’écrouler-a-cause-de-toi-et-ce-sera-la-Fin-du-Monde-et-la-Mort ».

Donc au final j’arrive au terminal où la moitié de l’Indonésie attend l’autre moitié de l’Indonésie. Il y a un petit coté spectaculaire dans ces arrivées sporadiques de gens tirant des valises, azimutés par le vol. On reconnait les quelques Francais du vol de Paris.

Ça a beau être un vol charter il y a les pépettes qui ont lu trop d’ « essentiels de stars » dans Glamour (attention entendons nous bien: j’adore lire ce genre de trucs), et qui sortent donc enroulées dans leur pyjama en cachemire pilou, lunettes de soleil sur le nez (allo : il est 22h) et se tartinant de baumes divers (parce que « l’avion ça déshydrate TELLEMENT »). Il y a les couples dont tu sens que l’un des deux a déjà potassé le guide en long et en large et est bien décidé à faire sien New York; cherchant d’un air convaincu le AirTrain, agrippé à son post it avec l’adresse de l’hôtel. Il y a les Francais de New York, bagages de taille à peu près normal et sacs Monoprix au bout des bras en cas de mal du pays. Il y a les Américains: même chose mais avec un sac Ladurée. Et puis il y avait mon moustachu.

Et quand il est arrivé, ça a été une scène de cinéma. Évidemment.

Movie Star

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« My New boyfriend: Whisky. » la militante

La militante s’est faite plaquer par un autre militant, semi débile de son état. Un de ces mecs un peu tristes qu’on croise dans les grandes villes. Un mec qui est venu tenter sa chance mais qui n’a pas les moyens de ses ambitions. Soit ils végètent dans des boulots de fortune. Soit ils finissent par replier bagage, amers et/ou déprimés. Lui, il était musicien -évidement, quoi d’autre? Ils s’étaient rencontrés à Zuccotti Park. Franchement pas la carrure d’un playboy, bien que fort sympathique.

La militante, féministe convaincue -évidement, quoi d’autre?- est tombée sous le charme de ce gredin.

Et finalement… pendant les vacances, il est retourné dans son bled état pour travailler sur une maquette avec des chansons de 18 minutes.

Le 31, n’ayant rien à faire et nulle part où échouer, il s’est retrouvé avec une fille du studio d’enregistrement, tout aussi dépourvue de plans réveillon. Et là il a ressenti une « connexion » incroyable. Il ne s’est rien passé mais le sosie de Denis la Malice s’est senti obligé de « mettre fin à la partie romantique de la relation » avec la militante.

Si je vous raconte tout ça c’est pour vous dire:

– Revenons sur les mots:

« Mettons fin à la partie romantique de notre relation.« 

Ce n’est pas la première fois que j’entends cette exacte expression, que je trouve plutôt amusante. Ce qui s’y cache doit être plus ou moins largement partagé dans le monde occidental, mais quelle façon étrange de le formuler… Pourquoi même le formuler alors que vous allez bien revoir votre ex être de prédilection, et que les probabilités de s’envoyer en l’air encore quelques fois sont assez élevées.

– Conséquences pour le féminisme mondial: la militante, comme je vous le disais est l’une des ses ayatollahs de l’utérus qui fait des gender studies et a des amis travestis. Depuis la terrible nouvelle, elle boit du whisky en rencontrant les amis précédemment cités. Ce qui n’a rien d’étonnant, certes. Toutefois, je ne conseillerais à aucun homme de croiser son chemin. Et si elle devient la brillante intellectuelle qu’elle se prépare à être, le semi-débile aura sa place dans tous les prologues, jouant le rôle de l’Homme à Abattre.

– Comme elle venait chez nous manger des poireaux à la crème, l’Artiste et elle ont entamé une discussion de grands esprits assez fumeuse, sur le désespoir de la rupture et sur les approches comparées new-yorkaises et parisiennes. Débat mystérieusement soldé par cette intervention de la militante, qui à mon sens ne fait que souligner l’insécurité profonde des humains de part et d’autre de l’Atlantique #lyrisme.

« Les Parisiens sont impatients de tomber amoureux, alors qu’à New York on redoute le moment où on aimera quelqu’un. »

Whisky

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Le destin de Lisa

Il y a une fille dans la classe qui s’est mariée ce week end. Elle a 22 ans (et elle vient de Santa Barbara, ce qui est lol, mais n’a rien à voir avec la choucroute).

Déjà, elle n’est pas la seule. Sur une promo de 90 personnes super géniales, au moins un tiers est marié ou fiancé (ce qui en américain veut dire beaucoup plus qu’en France – honnêtement combien de moins de 25 ans connaissez-vous qui se fiancent pour assouvir leur soif de bourgeoisie? une épidémie parisienne dont personne ne parle). Alors qu’ils sont donc relativement jeune. La plupart du temps ils sortent juste d’undergrad schools.

Je passe sur les photos Facebook embarrassantes de leur mariage façon blockbuster Barbie niais.

Le détail intéressant chez Santa Barbara c’est que son mari est dans l’armée. Il travaillait à Seattle sur une base mais il est envoyé en Afghanistan. Je crois qu’ils étaient déjà fiancés, mais ils ont appris le trip afghan il y a 3 semaines et depuis elle a organisé un mariage express, sans lui, depuis son ordi. Ils vont refaire une grande fête à son retour, mais en attendant les pères des mariés n’ont pas fait le  déplacement, et ça s’est passé chez des amis d’amis près de New York – et en plus, elle s’est mariée en robe courte... Certains expliquent que c’est pour bénéficier de la couverture sociale de son mari, ou pour qu’il rentre plus tôt. Peu importe, l’histoire est suffisamment peu banale pour nous, fiers Gaulois libertins, pour la raconter à vos âmes romantiques probablement déjà en train de pleurer comme trois madeleines.

Le détail pas intéressant c’est qu’elle est juive bling bling mais ashkénaze, de Santa Barbara (ses grands parents vivent à las vegas – re LOL), et qu’alors quelle habitait avec 2 gays, elle va déménager maintenant qu’elle est mariée (?).

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