Archives de Tag: times square

Chaos

Où on (y compris l’héroïne) se demande si notre héroïne prend du crack.

Donc j’ai passé la nuit avec Filezilla qui n’est pas plus fréquentable qu’avant. Vers minuit je descends m’acheter des chips un thé et comme pendant toutes les nuits d’envois, ce quartier fourmilière à une minute de Times Square est complètement vide. Genre s’il y avait eu une épidémie dans l’air et que tout le monde était rentré dans des abris atomiques pour se protéger, et que j’étais la seule personne à ne pas être au courant parce que j’avais fermé twitter cinq minutes, et que du coup j’allais mourir vu que j’étais dans la rue et que je respirais l’air contaminé par les MayaMartiens, ce serait pareil. D’habitude pourtant c’est le genre de croisement où il faut être prêt à bondir sur le macadam dès que les voitures ont arrêté de se croire aux 24 heures du Mans. Il faut toujours avoir la rage de vivre, écouter Eye Of The Tiger à fond, et slalomer entre les gens, voire pousser les femmes et les enfants sur la route. Tous les matins je vis ce moment «livre de la jungle». Et la nuit, après avoir vomi des tas de gens, le quartier se rendort. Quelques taxis timides, et pas un chat. Même pas un clochard. Ce qui ajoute au sentiment de fin du monde qu’éprouvait notre amie reporter, fatiguée et sujette à des hallucinations.

Après deux heures de sommeil, mais ayant finalement survécu au terrorisme extraterrestre sud-américain, j’arrive au bureau pour vous écrire ce post. Il pleut enfin aujourd’hui. Il fait gris et moche et c’est si rare à New York que ça en devient très agréable.  C’est un peu comme quand la reine du lycée se casse la gueule à la cantine. Pendant 5 heures New York arrête de sunshiner et la marée humaine poisseuse de Midtown est comme dans toutes les villes du monde sous la pluie: hystérique et prête à tout pour garder le parapluie de très mauvaise facture qu’elle vient d’acheter jusqu’à chez elle. Scènes improbables donc d’hommes bien mis s’agrippant à ce qui fut un parapluie comme à leur seule planche de salut. C’est à se demander pourquoi on ne voit pas plus de capuches.

Je suis très fatiguée.

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Marie-Antoinette

Ce soir j’ai vu le Belge. Il était discret quand je l’ai rencontré. Il avait 35 ans et jouait les ainés. Mais je dois dire que c’était légitime. Il avait une belle carrière de télé derrière lui. On avait pu voir bon nombre de ses histoires sur le printemps arabe à la télévision. Beau bagage.

Rentré à Bruxelles, son Harlem d’adoption lui manquait, alors il est venu faire un tour.

J’aime bien ce genre de figures rassurantes tant à un niveau humain que journalistique. Il dit qu’il s’ennuie parfois, mais il est serein.

Il y a toujours un coté un peu doctoral à ce genre de conversation, mais pas abêtissant. C’est une sorte de rapport maitre-disciple, mais d’une bonne façon.

De manière assez curieuse, notre échange était comme celui que j’ai eu avec l’Allemand, générationnel. Alors que souvent c’est difficile de trouver quelqu’un qui s’intéresse à vos petites histoires de reporters ou de personne qui grandit. D’ailleurs même vos interlocuteurs de prédilection se lassent.

J’aime bien l’idée que ça se tasse. Le fameux « it gets better » finalement. C’est quelque chose qu’il incarne. Je suis souvent hyper véner, et je me dis que ça ne peut pas durer. Et en effet, ça ne dure pas. Il semblerait qu’on voit les choses avec plus de subtilités. Par exemple sur l’histoire de notre auteure de BD, il m’a dit que je n’avais su provoquer un déclic. Il m’a dit que j’aurais pu faire remarquer à l’interlocutrice qu’elle n’était pas loquace. J’étais mortifiée par ma propre incompétence (n’ayons pas peur des mots), et finalement le Belge a conclu sur c’était le métier qui rentrait. Ce genre de phrases met évidemment du baume au cœur.

J’aime aussi le fait qu’on soit dans la même situation pour une chose: de retour au plat pays (n’ayons pas peur des clichés), tout ses amis le trouvaient arrogant. Le Belge pointait le manque d’ambition de chacun, pas comme une erreur mais comme quelque chose à mettre en question. C’est compliqué d’expliquer à certains à quel point ils ont mieux à s’offrir sans avoir l’air condescendant. Car ce n’est pas le sentiment qui vous anime mes petits amis. Vous, vous voulez juste que tout le monde profite du merveilleux élan américano-dynamique sur lequel vous êtes partis.

Ah oui et aussi une anecdote dans laquelle notre amie reporter a l’air super débile. J’explique très sure de moi au Belge que c’est quand même « fou autant que scandaleux » qu’un mec puisse décider de l’organisation et de l’usage de ton temps à ta place. Et là le Belge m’a juste ri au nez. C’est vrai que le principe de travailler pour quelqu’un réside un peu dans cette idée: livrer du temps et des compétences. C’est le syndrome « Marie-Antoinette-qu’on-leur-donne-de-la-brioche » : la fille qui n’avait juste pas compris de quoi on parlait.

Enfin, on a parlé de hiérarchie. Je ne voudrais pas être chef. Lui, si. Il explique que c’est parce qu’on ne peut pas être à vie sur le terrain. Sinon on se fatigue trop. Et pour donner de bonnes directions aux journalistes. Dans tous les cas je n’en suis pas encore là. Pour moi un chef c’est, dans l’immense majorité des cas quelqu’un qui n’a rien compris et qui réfléchit avec des impératifs que je ne veux pas avoir pour le moment. Le Belge ayant 36 ans, rendez-vous dans 13 ans pour voir si je pense pareil.

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J’ai vécu les joies du travail à domicile. Mon ami Professeur Tournesol, pigiste professionnel, en parle tout le temps. Il mange de l’andouille et écoute la radio. Comme les métros sont sous l’eau j’ai travaillé depuis chez moi. Et j’ai enfin pu cuisiner cet artichaut que j’avais acheté il y a environ 1000 ans. Il était très bon, merci.

J’ai travaillé en chaussettes, en écoutant A Sunday Walk, et sans stress, sans personne sur le dos. Ce qui est paradoxal car hier, j’ai pour la première fois pris un verre avec mes « collègues de travail » sans que je trouve ça crispant. Là je les écoutais, et je me disais qu’ils étaient sympas et plein de bons conseils. Ce que je savais déjà, mais avant j’avais tellement l’impression qu’ils m’infantilisaient (ce qui est par ailleurs vrai), que je pensais qu’un cadre pseudo-amical nous conduirait forcément à avoir un rapport touchy-feely qui me donne la nausée.

Ces bières ça me rappelait ce que j’ai vécu en école de journalisme. Au début mon ami gibbon, le meilleur journaliste radio de sa génération et moi étions sur nos gardes. On n’aime pas se justifier ou faire les gros bras. On déteste la compétition. Et surtout: on se foutait de ce que les autres wannabe journalistes pensaient. Finalement ils sont devenus nos copains. On avait tout le temps envie de dépenser nos derniers euros dans des demi pêche avec eux après les cours. C’était comme chez Laurette, mais c’est surtout comme les élèves de primaire qui ont besoin d’aller au parc avec leurs potes après la sonnerie de 16h30.

Afterwork

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CRouveyrolles

Aujourd’hui mon ancienne coloc wahrolienne m’a écrit. Elle est d’abord rentrée à Reims, avant de trouver un travail dans la riante bourgade de Munich.

Elle me disait plein de choses hautement intéressantes, et au détour d’une ligne il y avait cette phrase:

« ça va te faire tellement bizarre de rentrer ».

Là, mon sang n’a fait qu’un tour. En fait je ne me suis jamais vraiment posé la question.

Je suis rentrée à Paris au printemps. C’était un dimanche. Et ce soir de retour, j’ai bien cru que j’habitais à Limoges. Les rues , minuscules, étaient désertes et nues, parce que les grands écrans publicitaires habillent bien New York, qui a donc l’air d’un sapin de Noel 365 jours par an.

A peine quelques jours après, je ne me posais plus aucune question. Ce sont des choses tout à fait dérisoires qui différencient ces villes finalement. En dehors des gens.

On se demandait systématiquement où sortir après 2h à Paris, mais en même temps on passe son temps à se demander où sortir après 4h ici… Le métro est bien plus agréable à Paris. Et on peut faire le tour de la ville à pieds. Sinon comparaison n’est pas raison hein.

Les gens sont moins sympas et ils râlent tout le temps, ou alors ils sont complètement contemplatifs mous. Mais ils sont bien plus sincères.

New York a un coté ville monde où tout est plus ou moins possible. Paris est capricieuse, mais je n’ai pas grand chose à lui reprocher.

Othoniel hier nous disait :

« Ah vraiment vous avez la belle vie ! Etre français et habiter à New York ! ».

Je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Pourquoi faut-il que les choses soient toujours mieux ou moins bien, et qu’on soit tous d’accord ?

Binaire

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2012

RightOnTime-C&C Productions vous souhaite une délicieuse et heureuse année.

Une vidéo inspirée par « Le journalisme, cet impressionisme » de Camille H.
Orchestration: Chloé R.
Nous remercions chaleureusement I Arkle pour sa contribution musicale de talent (http://petitlien.fr/iarkle : achetez leur album!).

Mode d’emploi :

Souhaiter quelque chose (un Etat palestinien, un nouvel appartement pour Sarkozy, la réélection d’Obama, la convalescence de l’Europe…)
Appuyer sur play (pour les non-anglophones, c’est la flèche, ok Mamie ?)
Admirer, c’est chouette et c’est gratuit.
Laisser opérer le charme chamanique.

Pour 2102, on espère que tous vos souhaits –mais aussi les nôtres- se réaliseront.

Contre-indication :

Œil sensible s’abstenir, cette vidéo a été entièrement réalisée à la main, sans trépied et sans caméra. (Cette mise en garde s’adresse particulièrement à Frantz Vaillant, Jean-Marc Surcin, Jacques Le Cann, FX Ménage, Thibaud VDS, Eric Froquet, Alix le Bourdon…)

Note à l’intention des trouble-fête et des rabat-joie, id ès tous ceux qui croient savoir que nous sommes en retard : alors que la Chine est en passe de devenir la première puissance économique mondiale, il est temps de remettre les pendules à l’heure.

« Cette leçon vaut bien un fromage. »

Bons Baisers de New York,
C & C

NB : Ni Mime, ni Coco n’ont été maltraitée pendant le tournage. Ni les poules.

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Back in 68

Hippies!? Where??Allright.A toutes les sauces."Putain, tu sais pas ce qui m'arrive !?"The flag.Hirk.
AAARGH.Michael Jackson.Cuties.Du beau monde.Knut Elmut Olaf.Hypermedia.
Greed. #fatcats#iconGROS PUNK.99%Bah voyons.IMG_3386
Des vieux hippies.Un home avec une femme.

Protest, Occupy Times Square, a set on Flickr.

Evidemment, il y avait des crétins qui dansaient en ronde. J’ai vu beaucoup d’adolescentes, une file déguisée en Janis Joplin, des pancartes ridicules et d’autres très bien vues. Toutes les télés étaient là. Ils étaient beaux, bêtes et émouvants de vérité.

Les Américains les regardent ainsi en tous cas.

Personne ne veut y croire.

L’Artiste a une amie qui set venue de Virginie pour le week end. Le tout lui rappelle Angela Carter et ses copains. Fox continue à les traiter comme Lieberman traite les habitants des tentes de Tel Aviv.

Les ressemblances sont déroutantes. Pour autant comment prendre au sérieux une bande d’ahuris déguisés et qui dansent en faisant onduler leurs dreads luisantes de beurre d’avocat?

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