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Dieu existe

La caution, enfin! Fin d’une situation ubuesque qui m’a occupé à plein temps ces 3 derniers jours: j’ai récupéré ma caution!

CRouveyrolles

Chez mon propriétaire.

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Au bureau on se bourre de chocolat. C’est la déchéance. On en mange comme des boulimiques en parlant de nos futures résolutions pour 2013. C’est comme ci on avait tous encore un peu de Bolduc collé sur le front.

Hier mes colocs ont organisé leur dîner de Noël. Le thème c’était « deep-frying ». Donc tout était frit. Mais vraiment bien transpirant de gras. Ma coloc adore boire des bières en GRANDES bouteilles, donc elle s’était constitué une petite cave de litrons. Ils se sont installé une télé dans le salon, ont coupé le son (« La boite à images, ce dieu païen ») et écoutaient des chants de noël suaves. Personne ne s’était mis sur son 32, évidemment. C’était super cool (surtout quand ils ont mis des Oréo panés dans la friteuse). Et c’était l’exact opposé point par point de mon dîner.

Bolduc

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Mon casting de diner de noël était très risqué mais ça s’est bien fini.

Étaient présents:

– Le Breton qui n’aimait pas le Chouchen, et qui du coup avait apporté du whisky. Je pense qu’on peut lui décerner la palme du Héros de Noël tellement il a apporté le Santa Spirit classique dont cet appartement avait besoin. C’est simple, j’avais l’impression que c’était mon cousin.

– Ma coloc californienne et pâtissière qui m’a sauvé la vie en m’apprenant des trucs et astuces, et qui a surtout réussi à mettre en chauffe tout le monde pendant que je surveillais ma cuisson. Il faut dire que l’aventure qui l’attend (obtenir un visa pour la France) est un vaste sujet.

– Un Israélien que j’avais rencontré au Floyding. C’était son premier dîner de noël donc quand il s’est mis à neiger il a failli faire un arrêt.

– Un vieux copain de la fac, je l’appellerais le Philippin, parce que c’est de là que vient sa famille qui -en gros- le fait chanter, pour que tous ses cousins puissent venir en Amérique devenir infirmier. D’ailleurs cette même famille ne comprend pas pourquoi il fait du journalisme -d’abord c’est quoi le journalisme?

– Une copine de lycée qui vient de s’installer à New York avec son cher et tendre. Elle a décroché un stage payé à 4 chiffres chez des PR, il y en a qui ont du nez. Six mois avant elle quittait Bangkok où elle décrivait des raves pour des sites branchés de la rive droite. Donc comme on dit ici: « she’s a lot of fun« .

– Mon fidèle ami aux yeux noirs, j’ai déjà été assez hagiographique ici à son propos. La vibe juive qu’il a apportée était un vrai plus.

– Son coloc indien, intéressant apport exotique aussi. Et ses histoires de musicien parcourant les Etats-Unis sont très marrantes.

– Les Halles de Paris. En une seule personne, eh oui. Gouaille de maraichère et lexique de petite racaille de Brooklyn, cette fille, étudiante/serveuse à New York a les épaules d’un trooper et un potentiel d’Arletty assez divertissant.

– Genépi, arrivée sur le tard, elle a apporté une touche de style assez capitale. Bonne contribution.

On écoutait une sélection musicale du Breton qui n’aimait pas le Chouchen, pointue. Mon marathon en cuisine m’a convaincue de ne jamais être femme au foyer mais bon bilan quand même. Ce qui émerge de nos débats c’est que New York est l’anti ville hippy par excellence et que personne ne porte du parfum à cause de la promiscuité suintante dans le métro.

Casting

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Hier avec le Breton qui n’aimait pas le Chouchen on a été interviewer un dj ultra méga branché. Il avait la peau sur les os, un bonnet fluo et une chemise à motif sud-américain ironique. Donc à partir de ça j’en déduis qu’on avait à faire à la crème de la crème de la Hype.

Ses références américaines ne dépassaient pas 81, c’est un bon indice aussi. En revanche il était plutôt sympa donc j’aurais tendance à penser que ça lui enlève des points de coolitude. Son set ne m’a pas bouleversé, mais bon ma connaissance de l’électro se limite à hocher la tête d’un air entendu quand quelqu’un autour de moi dit « Tiger Sushi », donc je dois avoir raté l’essence du truc. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde autour de moi était totalement drogué. En fait la dernière fois que j’ai vu autant de gens drogués c’était à une free party près de Tel Aviv.

Le tourneur dudit DJ nous parlait beaucoup. Il avait 25 ans mais en paraissait sérieusement 40. Des poches sous les yeux pire que Philippe Séguin. Les gestes saccadés et les anecdotes rocambolesques du cocaïnomane, Il était assis, les traits tirés, et regardait parfois dans le vide « comme si la fée clochette allait apparaitre » (sic).

A coté il y avait son pote tout en rondeur qui avait aussi l’air d’avoir 40 ans mais c’est à cause de la calvitie et du ventre de papa. Un americano-iranien juif, business man, gentil et souriant. (j’en déduis qu’il était moins branché que le tourneur- et ils le diront eux mêmes plus tard).

Quand la fête eut finie, qu’ils eurent éteint ce laser vert improbable qui balayait la salle, nous suivîmes nos deux compères dans une after « secrète » (label appliqué à tire larigot à 80% des lieux nocturnes à Williamsburg). C’était évidemment dans un entrepôt désaffecté. A vue de nez on pouvait repérer toutes les caractéristiques du made in Brooklyn: rétroprojecteur vomissant un flot d’images provocantes, absurdes et surexposées, jeunes mecs en jogging à l’air égaré, jeunes mods prenant de la cocaïne sur le dos de leur main, musique épileptique, tampon d’entrée gigantesque et à l’encre noire baveuse dont tu sais toujours qu’elle mettra trois jours à partir. Il y avait une ambiance de fin du monde un peu mainstream, et même si ‘était sympa c’était aussi un peu cliché.

Le DJ

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Job hunting

Hier soir j’ai eu le bonheur de hang out avec mes vieux copains de la fac.

C’était comme d’habitude dans les pires bars de Midtown dernier vestige de l’époque où cette partie de la ville était une cour des miracles crado et sexy comme une strip-teaseuse.

Une des anciennes camarades de classe me racontait ses débuts de recherches de travail. Comme je sais que ça va me tomber dessus très bientôt, j’écoutais très attentivement cette leçon d’americanattitude. Elle a « un plan« , et surtout je trouve sa détermination admirable. C’est le genre de personne qui se dit : « je préfère ne rien avoir plutôt que d’être sur-qualifié pour le job ». C’est l’enjeu de ces étudiants super endettés en sortie de leur sacro-sainte grad school, je comprends donc bien que l’idée c’est surtout de trouver un poste qui te rapporte plein de pognon. Néanmoins, en comparant son attitude de jeune diplômée et la mienne… Je mesure le génie de ce pays dans lequel développer une telle force mentale (et une confiance en soi presque questionnable) est possible.

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Je dinais l’autre jour à Bushwick, j’étais en pleine encanaillade.

Il y avait la militante et Renaissance-Man. Trois jeunes professionnels en somme. Trois « choix-de-vie » pour être honnête, car la militante travaille seule, Renaissance-Man a sa boite, et moi comme vous savez, je suis de ceux qui ont « un bureau » et « des collègues« . Mais tous les trois nous avons des side-jobs. Comme mes colocs.

« Un-vrai-phénomène-générationnel-dis-donc! »*

Du coup ce diner, par exemple, a mis trois mois à s’organiser. On y a beaucoup parlé de travail, de structure, du coût de la vie, et surtout de « projet« . Je ne sais finalement pas trop si c’est la même chose à Paris, mais ici c’est dur de ne pas avoir « un projet« . Je crois que c’est plus une question de milieu à Paris, alors qu’ici absolument tout le monde a  « un plan ».

L’émulation de New York, son « énergie » comme disent les Français, repose sur cette seule idée de vision à plus ou moins long-terme.

Quand je passais des oraux, je trouvais la question « où vous voyez-vous dans 10 ans? » me semblait absolument absurde, alors qu’aujourd’hui je trouve ça nécessaire (disons plutôt 2 ans cela dit).

Et finalement je nous ai trouvés assez déterminés. Renaissance-Man qui est franco-américain, ne veut plus quitter New York. La militante a son indépendance en fil conducteur. Je crois que ma mobilité est peut-être ce qui me caractérise le plus; en tous cas mon idée de ce que je veux faire dans les 5 prochaines années est assez proche de la manière dont je vis maintenant.

Tous les trois nous avons rendu les armes professionnellement, même la militante. C’est comme si on savait qu’on ne changera pas grand chose, mais que pour d’obscures raisons on avait un enthousiasme sans limite.

 

*Ce que dira votre mère en lisant le reportage du Nouvel Obs publié dans 3 semaines mois sur la question.

A man with a plan

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Vox populi

Hier au lieu de participer à ce concours génial, j’oeuvrais pour l’amitié franco-grecque. On nous a demandé un autre micro-trottoir en bas de chez la belle Katie Holmes. Exercice tout à fait excitant. On était pressée parce qu’on était partie en retard comme d’habitude.

Comme c’est la énième fois qu’on fait ce sujet, je connais le quartier par cœur. Je sais qu’il y a un magasin de tissus tenu par des juifs polonais juste en face de chez Katie. La fille de la famille a un œil de verre. La dernière fois, ils m’ont donné d’excellents sonores. Je tente donc ma chance. Ni la fille, ni la mère ne sont là. Le fils ne veut pas parler mais il nous renvoie sur son homme de main, un jeune garçon ingrat, qui aurait vu l’actrice. Une plus-value non négligeable pour notre micro-trottoir.

Là, je ne sais pas ce qui s’est passé… Deux femmes? La télé française? Loïs Lane? La camera? En tous cas tous les voyants rouges égaient allumés, notre sujet a complètement perdu les pédales, nous imposant cette figure de style de la routine microtrottoirienne qui peut me déprimer pendant plusieurs jours.

 

– Bonjour, je ne suis journaliste pour la télé française, vous avez une minute? C’est à propos de Katie Holmes qui habite en face.

– …

– …?

– Heuu c’est pour faire quoi?

– Je suis journaliste pour la télévision française, je travaille pour une émission de divertissement. Je voudrais vous poser quelques questions sur Katie Holmes. C’est juste un micro-trottoir, vraiment une minute, sur le quartier, elle, son emménagement…

– Ah bon ok…

– Je vais vous mettre un micro si vous voulez bien. Ma collègue arrive avec la camera.

– Ah c’est pour la télé?

– Oui monsieur, c’est pour la télé française.

– Et vous êtes française?

– Oui

– Vous visitez New York?

– Non je travaille ici.

– Pour une télévision française?

– Oui. Alors vous avez une minute?

– …

– (copain du debilos) : Ah ouais il l’a vue!! Il va vous raconter!!

– Ah bon? Ah c’est super, vraiment merci beaucoup de nous répondre, c’est très gentil.

– Ah… j’ai pas dit oui.

– Ah. Qu’est ce que je peux vous dire?

– Faut que je vois la camera.

– Ma collègue est dehors avec. Elle va arriver dans une minute.

– Mais je vais devenir une star!

– Ah vous savez ça n’est qu’un micro trottoir…

– Et ça passera où?

– Sur une chaine de télévision française.

– Sur quelle chaîne?

– TF1, c’est la première chaîne privée.

– Je connais pas.

– Ah oui. C’est peut-être parce que c’est une chaîne française ?

– Je pourrais regarder sur ma télé?

– Je ne crois pas mais vous pouvez regarder en ligne, je vais vous écrire le nom de l’émission

– Mais ça passera pas dans ma télé? C’est quelle fréquence?

– Non en fait comme je vous disais je ne pense pas que vous puissiez recevoir TF1, elle n’est émise qu’en Europe.

– Mais je dois parler en français? Je ne parle pas français!!

– Ah non non, vous pouvez répondre en anglais!

– Oh la la, vulez vu cuch avek mwa, buuun appety, buongiornooo

– Pas mal ! Ne vous inquiétez pas vous parlerez en anglais.

– Mais comment ils vont comprendre?

– On vous doublera.

– Et vous allez me donner combien?

– Rien en fait. On ne paie pas pour les interviews en fait, a fortiori quand elles sont aussi courtes. C’est vraiment une minute vous savez…

– Ah vous n’allez pas me donner d’argent ?

– Non.

– Vous êtes sure ?

– Ah oui, je suis tout à fait certaine.

– Vous allez changer ce que je vais dire?

– Non. Vous l’avez vue quand Karie Holmes?

– Et je dois signer des papiers pour mon image?

– On pourrait mais là c’est vraiment juste une phrase vous savez.

– Ah.

– Oui, je vais vous poser trois questions, et voila ce sera tout.

– Ah, vous allez me poser des questions?

– Oui.

– En français? Parce que ne comprends pas hein

– Non non en anglais.

– Quelles questions vous allez me posez? Je peux savoir avant? En fait vous pouvez revenir demain? Je ne suis pas bien habillé.

– On ne cadre que les visages, ne vous inquiétez pas. En plus vous êtes très bien comme ça! Et les questions ce sera sur Katie Holmes… Est ce que vous l’avez vue? Comment avait-elle l’air? Qu’est ce que ça vous fait de savoir qu’elle habite en face? Vous pensez qu’elle peut se remettre avec Cruise?

– Ah mais je ne la connais pas!

– Oui j’ai bien compris. Il faudrait juste que vous me disiez comment elle avait l’air. Ça vous va?

– Et vous ne pouvez pas revenir demain?

– Non désolée… D’ailleurs en fait nous sommes assez pressées donc est ce que vous voulez faire cette mini interview?

– Ah il faut que je vois ce que vous allez faire avant.

– Ecoutez, c’est pas grave monsieur, bonne journée!

– Non, non je veux le faire mais je sais pas…

– Je dois y aller.

– Vous me donnerez pas du tout d’argent?

– Ah non, désolée. Au revoir

– Et vous pouvez pas revenir demain? Faut que je réfléchisse.

– Non, désolée monsieur je dois vraiment partir maintenant.

– Mais vous avez une carte?

– Non désolée

– Ah vous n’avez pas de carte?

– Non, bonnes fêtes!

– Vous pouvez m’écrire le nom de l’émission?

– Non, excusez moi je suis en retard.

 

On ne sait pas trop ce qui se passe… Je suis la première à dire qu’il faut expliquer ce qu’on fait, comment on travaille… Je sais aussi que c’est très difficile de passer à la télé comme ça, sans prévenir. Mais dans ce cas là pourquoi ne pas juste dire non?

Là, j’ai l’impression qu’on crache sur mon temps. Je ne comprends pas ce besoin de faire le malin… Mais je veux bien reconnaitre que je réagis un peux trop violemment. Seulement comme d’habitude, je me demande si les gens feraient ça avec leur plombier..?

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J’ai héberge cette semaine mon vieux copain Nemo. Je ne peux pas vraiment dire que c’est un ami proche. Plutôt une bonne connaissance de mes années lycée. Nemo a vécu longtemps à Londres et il aime l’art contemporain, les filles, voyager et se ré-inventer dans des fêtes.

Le lien entre Nemo et moi c’est surtout l’Artiste, un très cher ami, mon ancien coloc, le frère de mon ex, et un compositeur de grand talent. L’Artiste s’est entiché d’une muse -ça arrive, au faux airs de Juliette Greco et de Jeanne Moreau -avec qui elle partage son prénom. La muse a été rencontrée via Nemo. La muse est par ailleurs vraiment une chic fille. Vous savez à peu près tout, mais j’ajouterai que ces trois énergumènes travaillent dans des domaines artistiques et sont fantastiques une fois qu’on a dépassé leur ancrage hors de la réalité. J’ai pour ma part une grande tendresse et beaucoup d’estime pour chacun.

Bref, Nemo tenait hier soir sa soirée d’adieu à New York. C’était dans un petit bar de Brooklyn non loin du carré doré de Williamsburg. Il y avait une héritière de Canal +, je la présente un peu par sa filiation car je ne lui ai pas parlée, la poule locale de Nemo, mes colocs qui se sont amourachés de Nemo, un cinéaste et réalisateur prometteur et brouillon, et quelques autres. J’admirai déjà la reproduction de la faune parisienne qui les entoure d’habitude.

Et puis en regardant bien Nemo et l’Artiste, quelque chose m’a frappé. Il était comme un chien et un loup, comme des faux jumeaux. Si proches par leur charisme, leur sens du drame, cette façon de s’habiller comme quelqu’un qui pourrait utiliser des expressions aussi surannées que « le boul’mich« , leur présence solaire, et clownesque parfois. Si différents aussi.

L’Artiste hait vraiment New York, comme Cocteau. Il est effrayé par cette culture gloubiboulga qui manque de nuances, et par la grossièreté de l’Américain moyen. Tel Astérix, il résiste en s’entourant de très jeunes gens fascinés par l’Europe  ou en traduisant ses expressions fétiches littéralement (l’utilisation de « old » pour le sobriquet affectueux « vieux » m’amuse particulièrement, par exemple: « écoute, vieux, ces filles sont encore vertes« , donnera donc « listen, old, these girls are still green« ). En fait son anglais est forcement britannique, Shakespearien (I love thy) ou Churchillien (We shall surrender). Sa précision intellectuelle est admirable. J’ai toujours aimé les hommes qui s’intéressaient aux idées et à la philosophie -rétrospectivement je me rends compte que c’est peut-être pour cette raison que je ne suis plus avec son frère. L’Artiste aime le Lincoln Center , Kiehl’s, et les petites danseuses de la Juilliard.

Nemo a davantage l’allure d’un Marcel Duchamp. Curieux des mœurs outre Atlantique, le fait qu’il se soit trouvé une bonne amie locale si vite en est bien la preuve. J’aime son enthousiasme amusé quand il parle de son expérience à Art Basel. Il est perpétuellement à géométrie variable. Nemo aime aussi le Met, les burgers, Central Park et les jeunes hipsters de Brooklyn. Éruptif, il est plein de surprises.

Malgré leurs différences, ces deux bonhommes se démarquaient par leur éloquence et leur dramaturgie. L’Artiste est monté sur une voiture pour appeler une (autre) poule, sous la pluie, plein d’emphase. Je pouvais sentir ma coloc frémir devant tant de romantisme à la française. Le quart d’heure d’embrassades hyper sensuelles que Nemo et sa donzelle ont performé collés au bar a eu le même effet. Et le discours de l’artiste sur ces aristocrates du nouveau monde chez lesquels il loge gracieusement dans l’Upper East Side, qui pourrissent son âme, et dont la vulgarité n’a pas de limite, c’était la cerise sur le gâteau pour cette native du Bronx. A moins que ce ne soit le coté chic et débraillé de ces deux gravures de mode huilées par la pluie et étincelants de passion?

Bref, vive la France quoi, c’est encore les vieux tours qui marchent le mieux sur nos amis du nouveau monde.

Chien et loup

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annex-garbo-greta-as-you-desire-me_04

Ceux qui n’ont jamais collectionné des photos ou des maximes de quelqu’un -même un après-midi dans leur vie- ne peuvent pas comprendre ce que je vais dire je crois.

J’avais déjà vanté cette idée américaine du modèle aspirationnel auquel je crois beaucoup, le fait qu’ici tu puisses écrire à quelqu’un que tu admires et les gens vont te répondre (pas tout le temps évidemment), et sils peuvent te rencontrer et te donner plein de conseils.

Quand j’ai fait mon premier mémoire au Celsa j’avais rencontre plein de reporters que j’idolâtrais, et c’était toujours un peu amer parce qu’ils étaient très souvent un peu aigris, pas très encourageants et plutôt distants. C’est peut être des rapports plus sincères mais c’est dommage.

Tout le monde a ses emblèmes, ses idéaux, son Vincent Cassel, sa Greta Garbo, son Patrick Chauvel… Des modèles de références auxquels on aimerait ressembler et qui orientent parfois nos décisions. Ça reste très abstrait -et heureusement parce que le jour où je panique et où mon premier réflexe sera de me demander ce qu’aurait fait Greta Garbo à ma place, c’est que j’aurais un vrai problème. Mais il y a des gens plus contemporains et plus accessibles.

Moi comme je me prends secrètement pour une héroïne romantique suis un peu idéaliste, je m’attache souvent à des profils de gens qui incarnent « un bon exemple ».

Et tout ce post pour vous dire ce à quoi je pensais hier en rentrant chez moi après avoir bu des coups avec Don Juan: je suis vraiment contente d’avoir ici des gens qui ont la patience d’écouter mes cas de conscience et de me donner des conseils avisés quand c’est nécessaire et/ou quand je les sollicite (détail important puisque c’est ce qui les distinguent de mon père).

Chauvel par James Mason, 1993, Bosnie

Chauvel par James Mason, 1993, Bosnie

Consultant

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Parmi les trucs semi-avouables* pour lesquels le concept du blog a été inventé, je vais vous donner mon secret contre le mal du pays (en fait je ne sais pas bien ce que c’est le mal du pays, mais j’imagine que c’est grâce a cette astuce précisément).

Je regarde beaucoup de films français. Si possible parisiens et plutôt légers. Des histoires de couples, de copains, d’enfants, de famille… Des scenarios souvent stupides, quand ils ne sont pas en plus totalement nunuches. Quand j’habitais à Paris, je me demandais pourquoi ces films étaient produits, pourquoi autant surtout. La réponse est simple: c’est pour moi.

Ces films me montrent ce que je manque: les débats sur la crise ou sur le « vivre-ensemble », les rues de Paris qui sont lilliputiennes, les filles qui s’habillent bien, … C’est très rassurant. Bien plus que le fromage. Ailleurs dans le monde, le film français est un film sur la vraie vie, donc avec un fort potentiel de normalité, et donc ennuyeux. Par exemple dans ce chef d’œuvre légendaire du cinéma, Love et Autres Désastres :

 

–       Babies, what’s wrong?

–       Nothing.

–       You wrote a screenplay and they made a movie out of it.

–       I know and I should be grateful. Look, I’m very lucky it’s just… I don’t know. I just wanted to tell the truth and somewhere along the lines it got mixed up with a bunch of lies.

–       Nobody goes to the movie for the truth, except possibly the French The truth is way too complicated & unsatisfying and hard to believe !

 

Dans l’absolu, je regarde énormément de films mais je ne suis pas trop cinéphile, je consomme les films comme des magazines. Donc ça ne me dérange pas de voir des films un peu nuls genre Paris-Manhattan, voire carrément mauvais comme à peu près tout ce qui se fait avec Sophie Marceau (heureusement qu’elle est jolie comme dit ma grand-mère).

Mais parfois il y a de très bonnes surprises: Le Prénom.

 

Même s’il y a Patrick Bruel dans ce film (ça m’agace un peu de le reconnaitre mais il est bon acteur), c’est un bon film. D’autant plus intéressant que tout le monde m’avait dit que c’était nul. Force est de constater que tout le monde n’a rien compris à la vie.

En gros, c’est l’histoire de deux couples qui parlent du prénom d’un bébé à venir et de ce que signifie un prénom. Il y a aussi une histoire parallèle avec un faux-gay qui joue du trombone, marrante mais c’est encore autre chose.

Le prénom donc, est l’élément qui permet de définir les différences de philosophie de ces deux couples. Ils n’y attachent pas le même sens. Les premiers veulent se démarquer en choisissant un prénom vraiment peu usité, et soulignent donc l’importance de l’originalité dans la représentation sociale. Ils ont intellectualisé les choix d’état civil, et valorisent leur singularité ainsi. Les seconds donnent moins de signification au choix du prénom. La représentation sociale a selon eux des fondements plus matériels.

Tout ça est très bourgeois. Mais les questions que les personnages posent sont tout à fait intéressantes: un enfant est-il aussi comme le parti pour lequel je vote ou le style de fringues que je porte, une expression de mon individualité? Pourquoi accordons nous une telle valeur au non-conformisme? Pourquoi veut-on tellement être spécial qu’il faudrait l’être jusqu’au prénom? En même temps, est-ce qu’un prénom ce n’est pas une énorme partie de ce qu’on est? Moi qui me suis faite appelée Tatiana pendant 4 ans, je suis mal placée pour dire l’inverse.

C’est un texte de théâtre et les dialogues sont excellents. Regardez-le.

 

* l’autre jour je vois qu’un de les contacts Facebook a liké Kool & the Gang, je frétille tel un poisson hors de l’eau tellement j’adore ce groupe… Et là -sur ce fond de polémique stupide sur Facebook et son usage de données privées- je me dis: quel est le statement impliqué par ce like? A-t-elle envie que son personnage public soit associé à ce groupe? Est-ce que je pourrais parler de Take It To The Top à un entretien d’embauche?

Bourgeois

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Comic Strip

Je suis passée à un festival de BD à Brooklyn. Ce qu’il y a de bien avec cet événement c’est que même si tu n’y a jamais été, si tu lis un peu de bandes dessinées tu sais exactement à quoi t’attendre puisqu’il y a souvent des histoires de foire du livre à Mours-sur-l’Oise dans les albums.

Le Bureau du Livre avait permis aux auteurs francais d’être complètement sur-représentés. Naïvement je ne m’étais jamais posée la question du succès de l’art de vivre français, et je m’étais toujours dit que si partout où j’allais tout le monde connaissait si bien (enfin calmons nous, tout est relatif) la France, c’était dû à la valeur et à la qualité de ce merveilleux pays.

Pas du tout! En coulisses des officines tirent les ficelles et s’assurent du bon export de nos vins ou de nos livres.

Mais quelques indices venaient rappeler l’Amérique: un gros monsieur crado déguisé en Robin, la crème de la crème du gotha hipster, et le stand de hot dog poisseux.

CRouveyrolles

On pouvait acheter des fanzines de toutes les couleurs de l’arc en ciel et Art Spiegelman qui faisait des dédicaces avait strictement la même tête que sur toutes les photos que j’ai vu de lui et une file honorable de fans devant son stand.

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J’aimerais nuancer mon tableau de la communauté francophone de New York.

Des enfants bilingues déjà, qui sont tout de même très sympathiques, dans leur gaucherie francophone parfois.

Des adultes aussi, souvent les personnes les plus proches de personnages de Sex and the city – un subtil équilibre de sophistication et de franc parler.

Enfin, les intellos. Dans le fond, ils ont aussi raison, cette ville provoque des vertiges de références. Parfois même en prenant juste un café, j’ai l’impression de toucher le mythe.

Mea culpa. Et merci la France.

The French Way

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Même si ma frequentations de saltimbanques à pantalons bouffants a incroyablement augmenté récemment, j’ai fait une exception hier soir. Faire un saut chez la cousine d’une amie. Une française très infusée dans le grand bain New Yorkais.

Elle habite un appartement rétro. Du mobilier sixties rouge se frotte à de l’électroménager photographié pour des pochettes d’albums de groupes indé. Son coloc joue du synthé debout. Une autre est une femme d’affaire de produits de luxe; seule, étrangère, alcoolique. Une autre encore est une artiste bas de gamme et encore une enfant.

Je ne sais pas si on peut poser là les bases d’une théorie systématique, mais le phénomène d’attraction irrépressible d’une communauté donnée sur une capitale mondiale spécifique se vérifie.

Aucun rapport avec les diasporas, les retours au pays en fanfare, … Je parle de tribus.

A Ramallah, on croise des adolescents à peine verts qui cherchent la Cause d’Une Vie. La Cause qui leur donnera enfin une raison de vouloir mourir. La Cause qui leur permettra enfin de résoudre la terrible question de leur identité. On croise des anarchistes dont le désir ardent de défendre la veuve, l’orphelin et les drogues douces dépasse leur intérêt pour le shampooing ( -un point de vue qui se défend).

A Beyrouth, un paquet d’orientalistes aux mégots puant le foin des Indes et aux oripeaux vaguement levantins se caressent la couenne avec volupté, chantant les louanges de ce pays incroyablement mixte et mosaïque ( -honnêtement, rendons ce mot aux carreleurs qui l’emploient bien plus noblement).

En Guyane, pas besoin de décrire ces Métropolitains bien trop blancs, amères et/ou constamment sous opiacés.

A New York il y a des gens comme cette Cousine. Une Intellectuelle. Une fan de Cinéma. Une fille qui parle de Camus comme d’autres parlent de Gros Quick. Les lunettes rondes en écaille ne trompent pas.

Elle écrit e fabuleux scénarios. Elle se raconte comme un Dickens. Elle voit le monde derrière ces petites lunettes, mais avec grandeur.

Son cercle est infini. Ils sont partout. Amusants, et contents d’eux.

Ces Français -souvent- qui sans cesse me parlent de “New York, ville debout”. Sans que je puisse discerner si c’est un homage ou un emprunt.

Only in New York, the ultimate French people

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